Depuis le troisième épisode de la série (le 7ème en réalité, si on suit la nomenclature des Winning Elevens), Konami s’est offert, grâce à une conversion PS2 > PC de bonne facture, le titre de meilleure simulation de football sur PC.
Electronic Arts n’a fait que constater cet état de fait. Impuissant pendant 3 ans, l’éditeur américain a décidé de réagir à ce Pearl Harbour videoludique avec Fifa 2006. La nouvelle mouture de Fifa, qui voit enfin son équipe de développement renouvelée, sort un mois avant son grand rival : PES 5. Mais le miracle n’a pas eu lieu, Fifa 2006 déçoit et tous les fans de foot sur PC attendent désormais le messie : PES 5.
La première impression est étrange : le jeu semble plus lent, les joueurs plus inertes, les graphismes sont les mêmes qu'avant. En plus de cela, il y a des fautes tout le temps, on ne marque pas de but et pire encore : les commentaires sont, à deux mots près, pareils que dans PES4 (mêmes enregistrements !). Bref on se dit que personne n’est parfait et que Konami a commis un faux pas. Mais …
… Que nenni !
En 5 minutes de jeu, vous comprenez que la lenteur des joueurs n’est en fait que la prise en charge de forces physiques par le moteur du jeu. Vous comprenez que Ronaldhino n’est pas ballon d’or pour rien et que jamais un jeu de foot n’a su donner à un joueur de pixels et de polygones des attitudes et des capacités aussi proches de son équivalent de chair et de sang.
Et, enfin, si vous ne marquez pas de but, c’est que les défenses sont devenues intelligentes.
En revanche pour les commentaires : Konami se moque du monde. Pour les graphismes : ce n’est pas parce que le jeu est programmé pour PS2 qu’on doit avoir du directx 7 (8 peut-être) sur la version PC.
Bref, plongeons-nous plus en détail dans les subtilités de ce nouvel opus.
Les graphismes
C’est beau, c’est propre, c’est fluide (PES5 utilise moins de ressources que PES4), mais ce n'est pas génial non plus.
La modélisation des joueurs est très correcte : les stars sont reconnaissables tout de suite, les joueurs moins connus un peu moins. Petite nouveauté, la possibilité pour un joueur d’avoir son maillot hors du short.
En revanche, les stades souffrent du grand âge du moteur de Pro Evolution Soccer : un public bien moche, voire absent sur les côtés (bug même présent sur PS2), une pelouse quelconque… bref des stades bof bof. C’est un des seuls points sur lequel PES est surclassé par FIFA.
Pour finir malgré tout sur un bon point pour les graphismes, il faut noter que le filet des cages est superbement animé.
L’animation et la jouabilité
Le succès de PES repose surtout sur une animation géniale contrôlée par le joueur grâce à une jouabilité hors-pair. C’est pour cela que l’animation et la jouabilité sont évoquées dans le même paragraphe.
L’animation du jeu : un des grands progrès de cette version. Sur PES5, les animations sont beaucoup plus réalistes, plus nombreuses et mieux liées que dans n’importe quel jeu de foot. Les contrôles des joueurs, lorsqu’ils reçoivent ou interceptent la balle, sont (enfin) intelligents et proportionnels à la qualité du joueur : sur un dégagement de 50 mètres, si le joueur à la réception est dos à la balle, il aura intérêt à s’appeler Zidane ou Ronaldinho pour amortir la balle en douceur.
Les dribbles et autres gri-gris sont désormais plus nombreux : apparition des élasticos (pour Ronaldo, Recoba, et Ronaldinho) , des coups du scorpion, des râteaux arrières (tous les joueurs)… PES5 n’a pas fini de dévoiler ses subtilités et il n’est pas évident que vous aurez épuisé toute la palette de contrôles possibles avec R2 avant PES6.
La jouabilité, toujours parfaite, va de pair avec cette amélioration de l’animation : vous sentez désormais beaucoup mieux que vous contrôlez des joueurs, avec leur inertie, leurs limites, leur capacité d’accélération …
L’Intelligence Artificielle
L’intelligence artificielle concerne 3 éléments distincts au sein d’un jeu de foot : l’arbitrage, l’adversaire et les partenaires.
L’arbitrage est plus fin que dans PES5 : un tâcle par derrière s’il y a une opportunité de but est sanctionné 99 fois sur 100 par une expulsion, un épaule contre épaule un peu trop viril aux abords de la surface peut valoir un carton jaune, une sortie hasardeuse du gardien dans les pieds de l’attaquant peut valoir un penalty… bref monsieur Séraphine et consors (les arbitres dans le jeu) ne se font plus avoir.
En revanche, ils sont un peu lents à siffler les hors-jeux (latence de 5 secondes presque à chaque fois).
Enfin le nombre de petites fautes a grandement augmenté, mais après quelques parties, on relâche un peu le bouton croix et les parties retrouvent leur fluidité légendaire.
Adversaires & co-équipiers
Les adversaires sont beaucoup plus intelligents en défense. Cela dit, il ne s’agit pas d’un progrès seulement lié à une augmentation des paramètres existants (réaction, vitesse, agressivité). Il s’agit plutôt d’une intelligence de jeu totalement novatrice : les défense comprennent le jeu des adversaires dans le mouvement d’ensemble. Ce n’est pas évident à expliquer comme ça mais sur le terrain, on comprend tout de suite.
Devant, les attaquants contrôlés par l’ordinateur sont bons et il peut même leur arriver parfois de sortir des actions et des buts de très grande classe.
Les partenaires. Pas d’énormes changements de ce côté là, à l’exception de deux choses. Les gardiens qui sont légèrement plus intelligents dans leurs sorties et franchement moins bêtes sur les lobs. De même, ces derniers peuvent désormais dégager loin, avec leurs mains. Deuxièmement, les placements des attaquants et des défenseurs sur les passes en profondeurs sont beaucoup plus réalistes et empêchent la tactique récurrente chez beaucoup de joueurs de PES4 : le contre-passe_en_profondeur-but.
Le son
Pas de gros changements (voire aucun changement par rapport à PES4). On attend les patches wolf avec impatience. A noter que Cyril Linette et Jean-Luc Arébar sont toujours autant à côté de la plaque.
PES seul, c'est bien. A plusieurs, c'est encore mieux
La grande amélioration de cet opus est aussi la mise en place d’un mode réseau beaucoup plus avancé que sur PES4. Vous pourrez (devrez) gérer un profil avec vos stats, vos amis, votre historique… De même, toute la partie recherche de partie et de serveur est gérée en interne.
Le netcode est bon, ça ne saccade pas avec de l’ADSL2+ (bon en même temps si ça saccadait avec du 20mb/s, on se poserait des questions...).
Synthèse
Les Plus
Les Moins
- Le meilleur jeu de foot
- Les animations
- La jouabilité
- Le mode réseau
- Obligation d'acheter un PAD avec 4 gachettes (copie PS2)
- Les commentaires
- Les stades
Dans cette version démo de PES5, les matches sont limités à 5 minutes, et quatre équipes sont proposées : Arsenal, Chelsea, le Real Madrid et Valence. Pas de club français au programme, en revanche.
Vous aurez également droit aux commentaires, mais en anglais évidemment.