Après la déferlante des RTS ayant pour thème la seconde guerre mondiale, les développeurs anglais de GMX Media nous offrent ici un jeu sur le thème peu exploité de la guerre froide. Pour ceux qui ne passent pas le Bac cette année, et pour faire vite, la Guerre froide est la période qui suit la seconde guerre mondiale et qui opposa les deux géants d’après-guerre, les Etats-Unis et l’URSS. La tension entre ces deux puissances a donné lieu à de nombreuses guerres entre leurs alliés respectifs, la guerre du Vietnam étant la plus connue. Basé sur le moteur du vieillissant Sudden Strike, Cold War conflicts nous propose de revivre les grandes batailles de la guerre froide de 1950 à 1973. Comme dans Sudden Strike, ici pas de gestion de ressources ni de production à gérer, il s’agit plutôt de mettre à profit les équipements à votre disposition, le terrain et votre science de la stratégie pour vaincre l’ennemi. Mais contrairement à son ancêtre, le succès ne sera pas au rendez-vous cette fois-ci, loin s’en faut.
Les 4 campagnes proposées regroupent 24 missions en tout qui sont loin d’être inintéressantes : de la guerre de Corée au Vietnam en passant par le Moyen-Orient, tous les plus grands conflits de la guerre froide sont bien représentés. Le réalisme promis est bien présent avec pas moins d’une centaine d’unités différentes propres à chaque nation contrôlée. Un soldat armé d’une mitraillette ne pourra jamais dézinguer un tank, et ceux-ci ont, comme dans la réalité un blindage renforcé à l’avant et sur les côtés et plus faible à l’arrière. De même, il faudra penser à réapprovisionner régulièrement vos unités en munitions. De ce point de vue, il n’y pas grand-chose à redire. Le jeu nous offre le contrôle 8 nations différentes (ONU, Etats-Unis, Israël, Chine, URSS, Egypte, Syrie et la Corée du Nord) dont 5 sont jouables. Les missions quant à elles sont classiques : il s’agira souvent de prendre d’assaut un point stratégique de la carte ou de défendre une position pendant un certain temps. Elles sont généralement bien faites et sont longues à terminer. En effet, le jeu est dur, très dur, même dans le mode le plus facile, et il n’y a malheureusement aucun tutorial pour vous guider. Comptez une heure minimum pour finir une mission en mode facile, le double en mode difficile. On regrettera qu’il n’y ait pas plus de mises en contexte des batailles et d’informations sur les évènements auxquels on prend part : les briefings, très courts et peu détaillés, ne font presque jamais allusions aux évènements qui ont déclenchés la bataille. Quelques images ou extraits vidéo de l’époque pour illustrer les missions auraient été appréciables pour se mettre dans l’ambiance. Malheureusement, les rares bons points évoqués ici sont complètement gâchés par d’innombrables défauts dus à la paresse des développeurs (ou au manque de moyens du projet). Ceux-ci se sont contentés de faire des campagnes sur le thème de la Guerre Froide, sans prendre le temps de changer quoi que ce soit au moteur de Sudden Strike.
Cold game
La première chose qui choque lorsque l’on commence le jeu est le graphisme indécent qu’il affiche en comparaison des jeux sortis ces deux dernières années. Cold War Conflicts hérite non seulement de la vieillesse du moteur en 3D isométrique de Sudden Strike, mais aussi des défauts déjà présents lors de sa sortie. Les unités, peu détaillées et difficilement différenciables, sont laides. Il est compliqué, à moins d’avoir un œil bionique, de faire la différence entre deux tanks sans regarder leurs descriptions. Le pire reste l’infanterie qui est une bouillie de pixels : impossible de faire la différence entre le soldat de base et l’officier, unité pourtant primordiale dans ce jeu pour lancer un assaut correct. Les développeurs ont ainsi malgré eux rajouté un jeu dans le jeu consistant à cliquer sur ses soldats jusqu’à réussir à trouver le bon : rien de plus agaçant pour le joueur soumis au stress d’une attaque. Au niveau des environnements ce n’est pas la panacée non plus, les cartes aux couleurs ternes (de vert kaki à jaune terreux) se révèlent souvent très monotones. L’intégration des unités sur la carte est catastrophique. Elles se confondent en effet souvent avec le décor et il arrive régulièrement de ne plus retrouver plusieurs bataillons dont la tenue de camouflage trompe même le joueur. Agaçant et surtout inadmissible pour un jeu qui sort en 2005. Les animations, enfin, ne relèvent pas le niveau et trainent elles aussi leurs 4 ans de retard : les hélices des avions restent statiques, et quand une artillerie pivote, elle le fait de façon saccadée. Les explosions sont correctes, pour de la 2D, mais elles ne suffisent pas à elles seules à convaincre. On l’aura compris, ce n’est pas au niveau des graphismes que Cold War Conflicts va convaincre le joueur habitués aux jeux récents. Le moteur de Sudden Strike est sur ce point, comme sur beaucoup d’autres, complètement dépassé.
Retour vers le passé
L’IA des unités est tout aussi décevante. Il arrive trop souvent qu’on perde des bataillons entiers de soldats parce que ceux-ci ne réagissent pas quand ils se font attaquer par un ennemi. Le pathfinding, la capacité des unités à prendre le meilleur chemin pour se rendre d’un point à l’autre de la carte, est lui aussi raté : les soldats prennent toujours le chemin le plus court, quitte à passer devant un bunker ou une artillerie sans la remarquer. Il faut dire aussi que l’interface est peu pratique et souvent illisible, là encore, le moteur de Sudden Strike accuse ses années. Il existe bien des raccourcis claviers pour s’en passer, mais, hélas, ceux-ci ont été fais pour un clavier qwerty et les développeurs n’ont même pas pris la peine de l’adapter à nos claviers français. Au niveau des négligences, on notera aussi la traduction inexistante, le jeu étant entièrement en anglais voire même en alphabet cyrillique pour certaines unités. Dans le décor, seuls quelques rares bâtiments sont destructibles. Pour les arbres et les forêts, nos tanks devront les contourner, incapables qu’ils sont de passer à travers. Les bruitages sont assez réussis, tant au niveau des explosions et des effets sonores que des voix de l’infanterie qui sont dans la langue de la nation dirigée. Mais ils ne parviendront pas à faire oublier l’absence de musique. Enfin notons que le brouillard de guerre omniprésent ne répond bizarrement pas toujours aux courbes du relief. On se retrouve donc souvent en train de se faire pilonner par une artillerie cachée qui, elle, arrive à nous voir. Tous ces défauts agacent le joueur qui perdra vite patience et se demandera très vite si c’est bien un jeu ou shareware auquel il joue.
La chaleur de la communauté
Il existe bien quelques missions hors des campagnes, non thématisées et plus simples, mais elles ne remontent pas le niveau du jeu et connaissent les mêmes défauts que la campagne. Un éditeur de niveau simple et complet est présent, et si vous n’êtes pas doués pour la fabrication de cartes, une petite communauté est présente sur les forums du site du jeu et propose régulièrement quelques nouvelles cartes multijoueur. Le jeu est par ailleurs jouable jusqu’à 10 personnes simultanément en LAN ou sur Internet.
Le mot de la fin
Cold War Conflicts est donc un RTS raté. Vous l’aurez compris, ce jeu s’adresse surtout aux quelques aficionados restant de Sudden Strike. Pour les autres, ceux qui ont un minimum d’exigences visuelles, l’addition est salée, surtout à 30 euros le jeu. Si vous cherchez un bon jeu de stratégie en temps réel sans gestion des ressources rabattez-vous sur Blitzkrieg 2, et si vous êtes un peu à court en ce moment (achats de Noël obligent), le premier épisode de Blitzkrieg se trouve facilement à 20 euros.
Synthèse
Les Plus
Les Moins
- Les missions, intéressantes
- Un nombre d’unités conséquent
- La durée de vie, longue
- Le jeu est dans l’ensemble assez réaliste
- L’utilisation du moteur de Sudden Strike : graphismes laids et confus
- Une IA calamiteuse
- Pathfinding raté
- Brouillard de guerre omniprésent
- Interface vieillotte
- Pas de musique
- Pas de tutorial
- Pas de traduction
Avis
de
matflex
le 17/05/2004 (17/20) :
graphiquement très léger mais très réaliste !!!
prise en main très facile...
bref un bon jeu mais il dévoile tout sont charme
en partie réseau. Avis à Bonne entendeur Salut...