Contrairement à ce qu'on pourrait croire, Tortuga : Pirates et flibustiers n'est pas la suite de Port Royale, le précédent titre des allemands d'Ascaron, sorti en toute discrétion en octobre 2002. Si le commerce était la base du premier, il n'est pas du tout encouragé dans Tortuga, qui se concentre uniquement sur les combats navals dans les Caraïbes des XVIe et XVIIe siècles.
Si vous espériez incarner un pirate sanguinaire en achetant « Tortuga, pirates et flibustiers », vous avez tout faux. Vous êtes en réalité le capitaine d'un navire qui devra faire des ronds de jambes et satisfaire toutes les demandes des gouverneurs de sa nation pour gagner. A terme, le but de chaque scénario est d'annexer des villes ennemies. Mais avant d'attaquer les remparts, il vous faudra remplir certaines missions auprès de vos gouverneurs: poursuivre des pirates, explorer, ralentir la croissance économique de certains ports ou encore piller des bateaux de commerce. Si l'annexion des villes reste l'objectif premier pour gagner, il faut aussi s'enrichir pour figurer au « Temple de la Renommée ».
Différents bateaux circulent dans les eaux des Caraïbes. Leur nationalité (mentionnée par un petit drapeau) et le nombre de navires possédés apparaissent lorsque vous vous en approchez. Les pirates sont faciles à battre au début d'un scénario, mais gagnent rapidement en puissance. Les pirates notoires, recherchés par toutes les nations, vous procurent une grande récompense s'ils sont capturés. Les corsaires, quant à eux, servent les intérêts d'une nation. Si vous en capturez un, leur patrie vous offrira une grosse somme d'argent contre leur libération. Les commerçants sont sans doute les plus nombreux, et les moins bien équipés. Mais il ne s'agit pas d'attaquer n'importe qui, car votre réputation auprès des quatre nations en présence (Angleterre, Espagne, France et Pays-Bas) varie selon vos actions. Si vous combattez plusieurs navires de commerce anglais, vous ne pourrez plus entrer dans les ports anglais et serez « chassé » par tous les corsaires britanniques. A l'inverse, votre réputation pourra basculer de « neutre » ou « hostile » à « amical » si vous capturez plusieurs pirates.
Une fois que vous aurez suffisamment fait vos preuves, plusieurs gouverneurs vous proposeront une de leurs filles en mariage. Si vous acceptez, une jolie maison sera construite dans la ville, grâce à laquelle vous rendrez visite à votre épouse en cliquant dessus. Cette dernière peut donner de précieuses informations sur la dernière position connue des pirates notoires.
De jolis graphismes... limités
Quand la première mission commence, vous vous trouvez dans la ville espagnole de Port-au-Prince. Le marché, où l'on peut se procurer munitions, canons, équipages et denrées alimentaires, le chantier naval, pour réparer les bateaux endommagés, et la taverne, pour prendre des voyageurs contre récompense ou jouer aux dés, sont présents dans toutes les villes. Alléchés par une représentation en 3D très jolie et colorée, on est vite déçus par le manque de diversité. En effet, les ports ne différent que selon la nation à laquelle ils appartiennent : un drapeau, un moulin pour la Hollande, une maison du gouverneur très « Châteaux de la Loire » pour la France... Mais les marchés, chantiers navals et tavernes sont strictement identiques. Chaque ville française, espagnole, anglaise ou hollandaise ressemble à une autre de même nationalité.
De même, si la représentation des douze navires différents (canot de bord, caravelle, frégate, etc.) est également très belle, les graphismes harmonieux s'arrêtent dès lors qu'on zoome un peu lors des combats. Le bateau reste, lui, joli, mais sur le pont courent quelques petits bonshommes horribles. Même lors des abordages, ils continuent à courir dans tous les sens. Pourquoi créer ces personnages inutiles et risibles? Le jeu aurait mérité qu'on s'en occupe un peu plus, ou qu'on les supprime carrément.
Des combats proches de la réalité, faciles à prendre en main
A chaque fois que vous rencontrez un bateau, vous pouvez l'attaquer, le fuir ou le saluer. En le saluant, vous pouvez apprendre certaines choses, qui sont ensuite rapportées dans la chronique. Lors des batailles, plusieurs choix s'offrent au capitaine: couler le navire, le capturer ou le piller. Le pillage peut être intéressant lors d'attaques contre des commerçants, car ils sont chargés de marchandises, que vous pourrez ensuite revendre dans les ports, ou conserver pour votre équipage, avide de rhum et de nourriture. Capturer les navires est surtout utile s'il sont puissants, mais vous devrez alors engager un équipage, les réparer ou les réequiper en canons le cas échéant. Pour pouvoir capturer ou piller un bateau, vous devez l'aborder et réduire à néant son équipage, alors qu'il suffit de lui tirer dessus pour le couler, jusqu'à ce que sa « barre de vie » devienne entièrement rouge.
Contrairement à son prédécesseur, « Port Royale », où la maniabilité n'était pas évidente, « Tortuga » est très facile à prendre en main. Dans les mers turquoises des Caraïbes, il suffit de diriger son navire d'un simple clic droit, auquel s'ajoute un clic gauche pour tirer lors des combats navals. Il ne reste alors plus qu'à se positionner de la meilleure façon (les canons sont sur les côtés des navires, pas devant ni derrière) pour détruire les bateaux ennemis grâce à l'une des trois munitions disponibles: les boulets normaux contre la coque du navire, les boulets à mitraille contre l'équipage et les boulets ramés pour détruire mâts et voiles.
Mais alors que les ennemis peuvent avoir jusqu'à quatre bateaux engagés dans un combat, on ne peut leur en opposer qu'un seul, même si on en possède d'autres. La manoeuvre des navires est malgré tout très proche de la réalité: il faut virer de bord en tenant compte du sens du vent, indiqué par les nuages et les fanions du bateau, et plus votre voilier est imposant, moins il tourne facilement. L'Intelligence Artificielle est bonne : ainsi, lors des combats, les ennemis amèneront forcément votre bateau à être face au vent pour vous empêcher de le manoeuvrer et, dans la même optique, attaquent d'abord les mâts et la voilure. Une fois votre embarcation presque immobilisée, ils n'auront plus qu'à tourner autour pour la faire couler. L'ennemi sait aussi fuir du combat au bon moment, non sans vous avoir infligé quelques pertes.
Au fil du temps, le moral de l'équipage baisse. Vous pouvez le maintenir en remportant des combats et en ayant quelques stocks de nourriture et de rhum mais dès qu'il est trop bas, vous devez partager le butin avec eux, en cliquant sur un coffre, présent dans les villes de gouverneurs. Autrement, vous risquez la mutinerie. Vous distribuez alors les canons, bateaux et denrées entre chaque matelot, choisissez le navire que vous voulez conserver pour la suite des aventures, et repartez avec un équipage tout neuf.
Une durée de vie longue, mais sans variété
Au premier abord, le jeu est très plaisant : graphismes de qualité, musique agréable, prise en main aisée, bonne intelligence artificielle... Mais il suffit de quelques minutes pour se rendre compte combien tout cela est répétitif. Les combats sont creux, les missions confiées se ressemblent toutes et, dans les scénarios suivants, la difficulté change peu. Seul changement de taille : l'apparition d'un nouveau type de bateau.
Résultat, Tortuga est sympa un moment, mais on fait vite le tour de ses possibilités et de son gameplay trop léger. A chaque scénario, on recommence à zéro : il faut découvrir les villes, combattre quelques pirates pour augmenter son expérience et visiter un gouverneur qui exigera systématiquement les mêmes choses de vous. Même avec une difficulté grandissante, la lassitude s'installe inexorablement, pour finalement oublier rapidement ce jeu. La présence de personnages célèbres hauts en couleur ou la possibilité de combats à terre ou au sabre auraient pu rendre ce titre plus varié et attractif.
Synthèse
Les Plus
Les Moins
– Jolis graphismes
– Musique agréable et pas trop présente
– Manoeuvre des bateaux proche de la réalité lors des combats
– Bonne Intelligence Artificielle
– Interface claire
– Gameplay limité
– Missions répétitives
– Pas de diversification dans la repésentation des villes
– Représentation de l'équipage pendant les combats
– La priorité donnée aux combats, peu complexes et redondants
– Pas de version multijoueurs
– L'absence d'animations des mers
Avis
déposé
le 07/07/2006 (18/20) :
Ce jeu vaut vraiment la peine d'être acheté, la fluidité des batailles navales rend les combats passionnants où la direction du vent alizéen n'est d'ailleurs pas à négliger.Plusieurs missions se...
Test de Tortuga : Pirates et Flibustiers Pc - Topic lancé par Valentine de Vaulx :
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, Tortuga : Pirates et flibustiers n'est pas la suite de Port Royale, le précédent titre des allemands d'Ascaron, sorti en toute discrétion en octobre 2002. Si le commerce était la base du premier, il n'est pas du tout encouragé dans Tortuga, qui se concentre...
Attaquer une ville - Topic lancé par jojone :
Je n'arrive jamais a détruire tout les canons .Si jamais quelqu'un a un code merci de me le dire.