Il est bien connu que, selon une équation pourtant étrange au premier regard, il existe dans le monde plus d'entraîneurs de foot que de joueurs. Cela est sans aucun doute le fruit d'une mûre réflexion auprès des populations qui pousse à se dire qu'il est plus facile de critiquer les choix d'un coach que de réaliser une meilleure performance d'ensemble qu'un joueur sur le terrain. Ce que les sagaces populations ignorent, c'est que le métier d'entraîneur ne consiste pas à faire son marché et à coucher des noms sur une feuille de papier, comme le laissent croire les trop nombreux jeux de management que nous proposent nos quotidiens et hebdomadaires favoris. Entraîneur d'un club de foot, c'est tout de même autre chose. Surtout si l'on donne à cette fonction toute l'ampleur que lui confère le football anglais, où précisément les jeux de management sont une affaire d'état, celle de Manager. Dans LFP Manager 06, justement le nouvel opus signé EA Sports et prolongeant ou diversifiant le plaisir de FIFA 06, vous apprendrez qu'il existe une différence entre "faut faire jouer machin plutôt que bidule, je l'ai toujours dit" et remporter le championnat national.
Lorsqu'on lance une partie de LFP pour la première fois, on se doit bien entendu de faire des choix. Tout d'abord doit-on se créer un personnage. Pas tout à fait comme dans un jeu de rôle, mais presque. Nom, prénom, nationalité, portrait (à ce propos, on aurait aimé plus de choix que deux "ombres"), langue natale et langue étrangère (pas plus qu'une ?), club ou équipe nationale de départ. Et vous pouvez aussi créer plus d'un personnage, évidemment. Ensuite, bien que le jeu se destine avant tout aux entraîneurs en herbe, vous devrez vous choisir une fonction. LFP Manager 06 en propose 4. Celle d'entraîneur de terrain vous amènera à composer votre noyau, à choisir les bons éléments à aligner, à les placer correctement sur le terrain et à gérer tout cela en bon père de famille, résultats à la clé. Celle de directeur sportif vous cantonnera à un rôle plus administratif : vous traiterez des contrats des joueurs et du personnel ainsi que des finances du club. Celle de directeur général fera de vous l'argentier et le comptable du club et enfin, celle de touche-à-tout combine les trois précédentes.
Enfin vient le moment tant attendu du choix de votre club ou de votre équipe nationale. Pour ce qui est des clubs, LFP Manager 06 propose 38 nations qui comptent un nombre variable de divisions selon leur importance.Optons pour Charleroi, en première division belge de football. A noter que vous pouvez aussi choisir le mode carrière (un nom mal choisi puisque vous ferez de toute façon une carrière) en vous voyant proposer d'entrée de jeu trois offres de petits clubs. A vous, alors, de gravir les échelons un à un. Autre possibilité : créer votre club de toutes pièces et démarrer au plus bas de l'échelle de votre pays de prédilection. Les possibilités sont donc multiples et offrent des expériences de jeu allant de similaires à un peu différentes. Bien entendu, des options comme "directeur général" ne vont pas emballer grand monde, on s'en doute. Mais elles ont le mérite d'exister.
La partie débutée, il faut se rendre compte de deux choses. Tout d'abord, l'interface est de toute beauté. Les menus, les illustrations, tout cela fleure bon la direction artistique. Mais, point négatif, il est véritablement difficile de s'y retrouver dans tous les menus, répartis un peu n'importe comment et pas tous accessibles en quelques clics. Ainsi, par exemple, lorsque votre scout vous prévient de la publication de son rapport sur votre prochain adversaire, il vous faudra aller sous le menu Equipe, dans la section Recrutement (ah bon ?) pour pouvoir lire le dit rapport. Ceci dit, celui-ci est riche en enseignements avec le détail des points positifs et négatifs sur chaque joueur visionné... Impressionnant. Mais la complexité de la navigation rend les choses un peu trop nébuleuses si bien qu'on finit par cesser de vouloir tout lire et tout voir pour se concentrer sur les objectifs que l'on se fixe. Dommage, car on perd assurément en richesse.
L'une des questions que se posent les fans de jeux de gestion sportive est : "tous les détails mentionnés dans le jeu influent-ils réellement sur le résultat du match ?". Bonne question. Et il est difficile d'y répondre sans jeter un oeil au code même du programme. Comme dans la réalité, finalement, une fois tous les choix faits, l'entraîneur s'en remet à la réalité du terrain et les équipes les plus talentueuses, les mieux préparées et les mieux coachées peuvent elles aussi perdre des matches. L'inverse étant également vrai. Ainsi, je n'ai jamais tenu compte des avis remis par mon scout sur les joueurs adverses et j'ai appliqué une tactique simple pour avoir le seul plaisir d'aligner mes joueurs favoris dans le onze de base. Et j'ai remporté deux matches européens assez facilement. Est-ce que j'ai bien travaillé ou est-ce que la réussite dans ce jeu repose avant tout sur de la chance ? On ne le saura sans doute jamais. Mais l'imaginaire travaille beaucoup dans les jeux de ce type et chacun se fera donc son interprétation personnelle de ses résultats. La glorieuse incertitude du sport, quoi.
Chaque paramètre de la vie de votre club sera abordé, tant du point de vue sportif qu'administratif ou relationnel. Ainsi, les relations avec la presse apporteront leur lot de surprises quant à l'influence que vos déclarations auront sur le moral des uns et des autres. L'arrivée d'un nouveau joueur peut rendre ses concurrents au sein de l'équipe mécontents. Vous pouvez encourager, féliciter ou tancer n'importe lequel de vos joueurs aussi bien en match qu'à l'entraînement, gérer votre noyau comme votre portefeuille, la vente de vos produits dérivés, vos installations, la variété des entraînements. Mais vous n'êtes pas tout seul pour ce faire. Vos adjoints et délégués peuvent vous prêter main forte pour vous ôter une partie de la pression qui repose sur vos épaules. Mais le jeu ne prendra toute son ampleur que si vous touchez à tout, précisément. Vous regretterez toujours d'avoir laissé filer ce transfert juteux si vous ne le traitez pas vous-même et qu'il vous échappe.
Le jeu se destine avant tout à un grand public, comme la plupart des produits EA Sports, d'ailleurs, commerce oblige et si la profondeur de LFP Manager 06 est réelle, chaque étage de l'édifice est un peu léger. Les transferts sont assez faciles à réaliser et les joueurs ou clubs se montrent peu exigeants. On ne comprend pas toujours non plus le ratio entre le talent (affiché en étoiles) et le niveau. Vaut-il mieux aligner un joueur de bon niveau mais sans talent ou un joueur de talent mais de bas niveau ? On a tenté les deux avec un égal bonheur, difficile de trancher. Ensuite, les noyaux ne sont pas tous fidèles à la réalité. Ainsi, et étrangement, cela concerne les mêmes joueurs que dans FIFA 06, le noyau de Charleroi voit deux de ses joueurs, pourtant des titulaires indiscutables, transformés en d'autres noms. De même, le potentiel des joueurs n'est pas conforme. Vous risquez de réaliser trop tard que le joueur vedette de votre équipe dans la réalité n'a pas le niveau de jeu requis dans LFP... Et tout est un peu à l'avenant.
Mais passons maintenant au match, le coeur de l'action. Vous pouvez opter pour le mode rapide : à savoir le résultat du match. Le mode textuel, avec les phases de jeu expliquées, et le mode 3D avec le match qui se déroule devant vous. Le moteur de jeu est celui, simplifié au niveau des décors, de FIFA 06, et est donc exceptionnel pour un jeu de gestion. Cela donne assurément un net avantage à LFP par rapport à la concurrence, trop rébarbative de ce point de vue. Vous pouvez bien entendu faire varier la vitesse du match, mais impossible de vivre par exemple les nonantes minutes en temps réel. A ce moment, vous pouvez agir sur l'action en effectuant des remodelages tactiques, des changements mais aussi à la mi-temps en parlant à vos joueurs. Une fois de plus, difficile de savoir si vos actions influent réellement sur le résultat. Car ce que vous faites, même si c'est bien pensé, peut ne pas réussir.
Mais c'est après tout une bonne simulation de la réalité. Romario ne s'entraînait pas du tout pendant la Coupe du Monde en 1994... Disons qu'en travaillant dur, vous n'aurez aucun regret.
Au niveau du son, les musiques des menus sont du classique de chez EA Sports, des groupes qui marchent dans les jukeboxes, plutôt orientés vers le rock. Mais vous pouvez aussi, ô bonheur, indiquer au programme le chemin le plus rapide vers votre répertoire de mp3 personnel afin d'entendre ce que vous voulez. Délicate attention. En match, c'est aussi le son de FIFA 06 mais avec d'autres commentaires, que je trouve d'ailleurs nettement plus pointus. Dommage qu'ils n'aient pas été préférés à ceux du jeu de base. Alors, LFP Manager, Football Manager ou Championship Manager ? LFP est assurément le mieux emballé mais pas le plus réaliste. Football Manager reste une référence pour de nombreux fans dans le monde alors que Championship Manager n'est plus que l'ombre de son titre depuis que ses créateurs ont quitté le bercail pour fonder Football Manager. Disons qu'il faut les essayer tous pour se forger sa propre opinion. Aucun n'étant vraiment un navet ou le jeu ultime.
Synthèse
Les Plus
Les Moins
- De fort jolis menus mais...
- Une grande profondeur
- On peut créer son propre club
- Les 4 fonctions jouables
- Les matches en 3D
- La bande son MP3 de votre choix.
- ... Des menus brouillons
- Une profondeur factice ?
- Des noyaux pas toujours fidèles.
- Des données pas toujours conformes.
- Trop facile ?
Avis
déposé
le 19/02/2008 (20/20) :
Franchement, ce jeu est génial. Rien à en redire. Je m'éclate dessus 3h par jour ! Les graphismes sont superbes, et la gestion est complète.
Une chose qui me manque : avant, on pouvait gérer sa vie...
Avis
déposé
le 11/11/2007 (19/20) :
Ce jeu est vraiment bien !! franchement L F P 2006 est bien réussi .Une amélioration sur les info personnel des joueurs ! Vous pouvez y trouvez tous les championnat pro et meme vous pouvez commencer...
Avis
déposé
le 01/09/2006 (13/20) :
Jeu de management très complet mais compliqué lorsque l'on n'a pas l'habitude de ce genre de jeu. Les options sont diverses et adaptées au joueur (niveau de difficulté et budget initial modifiables)....
Avis
déposé
le 06/08/2006 (15/20) :
connaissais precedemment lfp 05 sur ps2, et cette version est encore meilleure.
Le match 3D est de + en + realiste; de nombreuses lacunes du 2005 sont comblees.
Un point noir: ou sont les tactiques...