Redorer le blason du jeu d’aventure, est-ce encore possible ? Après un Baphomet 4 mortifié par la 3D et un Ankh 2 trop campé sur ses acquis, Tunguska rejoindra-t-il lui aussi la masse des titres « bien, mais pas top » ? Doté d’un scénario accrocheur façon X-Files, servi par des graphismes de très bonne facture, le titre de Fusionsphere Systems saura-t-il charmer son public ? Il ne suffit pas en effet d’être doté d’une qualité de réalisation irréprochable pour devenir un must-have. Encore faut-il avoir une âme. Un point qui fait particulièrement problème avec Tunguska, un titre sous influences contradictoires.
C’est un fait : Tunguska possède bon nombre des qualités typiques des grands jeux d’aventure. A commencer par son scénario. Vous contrôlez Nina, la fille d’un éminent scientifique disparu sans crier gare, et bien décidée à retrouver la trace de son cher papa. Un peu trop doué pour ne pas attirer l’attention, ce dernier a été enlevé par un mystérieux groupe de ravisseurs, sans doute en raison de ses connaissances sur l’affaire Tunguska. Une affaire de phénomènes non élucidés ayant eu lieu en Sibérie voici plusieurs décennies, et qui avait mobilisé l’intérêt des scientifiques et des medias. La course-poursuite de Nina à la recherche de son père sera l’occasion d’apprendre la nature des évènements qui se s’y sont déroulés en réalité. Au programme : phénomènes surnaturels, groupuscules occultes et KGB. Tous les ingrédients sont là pour faire de cette aventure une des plus sérieuses jamais réalisées dans le genre point n’click. Une approche assez radicale, mais très convaincante, qui change agréablement de l’inévitable touche second degré à la Monkey Island. Les studios allemands de Fusionspheres Systems ont donc cherché à se démarquer. Une recherche d’identité dont les personnages principaux (Nina et son compagnon Max) font malheureusement les frais, ainsi que le gameplay.
Tout comme la série Runaway, Tunguska pêche en effet par ses personnages principaux sans vraie personnalité. Que ce soit Nina, certes dotée d’une très belle plastique, mais sans fantaisie ni fort caractère, ou Max, simple faire-valoir, on ne peut qu’avoir l’impression de diriger deux Ersatz de la série Dawson. Ce qui, reconnaissons-le, ne colle pas avec le ton sombre assez adulte de l’intrigue. Cet écart entre l’atmopshère générale du jeu et des personnages principaux lisses et sans grand intérêt n’est pas le seul indice qui laisse ressentir les hésitations des développeurs.
Imitera, imitera pas ?
Parmi les jeux d’aventure dans lesquels on passe son temps à rechercher des objets dans le décor, pour les associer ensuite et résoudre certaines énigmes, une très forte majorité joue la carte du loufoque et de la fantaisie. Utiliser le beurre d’un sandwich au jambon pour dégraisser un crick rouillé ou une couronne à diadèmes pour changer la luminosité d’une salle aurait sans doute sa place dans un Baphomet. Mais dans un jeu aussi dénué d’humour que Tunguska (ce qui n’est pas une critique), on ne peut que trouver cela déplacé. Cela ne convient tout simplement pas à l’atmosphère. En choisissant d’implémenter des énigmes « tordues » dans leur jeu, les développeurs de FusionSphere Systems ont fait perdre à Tunguska une bonne partie de sa cohérence.
Heureusement, cette tendance mimétique ne se retrouve que dans le premier tiers du jeu, c’est-à-dire jusqu’au départ en train. A partir de ce moment-là, les énigmes redeviennent logiques. On peut à nouveau se demander quel objet pourrait bien s’avérer utile pour obtenir un résultat qu’il est possible de deviner. Là encore, on a la preuve que le titre a subi les errances des développeurs. Ainsi, dans les premiers niveaux, le joueur passera son temps à associer des objets (souvent plus de cinq) entre eux, bien avant de pouvoir en deviner l’usage. A l’inverse, parvenu dans les pays de l’Est, Nina refusera de réaliser certaines combinaisons « avant d’en savoir l’usage ». Sous un jour moins critique, on pourra donc dire que Tunguska se bonifie au fil du jeu. Au fur et à mesure que s’étoffe l’intrigue (les rebondissements - parfois un peu maladroits, comme l’arrivée de Max à la clinique - rythment efficacement la partie), tout se passe comme si le gameplay s’adaptait lui aussi et venait se calquer sur l’ambiance générale. Un changement de cap certes louable, mais qui ne parviendra pas à faire oublier les errances des premiers niveaux.
Avis
déposé
le 28/07/2008 (15/20) :
Sympa le style du jeu, l'interactivité... Le scénario n'est pas mal cela dit le jeu des personnages est médiocres, tous les dialogues sonnent faux. Enfin, sinon c'est assez plaisant à jouer, à part...
Avis
déposé
le 09/07/2008 (15/20) :
C'est un super jeu mais pas très bien expliqué. Un peu dur parfois. Mais interessant. Les décors sont bien faits et paraissent réels, il y a du suspense c'est intriguant. Mais j'avoue que j'ai du...
Avis
de
Gamane
le 18/05/2008 (17/20) :
Un des meilleurs systèmes de Point and Click, avec son cuseur souris qui définit le click droit et/ou gauche, la fonction d'aide pour éviter de rester planté à cause d'un élément non découvert.
Les...