Deuxième constatation, le jeu est plutôt laid. On n’a pas l’impression que, graphiquement, cela ait beaucoup évolué depuis le premier Moto Racer. Le pilotage de la moto est plutôt orienté vers l’arcade, mais ne procure pas vraiment de plaisir. La sensation de vitesse n’est pas optimale et ne prend réellement son sens que lorsque l’on active le turbo. Tout cela pour dire que ce n’est certainement pas le jeu sur lequel les fans de moto vont se lancer. Mais Jacked se targue de proposer plus qu’une simple course sur deux roues. Ce qui fait son charme, si tant est que l’on puisse utiliser ce mot au regard de ce qui va suivre, c’est la baston.
Votre personnage n’hésitera pas, tout comme ses adversaires d’ailleurs, à user de ses bras, de ses jambes et de quelques armes pour s’imposer : barres de fer, gourdins, armes à feu… Tous les coups sont permis pour dépasser vos concurrents et vous assurer qu’ils restent bien derrière vous. Au passage, vous pouvez ramasser des bonus et des armes sur les pistes. Chaque épreuve vous propose au moins un objectif qui, s’il est accompli, vous permet de débloquer la suite du jeu : nouvelles épreuves, nouvelles motos, nouvelles armes… Un concept qui n’a bien évidemment rien de très novateur. Les circuits ne sont pas fermés, puisqu’il s’agit d’une guerre des gangs, après tout, cela se déroule en pleine circulation. Fort heureusement, celle-ci n’est pas très dense. Mais on se demande toute de même ce que font alors ces tremplins fluorescents sur les routes… Mais que fait la police ?
Vous l’aurez compris, la locution « prise de tête » n’a pas posé trop de problème aux concepteurs de ce logiciel. Mais on sent que cela a tout de même manqué de la plus élémentaire réflexion. Ainsi, il est possible de réaliser des temps canon en terminant dernier… Pourquoi ? Parce que le chronomètre s’arrête dès que le vainqueur a franchi la ligne d’arrivée. Si vous venez quant à vous de passer la ligne du dernier tour, vous serez félicité et votre nom apparaîtra dans la liste des records, crédité d’un temps difficilement croyable. N’importe quoi. Bon. Ce n’est certes pas cela qui va empêcher de jouer et c’est donc finalement un bug minime.
Question jeu, justement, il existe sept types d’épreuves qui mettront tour à tour votre vitesse, vos réflexes ou votre combativité à rude épreuve. Mais il faudra aussi parfois faire preuve de sens tactique, comme dans ce mode où vous devez marquer un certain nombre de points en franchissant des portails avec un jeton que vous disputez aux autres chefs de gang. Ce jeton, vous pouvez le perdre facilement en vous accrochant ou en vous le faisant chiper. Lorsque vous entrez en sa possession, vous pouvez faire appel à vos potes de gang pour vous dégager la voie… Enfin un peu d’originalité dans ce jeu… Les parcours sont variés dans le décor qui les accueille mais ne font, eux non plus, preuve d’aucun réel sens artistique au niveau du level design. A peu de choses près, ce sont les mêmes circuits avec des couleurs différentes… Ah, notez que l’on peut aussi changer de moto en cours de jeu en renversant le propriétaire de la bécane de votre élection et en prenant sa place.
Bon, c’est vrai qu’il existe 18 motos sur lesquelles asseoir votre popotin et que certains parmi vous prendront plaisir à latter méchamment vos adversaires. Pour d’autres, il s’agira peut-être d’un nouveau souffle donné aux jeux de deux roues orientés arcade. Mais pour la plupart des joueurs saints d’esprit, on évitera de s’y attarder trop longtemps…