Développé par les Slovaques de Cauldron, les créateurs du moyen Chaser, Gene Troopers est un FPS qu’on peut qualifier pudiquement de mauvais pour ne pas dire des choses bien pires…
Mais avant de commencer à en faire une critique détaillée, commençons par l’histoire. Non pas quelle soit intéressante ni bien construite, au contraire, elle serait plutôt banale et ne captive pas vraiment. Mais en ces temps troublés, elle a l’énorme mérite de ne pas faire dans le terrorisme ou la seconde guerre mondiale, puisqu'elle aborde un thème de moins en moins prisé dans les FPS, la science-fiction. L’histoire en elle-même ne passionnera pas grand monde : Johansson Bridger, c’est à dire vous, perd sa fille dans l’abordage de son vaisseau par une race inconnue, se fait capturer par les immondes créatures et devient, suite à leurs expériences, un Gene Trooper, un être humain à qui l’on a implanté des gênes extraterrestres pour en faire un soldat d’élite. Johansson se fait délivrer par des mystérieux sauveurs, et l’aventure commence (malheureusement). Le jeu se targue d’être « interactif avec des situations dictées par vos choix, amenant des fins différentes » : en fait, à certains moments du jeu (et ils ne sont pas nombreux), on devra choisir entre deux missions impliquant des choix cruciaux (du genre enquêter sur la disparition de sa fille ou devenir plus fort - vu la modélisation de la fille, le choix est vite fait), et qui auront une influence sur la fin. Pour le reste, les personnages n’ont aucun charisme, particulièrement Johansson Bridger, dont la voix française fait mal aux oreilles tant le doublage est mal fait. Si ni l’histoire ni l’univers ne sont susceptibles de nous faire aimer ce jeu, qu'en est-il du reste ?
Force est de constater que ce n’est pas brillant non plus. Commençons par les graphismes. Visiblement, les développeurs ont du abuser des psychotropes, puisque tout le jeu est flashy avec des couleurs fluos, des textures mouvantes (fluos), des effets de lumières dans des tons très discutables (et fluo). Autant dire que des maux de crâne commenceront à pointer au bout de deux heures de jeu. Mais ne soyons pas trop mauvaise langue, et notons que le moteur n’est pas très gourmand (portage de la PS2 vers le PC oblige) et peut tourner sur des configurations modestes sans problèmes. C’est le Havok qui fait tourner le moteur physique du jeu (le même qu’Half-Life 2), mais celui-ci est complètement sous-exploité : seules quelques énigmes basées sur ce moteur parsèment rarement la partie, et lancer des caisses sur les ennemis ne les affecte pas (contrairement à Half-Life 2).
Passons rapidement sur le gameplay, puisqu’il ne fait ressentir aucune sensation propre aux FPS. Les armes, en plus d’êtres horriblement banales (deux fusils de snipe assez ridicules, des mitrailleuses de toutes sortes inefficaces et des pistolets à bouchons), manquent de punch. Et celles qui ont du punch, celles qui nous font sentir un minimum puissant en appuyant sur la gâchette, ne servent à rien puisque les ennemis ne bougent presque jamais et ne sont pas animés quand ils essuient nos tirs. Et c’est dommage parce qu’ils sont nombreux les ennemis, très résistants (il faut souvent les finir quand ils sont à terre) et visent comme des Dieux. On reconnaît bien là toutes les caractéristiques de l’Intelligence Artificielle peu développée cachée par des artifices pour rendre le jeu plus dur. Bref, passé les deux premières minutes de découvertes, on s’ennuie et on se sent frustré dans des niveaux tout ce qu’il y a de plus linéaires, à tirer sur des ennemis en carton.
Il y a bien quelques idées pour sortir le joueur de son ennui, comme un mini-système de compétences à développer (vision nocturne, bullet time, régénération) en aspirant les gènes tombés des cadavres des ennemis, mais elles sont longues à monter et ne changent pas intrinsèquement le jeu. Les passages en véhicules, censés changer un peu du gameplay FPS, sont ce qu’il y a de pire, puisque le bruit de l’unique véhicule est insupportable (un espèce de croisement entre un aspirateur en marche et un hamster qu’on écrase) et on est finalement pressé qu’ils se terminent.
Vous l’aurez compris, Gene Troopers est un jeu à éviter absolument. Même à 20 euros, ce titre ne vaut pas le coup, d'autant plus qu'il existe tellement de bons FPS en gammes budget pour le même prix : A commencer par exemple par Unreal Tournament 2004, au hasard. Et si vous l’avez déjà, économisez-les pour un autre jeu ou achetez-vous un hamster : la durée de vie, les graphismes et le gameplay sont biens meilleurs que ce très mauvais jeu.
Synthèse
Les Plus
Les Moins
- Tourne sur les petites configs
- Pas cher
- Donne envie de jouer à des bons FPS
- Les choix artistisques plus que discutables
- Armes sans imagination
- Moteur physique sous-exploité
- Histoire inintéressante
- Niveaux linéaires et ennuyeux
- Ennemis à la précision diabolique
- Frustrant
- Les doublages honteux
- Le bruit (on ne peut pas dire le son) de l'unique véhicule pilotable
Avis
déposé
le 12/03/2006 (15/20) :
Un bon jeu dans l'ensemble. Beaucoup de couleur et paysage magnifique ac=vec une bonne carte graphique. Bonne jouabilitée et bonne durée de vie.