Par Toutatis, les Gaulois, les Gaulois, ils reviennent !
Malgré toutes les tentatives les plus ingénieuses et machiavéliques possibles, César n’a toujours pas pu se débarrasser du fameux village d’irréductibles Gaulois.
Mais, nouvelle donne cette fois-ci, puisque César a un allié de choix : Panoramix, le druide fournisseur officiel de potion magique du dit village. Ainsi dès la scène cinématique d’ouverture voit-on Panoramix piéger ces collègues druides et les capturer pour l’empereur romain. Le ton est donné, un sérieux jeu mais qui en aucun point ne se prend trop au sérieux.
Les développeurs de chez Étranges Libellules, pour cette suite de Asterix et Obelix XXL ont décidé de reprendre les ingrédients qui avaient fait le succès du premier épisode tout en rajoutant quelques nouveautés.
Plébiscite au cinéma il y a quelques années par Astérix et Obélix Mission Cléopâtre, les développeurs français utilisent à leur tour un humour décalé et sans concession, qui rend cet univers encore plus universel et donc accessible par un large public.
Astérix et Obélix XXL, malgré sa bonne qualité, avait en effet un peu souffert d’être trop ciblé pour un jeune public, bien que la difficulté du jeu ait été par moment assez élevée.
L’heure est donc à l’humour caustique mais non moins très en accord avec celui de la bande-dessinée de Gosciny et Uderzo.
Les joueurs les plus aguerris prendront un malin plaisir tout au long de l’aventure à découvrir les nombreux clins d’œils des développeurs à l’histoire du jeu vidéo. Cet aspect n’est pas qu’anecdotique puisqu’Atari a insisté dessus lors de la promotion du jeu. D’ailleurs même sur la pochette du jeu la parodie des héros de jeux vidéo est omniprésente avec notamment un centurion Larry Craft qui n’est pas sans rappeler une fameuse héroïne aventurière.
Avant de parler plus en détail du jeu, notons que si certains clins d’œils seront évidents, comme des Romains déguisés en Mario dans Mario Sunshine, ou bien encore d’autres armés d’un bouclier représentant un fameux glouton jaune, et sans oublier Sam Fischaur qui vous aide au début de l’aventure, d’autres parodies seront plus subtiles et vous demanderont une réelle attention.
En plus d’une nostalgie positive qui sollicitera nos zygomatiques, cette initiative parodique a pour vertu de renouveler cet univers mondialement connu tout en lui restant fidèle.
Du côté du gameplay et pour ceux qui ont déjà adopté le premier épisode, vous ne serez guère dépaysés puisque le jeu ressemble à beaucoup d’égards à son aîné. Un jeu d’action-plateforme ou vous aurez l’occasion de vous divertir avec des hordes de romains, de les faire virevolter, de les lancer dans le ciel puis de récolter leurs casques.
Une des forces et singularités de Astérix et Obélix: XXL était de proposer deux personnages jouables en simultané et donc d’offrir une réelle interaction entre eux. On retrouve cet atout majeur dans cette suite, où vous devrez parfois utiliser les différences morphologiques des deux compères gaulois. Ainsi Astérix se faufilera dans des trous de souris alors qu’Obélix quant à lui, utilisera sa force légendaire.
Vous mettrez alors en application cette interaction pour activer de nombreux mécanismes. Il n’y avait aucune raison pour que les développeurs d’Étranges Libellules ne reprennent pas ce système qui rajoutait un aspect de réflexion à l’action pure. Si certains mécanismes ne vous solliciteront guère d’autres feront appel à votre sens de l’observation et à votre logique. Attention, s’il ne s’agit pas de puzzles comme pour un jeu tel que Myst, leur difficulté n’est pas enfantine pour autant.
L’interaction entre Astérix et Obélix ne s’arrête pas là car les deux comparses se parlent aussi pendant l’aventure et ce en dehors des cinématiques. Ainsi alors que vous êtes en train justement de conduire Astérix dans une plate-forme en le tirant par une corde, il vous dira d’accélérer le mouvement et Obélix lui répondra avec sa verve et son caractère bien à lui.
Les deux gaulois apparaissent réellement vivants et dynamiques. On est également ravis de retrouver les voix originales, dont celle de Roger Carel pour Astérix référence en matière de doublage d’animation. L’humour et la bonne humeur sont donc omniprésents dans un jeu qui s’avère très jubilatoire et fun.
L’aventure est décomposée en différents tableaux, chapitres représentant des univers différents mais tous situés à Las Vegum, parc d’attraction, réplique romaine de Las Vegas.
Vous retrouverez donc le «petit Lutèce» avec la tour Effel, l’Arc de Triomphe et bien sûr l’Obélisque, mais aussi Venise puis l’Égypte ... Bref vous ferez un réel tour du monde tout en restant dans le même secteur.
Si la variété des univers est acquise, on n’a pourtant pas toujours l’impression de réellement passer d’un monde à un autre, l’univers graphique aurait pu être encore plus tranché / radical.
L’action n’est pas trop scriptée et vous pourrez donc vous promener à votre guise en rebroussant chemin notamment. D’autant qu’une quête annexe vous donnera l’occasion de fouiller chaque recoin de chaque univers pour retrouver les différents casques en diamant qui s’y cachent.
Si cette liberté d’action et de mouvement est réellement appréciable, elle n’est pas sans inconvénient. Ainsi vous aurez de temps en temps tendance à chercher votre chemin, à ne plus savoir quoi faire ni où aller contrairement à un GTA dans lequel la liberté de mouvement est pourtant accrue.
Astérix et Obélix est une jeu réellement réussi, de prime abord on lui voit peu de défauts réellement préjudiciables.
Cependant cette impression diffère si vous avez déjà joué au premier opus. Si le fait de rester assez fidèle au premier XXL, sans pour autant sembler identique, répond aux attentes des joueurs, le plaisir que procure un tel titre est malheureusement un peu éphémère. Ainsi à la longue les singularités deviennent des habitudes. D’autant que le gameplay a très peu évolué et se montre assez répétitif.
Et notamment le fait de devoir battre un nombre déterminé de romains qui augmente progressivement avant de débloquer un passage, ouvrir une porte. Cet aspect avait déjà fait légèrement défaut au premier épisode et surtout lors de la fin du jeu, et durant le combat répétitif contre le boss de fin de niveau.
Malheureusement cela est beaucoup plus dommageable ici d’autant qu’il est plus manifeste. On aurait aimé que les développeurs nous proposent une diversification du gameplay au cours de l’aventure.
Si cet aspect est préjudiciable le jeu s’en sort malgré tout presque indemne par ses qualités nombreuses déjà citées. D’autant qu’il n’est réellement pas linéaire, en raison certes de la liberté d’action importante mais aussi par cette nouveauté très intéressante de composer les jeux en chapitre. Ainsi, si vous vous retrouvez coincé pour une raison ou une autre vous pourrez continuer l’aventure en choisissant votre chapitre comme on peut le faire pour DVD.
Cette initiative fort louable à été pensé notamment pour les plus jeunes joueurs ou les plus débutants, mais elle s’adressera à tous à un moment ou l’autre de l’aventure.
Pour les irréductibles autodidactes, vous pourrez ne compter que sur votre partie et vos sauvegardes. On constate avec joie à ce sujet, que les points de sauvegardes sont beaucoup plus nombreux et fréquents que lors du premier épisode. Cela vous sera utile surtout vers la fin de l’aventure, où la difficulté est bien plus présente.
Sans être un jeu trop facile Astérix et Obélix XXL 2: Mission Las Vegum risque de moins rebuter le jeune public, d’autant que les premiers niveaux ne posent pas de réels problèmes. Cependant on aurait pu espérer moins d’inégalités dans cette difficulté.
Astérix et Obélix XXL 2 Mission Las Vegum est au final un jeu de qualité malgré ces quelques défauts mais dispose surtout d’un réel capital sympathie. Le coté parodique n’est que positif n’altérant ni l’univers, ni l’intérêt du jeu et de l’histoire.
Cependant on peut réellement regretter peu de changements réels dans le gameplay par rapport au premier épisode, qui donnera nul doute à certains une sensation de déjà vu.
L’aventure est malgré cela suffisamment agréable pour vous intéresser et pour vous tenir en haleine pendant quelques temps. Les jeux de ce genre se font trop rare sur PC d’autant plus quand ils sont réussis, alors n’hésitez pas à rejoindre Astérix et Obélix dans cette aventure déjantée.
Enfin pour les joueurs les plus aguerris, essayez de retrouver tous les clins d’oeils aux jeux vidéos qui s’y glissent, certains sont si subtils qu’une fois découverts, on en retire une réelle satisfaction.
Synthèse
Les Plus
Les Moins
- humour corrosif hilarant
- interactions et complémentarité entre Astérix et Obélix
- possibilité de choisir les chapitres du jeu des le début
- action fluide et rythme soutenu
- clins d’oeils à l’histoire des jeux vidéos
- action peu scriptée, liberté relative de mouvement
- peu linéaire
- beaucoup plus de points de sauvegardes
- jeu très fun au fort capital sympathie
- les voix officiels des deux héros
- des combos a réalisés avec les touches
- des bonus sous forme de souvenirs a débloqué
- peu de changements par rapport au premier épisode
- action un peu répétitive
- manque de diversité dans les combats contre les boss
- les musique passe parfois au second plan
- uniformisation graphique des différents mondes
- parfois on cherche son chemin
- difficulté évolutive mais aussi inégale
- Obélix n’a toujours pas droit a la potion magique