Tiré du roman de C.S. Lewis à l'occasion de la sortie du film sur grand écran, le Monde de Narnia - Chapitre 1 : le Lion, la Sorcière Blanche et l'Armoire Magique est un jeu d'aventure destiné aux plus jeunes. Doté d'une réalisation presque sans failles, il lassera cependant les plus âgés ou expérimentés par son côté dirigiste à l'extrême.
Le monde de Narnia, avant d’être un jeu vidéo et avant d’être un film de cinéma, est un roman que l’on doit à la plume de l’auteur britannique C.S. Lewis. Lewis fut le grand ami et confident d’un certain J.R.R. Tolkien dont l’œuvre majeure, le Seigneur des Anneaux, a connu son petit succès, ces derniers temps, sur grand écran ainsi que dans une foule de produits dérivés. Tolkien et Lewis s’étaient juré, depuis leur adolescence, de rendre un vibrant hommage à leur patrie : créer une mythologie pour l’Angleterre, qui avait vu, selon eux, son histoire pervertie par les pièces de théâtre populaires de William Shakespeare. Selon eux, la Grande Bretagne n’avait pas vraiment de mythes en dehors de celui des chevaliers de la table ronde. De son côté, le professeur Tolkien imagina le Seigneur des Anneaux, dont Lewis disait : « Lorsque l’œuvre brille de mille feux, quelques taches ne me gênent pas ». Plutôt sûr de lui, le Lewis. Pourtant, le monde de Narnia, l’équivalent chez lui du Seigneur des Anneaux, n’allait pas connaître le même succès. Même si l’on ne peut pas vraiment parler d’échec non plus.
En réponse à l’adaptation cinématographique des Terres du Milieu par Peter Jackson, Walt Disney voulait donc frapper un grand coup dans le domaine de la saga épique et le choix de Narnia n’était pas innocent. Tout d’abord, c’est un auteur proche de Tolkien. Ensuite, il met en scène des enfants, comme dans Harry Potter. Une armoire magique qui permet de franchir les frontières d’un monde imaginaire, voilà qui fait ouvertement référence au miroir de Lewis Carroll dans Alice au Pays des Merveilles… La recette ne peut que prendre. Du moins, dans le roman. Même si la sauce a parfois du mal à prendre si l’on souhaite éviter les sempiternelles rengaines bibliques des filles d’Eve et des fils d’Adam… L’histoire n’atteint jamais les sommets dépeints par Tolkien et on reste clairement dans le registre du conte pour enfants, même si l’on peut rester un grand enfant malgré le poids des ans. Après cette introduction fort didactique, parlons jeu, si vous le voulez bien.
Une vieille casserole pour une bonne soupe ?
Le monde de Narnia reprend grosso modo une recette connue, lui aussi, dans son adaptation au monde du jeu vidéo. Vous allez pouvoir jouer chacun des quatre héros humains du jeu : Peter, le plus âgé, courageux et costaud, Susan, la plus vieille des filles, Lucy, la plus jeune et la plus espiègle ainsi que Edmund, le second garçon, un peu écervelé mais au cœur grand comme ça. L’histoire commence pendant le bombardement de Londres, durant la deuxième Guerre Mondiale. Ce niveau permettra de se familiariser avec les commandes et l’interface, moyennement réussie. Les personnages sont vus à la troisième personne et sont relativement beaux à regarder, comme l’ensemble du décor, d’ailleurs. La modélisation est de qualité, les textures sympathiques même si la richesse des décors n’est pas le point fort du jeu. Pour se déplacer, bien qu’il soit possible de paramétrer les touches, on utilisera quatre touches directionnelles ou une manette, et il y a aussi quatre touches d’action. L’utilisation de l’une ou de l’autre sera recommandée par des icônes placées aux endroits spécifiques dans le décor.
De retour au temps de Sonic ?
La réussite des niveaux dépend de la bonne combinaison des personnages : chacun a des qualités qu’il doit mettre au service du groupe. Ainsi, la petite Lucy sera seule à même de monter sur une boule de neige pour attraper des objets haut placés… Enfin, on ne va pas vous dresser la liste des actions possibles, vous découvrirez tout cela par vous-mêmes. De même, certaines actions ne peuvent être entreprises qu’en unissant les efforts de deux personnages. Une première chose saute aux yeux en jouant : on passe son temps à ramasser des pièces. Celles-ci servent à acheter des compétences (sortes de facultés spéciales). Divers bonus peuvent ainsi être cueillis en cours de niveau. L’idée séduira peut-être les tout petits, mais nuira certainement à l’implication des joueurs confirmés qui s’estiment tout de même sortis de l’âge de Sonic le Hérisson. Les niveaux eux-mêmes sont très directifs et il n’est jamais possible de se perdre, puisque la voie semble toute tracée pour nos quatre bambins : ils n’ont qu’à suivre les pièces. Toutefois, certains niveaux seront plus difficiles que d’autres à réussir. Non que la difficulté soit conséquente, mais bien parce que l’on ne sait pas trop quoi faire. Ainsi, parfois, un chronomètre se déclenchera pour indiquer que le temps vous est compté. Or, vous ne savez pas toujours quoi faire et n’avez pas le temps de reconnaître les lieux. C’est le cas dans le troisième niveau : celui où vous devez retrouver Lucy dans la pension… On peut donc parler de légèreté dans la façon de présenter les objectifs aux joueurs.
Réalisation irréprochable
La réalisation d’ensemble est par contre irréprochable : les séquences cinématiques sont de première qualité, la musique est enchanteresse bien qu’un peu répétitive, les sons et les voix valent que l’on tende l’oreille et les effets spéciaux sont réussis, comme la déformation du décor à travers les volutes calorifiques d’un feu de camp. L’ambiance est bel et bien celle d’un conte de noël avec toute cette neige et ces pauvres enfants livrés à eux-mêmes dans une horrible pension. Voilà bien le genre de film qui ne serait jamais sorti en plein mois d’août. Mais si vous avez pour habitude de vous laisser porter par de belles histoires, quitte à ne pas y regarder de trop près au contenu du paquet doré, alors foncez. Le monde de Narnia vous attend. Par contre, si vous vous dites que, pour qu’un jeu soit bon, il faut qu’il propose un réel défi à votre adresse et vos neurones, alors passez votre chemin.
En conclusion
Ah, petit détail qui a toujours le don d'énerver : il n'est pas possible de sauver sa partie en cours de niveau. Vous devez donc inlassablement recommencer au début lorsque vous reprenez une partie, mais au cours de la même partie, vous pouvez franchir des "points de passage" qui vous empêchent de tout reprendre à zéro. Cela ne vaut que tant que vous ne quittez pas le jeu. En conclusion, Narnia est un excellent jeu d’aventure pour les petits, à la finition presque irréprochable, mais présentera un intérêt fort limité pour les plus grands ou ceux qui se sont déjà frottés à des jeux ouverts.
Synthèse
Les Plus
Les Moins
- De superbes graphismes.
- Des animations réussies.
- Des cinématiques de qualité.
- Une bande son enchanteresse.
- Les combinaisons de personnages.
- Trop dirigiste
- Sauvegarde seulement à la fin des niveaux.
- Le coup des pièces et bonus à ramasser...
- Quelques angles de vues difficiles, surtout lors des séquences chronométrées.