Ce Tortuga possède la fougue d’un jeune pirate. Dynamique, sans temps de répit, le jeu vous lance en quelques secondes dans le feu de l’action. Quelques messages de tutorial viennent vous guider dans les premières missions du jeu, mais il n’y a rien de très complexe à apprendre. TTT se veut facile d’accès et réussit son pari. Simple à prendre en main et très immersif dès le début de l’aventure, le jeu se destine clairement au grand public. Et ce n’est pas le scénario mièvre et prévisible, alourdi par de nombreux cut’scenes (à la qualité médiocre) et aux dialogues sans reliefs, qui va donner de la personnalité à Two Treasures. On est dans l’archi connu et on l’assume du côté d’Ascaron. Maintenant, reste à voir si au niveau du gameplay, le jeu parviendra à combler les attentes d’un casual gamer…
Tortuga se partage essentiellement en deux phases de gameplay. La partie maritime d’un côté, la partie terrestre de l’autre. A la barre de votre navire (qui variera au cours de l’aventure), vous vous cantonnerez le plus souvent à envoyer par le fond les bateaux ennemis. Parfois seul contre cinq bicoques anglaises, vous parviendrez sans trop de soucis à sortir vainqueur. Fortement improbable mais rendu possible par le style très arcade de TTT. La direction se fait très simplement en utilisant son clavier. Deux touches pour tourner, plus deux pour modifier la vitesse. Deux ou trois niveaux de voiles, selon les embarcations, permettront de manœuvrer plus ou moins facilement. Pas de gestion du vent, les bateaux progresseront toujours à la même allure. Seuls quelques sérieux dégâts à la coque ou aux voilures pourraient véritablement influer sur les déplacements.
Les combats en mer sont, de la même manière, assez basiques. Comparé à un Sea Dogs, on reste dans une simplification extrême. Au-delà de la facilité que l’on a de se déplacer, le navire possède également une visée automatique. Un gros cercle de couleur indique que le bateau ennemi est à portée, différentes colorations permettant de savoir le pourcentage de réussite de votre volée. Il suffit donc de se mettre dans la position idéale et de cliquer sur le bouton gauche de la souris au moment opportun pour faire un carton. Simple comme bonjour. Si facile que cela en devient clairement frustrant. Surtout qu’en cas de difficulté (rare), nos bons moussaillons réparent la coque et les voiles en un clin d’œil. Sans oublier que parmi les nombreux items qui tombent des bâtiments coulés ou que l’on trouve à droite et à gauche, certains « coups spéciaux » permettent d’enfoncer le clou. Ainsi, en cas d’extrême détresse, on peut faire appel au Kraken, lancer de multiples salves de barrages ou tout simplement balancer des tonneaux de dynamite afin de décourager les plus téméraires.
Enfin, comme tout jeu de pirate qui se respecte, Tortuga Two Treasures propose une phase d’abordage. Quand on vous le permet, il est possible de se rapprocher d’un navire que vous aurez précédemment affaibli pour se lancer à l’assaut. On se retrouve alors sur le pont avec ses camarades pirates, luttant contre des assaillis peu enclins à abandonner leur épave. On peut participer aux combats qui font rage en essayant de dessouder tout ce qui bouge ou alors courir directement vers le capitaine ennemi et lui donner une bonne leçon d’escrime. En vue à la troisième personne, les combats à l’épée s’avèrent de piètre qualité. Attaque, parade et accessoirement quelques combos pour relever légèrement la sauce, ne rendent pas les duels particulièrement intéressants.
Avant d’aller faire un tour sur la terre ferme voir si le gameplay s’affine un peu, il vous faudra de temps en temps prendre votre chaloupe et faire un petit slalom entre navires belliqueux et mines meurtrières avant d’atteindre la plage salvatrice. Le jeu possède un déroulement linéaire et scripté. On enchaîne des missions assez courtes aux objectifs précis et au périmètre d’action restreint. Pas de liberté dans TTT : on fait ce que l’on nous dit de faire, et cela est indiqué très clairement à l’écran. Au milieu de cela, des chargements à n’en plus finir et des cut scenes dont on se passerait bien.
Arrivé à terre, la donne demeure peu réjouissante. Espaces bornés et adversaires indolents rendent vos excursions pédestres aussi intéressantes qu’un épisode de Derrick. On avance, on tue, on se rend à tel endroit en 20 secondes pour voir la belle cinématique qui nous est réservée, et puis c’est tout. Les combats quant à eux restent très proches de ce que l’on a eu droit en mer en mode abordage. C’est limité et brouillon, on n’a guère envie de multiplier les victimes pour se faire de l’expérience - dont l’utilité reste au demeurant un mystère. Bref, ce n’est pas brillant.