Si vous naviguez dans le monde des jeux vidéo depuis assez longtemps, le nom de « Bard’s Tale » ne doit pas vous être étranger. Il faut dire que cela ne nous rajeunit pas. Avant la série des Baldur’s Gate, avant même la trilogie des Eye Of The Beholder, les amateurs de jeux de rôle et de Donjons et Dragons avaient des titres comme celui-là à se mettre sous la dent : une minuscule fenêtre affichait le décor, dans lequel on progressait en vue subjective mais en mode « case par case », avec des commandes textuelles et beaucoup de menus peu ragoûtants. Mais comme tout ce qui est vieux passe pour être bon, on dira que la série des Histoires du Barde (car il y en eut plus d’une) a eu son petit succès. A l’origine de celle-ci se trouve un homme dont le nom fait écho au panthéon des créateurs de jeux : Brian Fargo.
L’idée de sortir un remake du titre original paraissait cependant saugrenue. En effet, il s’agissait en gros d’un scénar classique chez les amateurs de donjons : un méchant sorcier à dégommer, terré au centre d’un donjon à piller. Pas de quoi fouetter un troll. Mais là se trouve l’astuce ! Présenté comme un remake du premier nommé, The Bard’s Tale nouvelle version n’a, en réalité, rien en commun avec celui-ci ! Ce n’est ni le même personnage, ni le même monde, ni la même intrigue… Et encore moins le même ton ! En gros, à part une licence qui donnera de bons souvenirs aux grands-pères du jeu vidéo, on se demande bien pourquoi avoir repêché ce titre plutôt qu’un autre… Peut-être était-il libre de droits ?
Alors que le premier Bard’s Tale se déroulait dans les Royaumes Oubliés, le nouveau déroulera son intrigue dans un archipel écossais au moyen âge. Mais une Ecosse alternative, où la magie a droit de cité et où les lutins et les fées existent réellement. Alors que le concept du barde n’était qu’un mot sans fondement dans le jeu de 1985, il est devenu primordial dans celui de 2005. En gros, le barde, c’est vous. En tant que tel, vous tentez de survivre dans ce monde en usant de vos principaux atouts : la séduction, la grivèlerie, le mensonge et le sens de l’humour. Ah, oui. Et la musique aussi. Enfin, pour ainsi dire. Mais procédons dans l’ordre, voulez-vous ?
Alors que vous vous retrouvez une nouvelle fois sans le sou, vous débarquez dans le petit village de Houton, où vous cherchez le gîte et le couvert. Vous entrez dans l’auberge du coin et on vous propose de vous occuper d’un rat dans la cave pour payer votre chambre et de quoi vous remplir la panse. « Cliché ! » direz-vous. Et vous aurez bien raison. Mais le jeu le dira pour vous. The Bard’s Tale est à prendre au second degré. Le personnage et le narrateur s’interpelleront de temps à autre, pour mettre certaines choses au point, comme dans le cas où, trucidant un loup, vous trouverez dans son estomac un rubis, une épée, une corne et une bourse pleine d’or : le narrateur s’offusquera du manque de logique de cette histoire alors que le barde sera heureux de s’en mettre plein les poches. Voilà pour le ton. En gros, cela ne vous fera rire que quelques heures, avant que le tout ne commence à vous agacer sérieusement.
Graphiquement, le jeu n’est pas moche du tout, mais il n’est pas extraordinaire non plus. Pour un titre récent, on peut clairement s’attendre à beaucoup mieux. De plus, l’interface est loin d’être commode. Tout d’abord, on ne voit le personnage que de haut, sauf dans les séquences cinématiques. On se croirait dans un Gauntlet, autre grand ancien. On peut certes zoomer un peu et faire pivoter la caméra de gauche à droite, mais c’est bien tout. Le pivotement n’étant pas automatique, il deviendra vital d’en jongler pour éviter de disparaître derrière des bâtiments. Peu commode. La navigation dans les menus d’action est fastidieuse, car il faut mémoriser les symboles représentatifs de chaque action. Au début, lorsque l’on a que peu d’options, ça va. Mais quand on a un « grimoire » bien rempli et quelques astuces à activer, on peut facilement s’y perdre.
Les combats sont plutôt orientés hack and slash, avec la petite note magique due à votre statut de barde. En gros, vous avez le pouvoir de faire apparaître des compagnons pour combattre à vos côtés ou à votre place. Compagnons que vous devez diriger à l’aide de quelques commandes accessibles via les menus tant décriés. Chaque sort étant un nouveau chant à apprendre. Parmi les 16 créatures à invoquer, vous pourrez en utiliser quatre en même temps. A vous de choisir lesquelles en fonction de leurs capacités propres. Pour le reste, l’exploration constituera l’essentiel de votre temps, avec la traditionnelle tuerie de monstres. Le vaste monde est loin d’être un espace de liberté. Même en forêt, vous vous déplacerez dans des couloirs plus ou moins larges où les créatures adverses auront une forte tendance à « repoper » à vive allure, dès que vous aurez le dos tourné. En gros, si vous vous rendez du point A au point B en tuant des loups, ces mêmes loups risquent fort d’être de retour lors de votre retour de B en A…
Autre chose agaçante : vous ramassez tout un tas d’objets sur vos ennemis, mais il vous est impossible de les utiliser, sauf dans les cas prévus par le scénario. Ainsi, les épées, arcs, flèches, vêtements et autres que laisseront tomber vos ennemis seront automatiquement convertis en pièces d’or. Ce alors qu’au début, un arc vous faciliterait bien les choses, même s’il appartenait à un vilain trog sanguinaire. Quant à l’histoire, elle se décompose en une quête principale et plusieurs quêtes secondaires, mais rien de très folichon là-dedans, il faut bien le dire. Chose utile, la direction à suivre pour la quête en cours apparaît sur votre boussole. De quoi éviter de vous perdre. Quoique. Savoir dans quel sens aller ne dit pas quels chemins prendre. Gare aux culs de sac ! Notez aussi que vous progresserez en niveaux en remplissant des objectifs et en tuant des monstres, ce qui vous permettra de personnaliser la progression de vos capacités.
Il vous sera bien entendu loisible de pénétrer dans certains bâtiments, mais vous découvrirez alors avec horreur qu'il y a un temps de chargement pour chacun d'eux, même lorsque les maisons ne comptent qu'une pièce dans laquelle il n'y a rien à faire. Autre détail... Vous pouvez choisir d'installer le jeu en version compacte ou en version complète. La compacte vous coûtera tout de même 2Go d'espace disque... Quant à la complète, ménagez-vous 8 Go !
En conclusion : The Bard’s Tale nouvelle version ressemble plus à un jeu très moyen utilisant l’autodérision pour couvrir ses défauts qu’un titre réellement pensé pour manier l’humour comme un barde sa lyre. Reste que les amateurs de hack and slash apprécieront sans doute, tout comme ceux qui ne jurent que par la fantasy dans les jeux. Mais les titres étant légion dans ce domaine, la concurrence sera rude pour notre pauvre barde…
Synthèse
Les Plus
Les Moins
- L'humour, même s'il est un peu potache et irritant sur le long terme.
- Un personnage cynique et narcissique comme on les aime.
- Des temps de chargement trop longs.
- Une interface à revoir.
- Des graphismes datés.
- La réapparition trop rapide des monstres.
- Impossibilité d'utiliser à ses propres fins les objets ramassés sur les corps.
Avis
déposé
le 07/10/2006 (12/20) :
jeu agréable, un ton toujours humoristique, beaux graphismes, maniement assez simple, bref plutôt réussi, MAIS :
1 - il est scandaleux que l'on puisse vendre en France des jeux en anglais sans que...
Avis
déposé
le 04/03/2006 (15/20) :
Bon allez ! Je m'y colle en premier !
Je l'ai acheté à petit prix, seulement pour ce prix il est en V.O donc en anglais !
Bon, le temps de me synchoniser avec la langue saxone, Bard's tale est...
Test du jeu sur console
Retrouver le test de The Bard’s Tale sur :
Ps2, Xbox.