Carmageddon 2 défie toutes les lois de la physique : prendre son élan 10 mètres avant le tremplin avec un semi-remorque et atterrir 100 mètres plus loin est un non-évènement presque banal. La solidité des véhicules est également un poil exagéré, histoire de ne pas finir le jeu en un quart d'heure. Ceci n'est pas sans entraîner quelques inconvénients : la maniabilité des véhicules est très particulière et nécessite un temps d'adaptation important : n'espérez pas passer un virage à 45° à fond de quatrième. Ensuite, les concurrents pour telle course sont choisis indifféremment du véhicule que vous conduisez. Pour un jeu qui a pour vocation de détruire les adversaires, il est assez dérangeant de devoir s'occuper d'un tracto-pelle lorsque l'on conduit un coupé sport. D'ailleurs, côté véhicules, on passera du buggy, (trop) fragile mais rapide, au camion de chantier 30 tonnes, sans oublier les semi-remorques, moissonneuses, avions, et j'en passe.
Différents environnements assez originaux nous sont proposés, comme le dépotoir, la station de ski, l'aéroport en heure de trafic, ou le silo nucléaire (entre autres). La petite dizaine de paysages à sillonner nous laisserons tout de même sur notre faim. Tous contiennent différent bonus à récupérer, pour améliorer cruellement le côté sadique du soft. Ceux-ci affecteront votre véhicule (Turbo, armure granit, suspension marmelade...), les adversaires (gel, rapidité..) ou encore les piétons (lance-flamme anti-zombie, zombie suicidaires, immortels ou géants...). Ces bonus ne durent qu'un temps limité (ou un nombre de coups limité). Il est également possible d'accumuler des bonus permanents pour le véhicule (armure, puissance du moteur et force). Au final, le moteur sera tellement boosté que les pentes à 75° ne vous feront plus peur. Les replays sont par ailleurs très bien pensés, puisque vous pouvez les activer au moment voulu. Ils ont également l'avantage d'être dynamiques : ainsi, plutôt qu'une banale vue arrière de votre véhicule, les caméras seront braquées sur votre victime quelques secondes avant le fauchage en règle, et ce dans l'angle de caméra le plus judicieux.
Le jeu est composé de 40 missions. 30 d'entre elles consistent à démolir tout le monde ou mener la course au checkpoint, avec un temps limité mais augmentable selon les dégâts causés ou les bonus récupérés. Au fur et à mesure de la progression, les adversaires seront de plus en plus coriaces. Les 10 missions restantes se déroulent malheureusement en temps limité (de 5 à 10 minutes en général). Il faudra par exemple y tuer des clowns machiavéliques, détruire un gros Komatsu échappé du chantier, et bien d'autres délires sadiques encore. Dommage que le temps soit limité, cette contrainte transforme ce qui aurait pu devenir des missions à défi sympa en calvaire frustrant et agaçant.
Enfin, une fois le jeu fini, vous aurez accès à tous les véhicules pour rejouer toutes les missions, allouant au soft une rejouabilité sympathique. Il est ainsi fort distrayant de revenir dans les premiers niveaux lorsque l'on possède un 35 tonnes. Les développeurs de Carmageddon2 auraient peut-être mieux fait d'oublier le mode multijoueurs : il n'est accessible qu'en réseau local (par câble), ne propose aucun concurrent dirigé par l’IA, ni aucun piéton. Mis à part la joie de massacrer un ami et de découvrir quelques nouveaux environnements plutôt rudimentaires, ce mode manque cruellement d'originalité et d'intérêt.