Sorti un an plus tôt, Brothers In Arms - Road To Hill 30 présentait le genre “first person shooter” de la deuxième Guerre Mondiale sous un angle nouveau. Les soldats gonflés à on ne sait quelle drogue qui prennent d’assaut toute l’armée allemande malgré un buffet criblé de balles, c’est terminé. Notez que, en y réfléchissant bien, ce n’a pas été souvent le cas non plus. De Medal Of Honor à Call Of Duty, vous n’avez jamais été totalement livré à vous-même et il vous a bien fallu compter sur vos frères d’armes à un moment ou à un autre. Seul Return To Castle Wolfenstein, qui utilise de toutes façons une réalité alternative pour cadre, jouait clairement le rôle du héros esseulé sur le champ de bataille. Mais les missions s’en trouvaient adaptées.
En gros, le principe de BIA était – et reste, soyez-en assurés – de donner un aspect tactique aux FPS classiques. En tant que sergent américain parachuté dans le nord de la France, vous allez devoir prendre des décisions sur le champ de bataille et utiliser au mieux vos compagnons d’infortune afin de prendre l’ennemi en défaut. Pour ce faire, un excellent système de commandes avait été étudié, et il est vrai un peu pompé sur Freedom Fighters, par exemple. Avec la seule souris, vous pouviez envoyer vos hommes à l’assaut, leur demander de se déplacer, de vous couvrir… Le reste étant à leur charge, c'est-à-dire viser et se tenir à couvert lorsqu’ils le peuvent.
Earned In Blood ne change rien à cela et se situe à mi-chemin entre l’add-on et la suite du premier. Tout d’abord, graphiquement, le jeu a été retravaillé, principalement au niveau des textures. Cela n’a rien d’impressionnant pour autant et il est clair que le but des développeurs n’a pas été d’en mettre plein la vue. Les décors oscillent entre le pauvre et le répétitif et comme le théâtre des opérations ne change pas (pas de digression vers l’Afrique, la Norvège ou les îles du Pacifique), on peut sans doute finir par se lasser. Mais il y a donc un léger mieux de ce point de vue.
Vous incarnez désormais Joe « Red » Hartsock. La campagne débute en flashback, alors que vous narrez votre arrivée en France à un supérieur hiérarchique. Cela a un côté intéressant pour la mise en scène mais aussi totalement absurde, puisque vous ne pouvez en théorie raconter cela que si vous vous en tirez. Or, il est probable que vous y restiez quelque fois avant d’en finir avec cette séquence. Bref, ne lapidons pas les introductions un peu originales. Parachuté en territoire ennemi, il va falloir trouver vos premiers compagnons. Après tout, on vous l’a dit : vous ne serez jamais seul longtemps.
Vous apprenez à vous déplacer, à tirer, puis à commander vos hommes. C’est la clé du système de Brothers In Arms et elle est sans grande faille, heureusement. Avec un clic droit de la souris sur le sol, vous envoyez vos compagnons se positionner là où vous l’indiquez. Un clic droit sur une cible, vous demandez à vos hommes de tirer. Si vous cliquez à nouveau, mais en mode « visée », vous lancez vos troupes à l’assaut d’une position ennemie. Assaut qui se soldera souvent par des pertes sèches, à moins que vous ne leur ayez facilité la tâche avant. De ce point de vue, cela tourne parfaitement et on a tôt fait de gérer cela comme un pro après une nécessaire adaptation. Les vieux réflexes de doom-liker vous revenant souvent en force dans les situations désespérées : « je ferai bien ça tout seul, ne vous dérangez pas pour moi ».
Les lieux même de la campagne rappelleront à ceux qui ont joué au premier épisode leurs propres actions, car ils sont par moments rigoureusement identiques. Vous ne jouez pas le même personnage et les missions seront différentes, mais elles se croiseront parfois. Un clin d’œil aux fans de la première heure, mais un manque évident de variété aussi. On a tendance à oublier, dans BIA, qu’il s’agit d’un conflit mondial. Mais qui sait ? Peut-être n’en est-on qu’au tout début de la série… Bref. Une fois dans le bain, vous comprendrez très vite qu’il devient vital de jouer la carte de la coopération. Si vous laissez vos compagnons bien cachés dans l’idée de tout faire tout seul, vous courez à la catastrophe. Les cartes ne sont pas grandes, mais étudiées de façon à proposer un défi tactique. Tirs de barrage, diversions, il faudra jongler avec les possibilités pour progresser. A ce propos, il vous est loisible de consulter à tout moment une carte tactique du théâtre des opérations. Utile pour trouver les itinéraires de délestage…
Les missions s’inscrivent dans le cadre préparatoire du débarquement et sont relativement crédibles d’un point de vue historique. Suffisamment variées pour éviter la répétition, mais pas des plus originales non plus. Par rapport au premier jeu, outre l’amélioration graphique et l’histoire différente, on notera aussi un bon en avant en ce qui concerne l’intelligence artificielle des ennemis. Dans le premier volet, les Allemands étaient très statiques, sûrs de leurs positions et peu désireux de les quitter. Ce qui vous facilitait la tâche, car vous pouviez rester des heures derrière un mur sans qu’il ne leur vienne l’idée de le contourner pour vous prendre à revers.
Désormais, si vous restez caché trop longtemps avec vos hommes, les adversaires n’hésiteront pas à se déplacer pour vous déloger, si toutefois vous constituez une menace. Cela, bien entendu, peut aussi servir votre cause en définitive, car la voie peut être dégagée par ce genre de diversion. L’intelligence artificielle de vos hommes est bonne, sans être révolutionnaire. Ainsi, si vous leur demandez de se tenir derrière des ballots de paille, ils s’accroupiront d’eux-mêmes pour éviter d’attirer l’attention. Si vous les faites passer à découvert pour rejoindre un abri, ils tireront vers l’adversaire tout en courant. Par contre, il leur sera impossible d’utiliser certaines armes comme des mitrailleuses statiques, de ramasser les fusils allemands (vous pouvez le faire)…
En parlant de ramasser des armes… Vous ne pouvez porter que deux armes sur vous. Ce qui est assez réaliste si l’on considère que ce sont des fusils. Pour les armes allemandes, vous pouvez vous approvisionner sur les cadavres ennemis. Mais pour recevoir des chargeurs des armes US, il vous faudra toujours aller ennuyer l’un de vos hommes. Ce qui est idiot, car ceux-ci disposent de réservoirs illimités alors que vous devez compter vos tirs. De même, on apprécierait de temps en temps la présence d’un médecin, car les tirs ennemis vous font mal. Très mal même. Ceci dit, le jeu, qui fonctionne par sauvegardes automatiques uniquement, vous propose de temps en temps de reprendre l’action après avoir été soigné. Une bonne idée, mais il aurait été plus simple d’inclure cela dans le cadre du jeu.
En ce qui concerne le son, il est tout simplement fantastique. Les tirs ennemis, la répartition 3D des appels et interpellations de vos hommes, l’ambiance naturelle… Tout concorde à vous intégrer parfaitement à l’univers du jeu. On appréciera surtout l’absence de musique durant les parties, car cela enlèverait tout son charme à la reconstitution. Celle présente dans l’intro et les menus est agréable à l’oreille, mais ne constitue assurément pas un critère d’achat.
L'un des parents pauvres du premier volet, à savoir le multijoueurs, a été copieusement amélioré et il existe désormais plusieurs façons de s'envoyer en l'air sur réseau : cartes spécifiques (dont certaines issues du premier épisode), paramétrage, missions coopératives... Il y a du travail pour des hommes décidés.
En gros, donc, Borthers In Arms – Earned In Blood est un excellent jeu consacré à la WW2, mais qui n’apporte pas grande chose de neuf par rapport au premier volet. Ceci explique sans doute pourquoi on ne l’a pas baptisé BIA 2. Les possesseurs du premier y regarderont à deux fois avant de s’en porter acquéreurs, mais s’ils ont aimé Road To Hill 30, il n’y a pas de raison qu’ils n’aiment pas Earned In Blood. Pour les autres, voici une nouvelle alternative aux Medal Of Honor et autres Call Of Duty, qui mérite toutefois d’être distingué par son approche nettement plus tactique.
Synthèse
Les Plus
Les Moins
- Un FPS qui prend la tactique en compte.
- Des missions bien intégrées dans le scénario.
- Le système de gestion des ordres.
- Une IA revue et corrigée.
- De nombreux modes multi.
- Bonne ambiance sonore.
- Encore un jeu sur la WW2.
- Pas des plus beaux.
- Les sauvegardes automatiques.
- Peu de variété dans les décors.
Démo permettant de jouer une mission solo, Close Quarters, et une mission en mode escarmouche, Last Stop, tant en solo qu'en multijoueurs (réseau local uniquement).
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Avis
déposé
le 07/08/2008 (18/20) :
Très bon jeu où vous dirigez une équipe et même à un moment un char puis 2 équipes, quelle responsabilité!! missions difficiles sans codes, avec: le jeu est vite fini évidemment!à Escarmouche les...