Bloodlines est un jeu à part. Différent. Pourquoi ? Parce qu’il fait partie de ces logiciels qu’il est impossible pour un testeur de catégoriser, référencer et classer comme il est facile de le faire pour tant d’autres jeux. Bloodlines, réalisé par les auteurs – il y a de cela quelques années déjà – de Redemption, est en effet un jeu particulier. Mais, une fois n’est pas coutume, le mélange des genres est une réussite, tant et si bien que l’ennui n’a que peu de chance de prendre le dessus une fois que vous serez dedans.
Pourtant, les pubs et autres teasers vantant l’usage du moteur d’HL² et tout un tas de caractéristiques aussi exceptionnelles qu’inédites avaient de quoi inquiéter. Car ces softs qui promettent avant leur sortie monts et merveilles mènent souvent à bien des déceptions. D’autant que Bloodlines, basé sur l’univers du JdR papier « Vampire – La Mascarade » comme son prédécesseur, est avant tout une ambiance, un univers, une histoire, bref une licence de qualité détenue par les concepteurs de White Wolf qui, vu le résultat, ont manifestement pris soin d’appliquer leur marque sur le soft.
Pour ceux qui, à l’époque du JdR susnommé, n’ont pas trempé dans cette ambiance, voici quelques explications. Et pour ceux qui n’étaient pas nés à l’époque, et bien passez votre chemin, car Bloodlines est clairement interdit au moins de 16 ans…
Dans Vampire (le JdR) vous évoluez dans un monde qui appartiendrait à un futur très proche, mais suffisamment éloigné pour que la société, dans son ensemble, ait sombré très franchement dans la décadence. Vous y incarnez un vampire, créature de la nuit moderne, n’ayant à craindre que la lumière du soleil, le feu ou un gros fusil à pompe sur la tempe. Je dis moderne, car dans le jeu (papier comme le soft, vous suivez ?) votre avatar n’est pas une bête féroce se cachant de tous (enfin, ça dépend) mais un être à l’aspect humain, usant de séduction et de manipulation et se nourrissant de ses victimes sans pour autant les tuer.
Un vampire se raccrochant à ce qui lui reste d’humanité, mais prêt à déchaîner contre ses adversaires toute la violence et la sauvagerie qu’il renferme si nécessaire.
Vous êtes donc sur le fil du rasoir : se nourrir, mais ne pas tuer de pauvres bougres qui n’ont rien à faire de vos histoires, maîtriser vos pouvoirs et votre véritable visage pour que les mortels continuent d'ignorer votre existence tout en luttant pour survivre et vous sortir des dangereux engrenages dans lesquels vous allez nécessairement mettre les doigts.
Si cette idée est assez facile à retranscrire dans un JdR papier par l’entremise d’un MJ compétent, j’avoue que j’étais dubitatif sur la capacité des développeurs à faire de même dans leur soft. Mais ils l’ont fait, et à merveille qui plus est.
Vous voilà donc, prédateur incognito dans les nuits de Los Angeles, à l’affût du danger, en quête de sang, de pouvoir et d’un plus gros flingue. Moderne j’ai dit.
On va tout de suite calmer les esprits : en dépit des pubs et du fait que le soft utilise réellement le moteur de Valve, Bloodlines n’est graphiquement pas comparable à HL². Les graphismes sont nettement moins beaux, mais ils ont le mérite de correspondre à cette ambiance nocturne et décadente à laquelle on s’attend. J’ai bien rencontré ça et là quelques bugs de textures ou de collision, mais ils ne sont ni légion ni gênants, à part les escaliers qui donnent une impression… étrange quand on les monte ou qu’on les descend. Bref, les graphismes ne sont pas sidérants, mais ils restent de bonne qualité (notamment en ce qui concerne les animations des personnages avec lesquels on discute).
La bande-son, du point de vue musique est de qualité : dans la rue, une musique s’attache à retransmettre l’ambiance du quartier dans lequel on se trouve. Dans les bâtiments, elle sait se faire calme, lancinante, stressante ou défoulante (dans les night-clubs notamment), bref toujours adaptée à l’ambiance. Les effets sonores, quant à eux, sont assez sympas, que ce soit les voix (en anglais uniquement), les armes ou l’ensemble des ambiances sonores mises en place dans chaque lieu pour renforcer l’immersion.
Le gameplay est un atout de poids du jeu : selon votre clan (choisi au début, non modifiable), les choix de développement de votre personnage que vous ferez (vous accumulez des points d’XP et les distribuez à votre guise dans la vingtaine de compétence ou caractéristiques disponibles) et votre style de jeu, vous ne ferez jamais deux fois la même partie. Chaque clan a ses spécificités, chaque joueur sa manière d’aborder un problème. Le plaisir est donc sans cesse renouvelé, chose rare s’il en est.
Bloodlines étant avant tout un RPG, vous aurez de nombreuses discussions avec des PNJ aussi colorés qu’atypiques, si bien que chacun d’eux nécessite, dans le dialogue, une approche particulière si vous voulez lui soutirer quelque chose (infos, missions, argent, intestins, etc…).
Le jeu, pour ce qui est de l’histoire principale, est assez linéaire, mais chacun des quartiers que vous aurez à explorer sera une occasion de rencontres diverses et variées qui conduiront systématiquement à des missions annexes loin d’être obligatoires, que vous pourrez régler autrement que par la force (à vous de voir), et qui seront toujours intéressantes pour ce qui est d’accumuler de l’XP. En effet, les points ne s’acquièrent qu’à travers l’accomplissement des quêtes et votre manière de le faire.
Si à toutes ces bonnes choses vous rajoutez une durée de vie convenable (environ 20 heures, selon les quêtes annexes que vous accomplirez) et une rejouabilité élevée (notamment si vous choisissez de changer de clan), alors vous comprendrez que ce jeu mérite bien des éloges.
Hélas, trois fois hélas, tout est loin d’aller pour le mieux dans le meilleur des mondes… Car soyons clairs : Bloodlines ne fonctionnera correctement sur votre bécane que :
- si vous avez un matériel correct
- si vous installez le patch 1.2
- si vous installez le jeu en anglais !
Allez savoir pourquoi, installer le jeu en français (VO sous-titrée français pour être précis), conduit à un soft tellement buggé qu’il en devient injouable. En revanche, le choix de la langue anglaise le rend presque stable.
Sachant qu’à cette heure Troïka (le développeur) est mort et enterré, n’attendez aucun support. C’est tout à fait regrettable, mais j’ai depuis longtemps abandonné l’espoir de comprendre pourquoi on s’acharne à nous vendre des softs aussi instables, surtout à ces prix-là. Cependant, comme je l’ai dit, si l’anglais moderne (et trash !) ne vous rebute pas, alors lancez-vous, car vous aurez tout de même entre les mains un produit de qualité.
Synthèse
Les Plus
Les Moins
- ambiance unique
- gameplay original et varié
- durée de vie correcte
- ambiance sonore immersive
- multiplicité des quêtes annexes
- scénario bien ficelé
- charisme des différents PNJ
- dialogues riches et toujours différents selon votre perso
- système de progression du personnage
- difficulté bien dosée
- des armes… mais pas au point de vous transformer en bulldozer
- obligation d’installer le jeu en anglais pour qu’il soit stable
- obligation d’installer le patch 1.2
- config musclée requise
- bugs divers et variés
- quelques ralentissements
- des graphismes qui tirent mal parti du moteur d’HL²
Avis
déposé
le 05/06/2008 (18/20) :
Ce jeu est génial...c'est le meilleur jeu de rôle que j'ai connue....
Les personnages sont originaux,le décor me plait...les conversations sont par contre à revoir.. je pense....
Ps:je suis pas...
Avis
déposé
le 22/02/2008 (16/20) :
Excellent.
Au début, on craque à cause des bugs, de la lenteur des chargements, de la linéarité des quêtes, de la petitesse des décors, etc... Il faut vraiment patcher ce jeu.
Mais quel jeu propose...
Avis
de
grosgeorge
le 22/11/2007 (18/20) :
un scénario excellent qui se ramollit vers la fin (une demi heure de combat inutile) mais on ne peut en vouloir aux concepteur car ils ont du sortir le jeu en avance . malgré cela merci aux fan pour...