Amis nostalgiques adeptes du "c'était mieux avant", vous pouvez une nouvelle fois répéter ce slogan. Eh oui, Larry ce n'est plus ce que c'était. Effectivement, comme on pouvait s'en douter et le craindre, le jeu a radicalement changé de genre, ce n'est plus un jeu d'aventure, mais un jeu d'aventureS ! Le principe obsessionnel de collectionner les conquêtes, et butiner d'une donzelle à l'autre n'est pas nouveau dans les jeux de Larry, mais cette fois, il est l'unique finalité, l'aventure ayant disparu en même temps que son créateur Al Lowe. Plus de point and click, pas d'objets à récolter et surtout, l'action l'emporte sur la réflexion.
Larry Laffer a traversé les dernières décennies et revient dans le troisième millénaire avec ce Leisure Suit Larry 8: Magna Cum Laude. Cette fois il a cédé la place à son cousin Larry Loveage. Commençons là où le jeu débute. L'action se passe dans un campus, l'endroit idéal pour rencontrer des demoiselles charmantes, d'autant qu'une émission télévisée de rencontre "swingles" (version contemporaine de tournez manège) s'est installée sur le campus, et Larry veut être l'heureux élu qui pourra choisir entre trois pulpeuses déesses. Le héros se croit également irrésistible, il est jeune donc encore plus naïf et crédule. Son Oncle Larry l'aide les premières minutes du jeu: vous allez donc séduire votre première future victime, une cow-girl. Jusque là, un sourire béat de léger plaisir nous accompagne, puis commence un petit jeu dans lequel vous devez guider un jeune spermatozoïde... une sorte de métaphore et de mise en abîme de Larry lui-même, pour ceux d'entre vous ayant un doctorat de psychologie ou une licence de philo. Cela ne nous gène pas, cela s'inscrit bien dans l'esprit et l'univers des Larry, sauf que, à ce mini jeu succède un autre, puis un autre et encore jusqu'à arriver au moment crucial de conclure avec Sally Mae.
Et là, deuxième surprise, le jeu est fortement conseillé aux majeurs, on se demande bien pourquoi, alors que même Janet Jackson a dévoilé plus de son anatomie que Sally Mae. On se dit que c'est un avant goût, puis une deuxième gazelle se présente, on recommence la phase d'approche, et on l'accroche toujours en s'aidant de notre téléphone, ah la modernité... Et les même mini jeux reviennent, celui déjà décrit, mais aussi le célèbre jeu des universités américaines, où il faut mettre une pièce dans un verre pour faire boire sa camarade jusqu'au moment où elle abandonne toute défense et est donc fin prête à accepter de faire un TP de sciences naturelles, car pas trop consciente de ce qui se passe. Le problème c'est que la personne la plus saoulée n'est pas cette jeune fille ou Larry, mais bien le joueur. Ainsi un certain nombre pourra rapidement abandonner et arrêter prématurément le jeu. Car ce Larry se résume en une succession de mini jeux, tous aussi régressifs et d'un goût très potache voire même parfois douteux. Le charme de la série des Larry était de s'amuser avec le sexe de manière subtile, par toutes les situations incongrues possibles, les doubles sens ambigus, etc... Il n'en est rien dans cet épisode, le langage est plus cru et moins subtil, et c'est sans doute cela qui explique que le jeu est fortement conseillé aux majeurs (et encore, c'est contestable: le jeu pourrait très bien être interdit aux plus de 18 ans)!
Par souci professionnel afin de faire un test complet et objectif j'ai continué l'aventure. L'avantage d'un campus c'est qu'il y a forcément beaucoup de filles donc beaucoup de choix, c'est donc un peu la foire à la bonne chaire et aux jolies formes. Amies féministes, levez vos boucliers! Ainsi chacune sera à la limite de la caricature: vous retrouverez la pom-pom girl, la militante défendant la veuve et l'orphelin et le droit des animaux, l'intellectuelle coincée qui se révèle bien sur tout autre pendant le moment crucial, la rebelle rockeuse dans l' âme, et même votre professeur qui va vous montrer ce que sont vraiment les sciences naturelles, j'en passe et des meilleurs notamment une espionne russe. Le principe est répétitif et immuable: des mini jeux souvent les mêmes à enchaîner, puis, après l'effort, le réconfort (limité puisque les cinématiques finales sont souvent décevantes).
Je suis sur qu'à la lecture de ce test vous êtes déçus ou en tout cas sans trop d'espoirs sur ce jeu, et pourtant, le plus étonnant c'est que si Larry 8: Magna Cum Laude a tout pour décevoir, on se surprend tout de même a continuer. En effet, le jeu fonctionne pour une bonne et simple raison: il sollicite justement ce côté potache et bon enfant, ce côté primaire, maladroit, libidineux mais jamais méchant ou méprisant, c'est ainsi d'ailleurs que Larry arrivera a ses fins. On apprécie de revenir au premier degré tout en côtoyant un second degré notamment dans les dialogues. Les graphismes sont assez jolis d'autant que composés de nombreuses cut-scènes, donc en haute résolution. L'humour fait parfois mouche, comme quand vous séduisez une Italienne et que son père vous poursuit après, au point de racheter une station de radio pour vous harceler. On ne regrettera pas d'y avoir joué pour un moment culminant. Non pas pour une scène torride, même si ça devient un peu plus coquin à la fin (assez soft tout de même), mais pour un clin d'œil à Grease, avec une parodie de tell me more transposée dans un bar gay. Ainsi Larry habillé en cuir avec la parfaite panoplie d'un village people se met à chanter et a danser pour raconter ses déboires amoureux avec l'ex intello coincée devenue lesbienne. Et nous profitons de cette scène jubilatoire, même pour ceux n'ayant pas vu le film, tellement cette musique est connue.
Malheureusement le plaisir est inconstant, et parfois on s'ennuie. On a même l'impression que le jeu a surtout été fait pour les créateurs eux-mêmes, qu'ils ont mis leur humour, ce qu'ils avaient envie de voir et ainsi le joueur est un peu oublié et laissé pour compte. Erreur de leur part car ils iront voir ailleurs. On regrettera également que le jeu ait perdu son charme. Ainsi, même sans Al Lowe, le jeu aurait pu être vraiment agréable s'il avait été plus personnel. Cela sens le coup commercial, pas étonnant puisque édité par Vivendi. Mettre de la fesse pour allécher le client, et puis le fourvoyer, puisque si le jeu parle beaucoup plus de sexe, il est pourtant paradoxalement beaucoup plus puritain et sage. Le héros lui-même est beaucoup moins cynique, et le jeu perd beaucoup dans sa dimension jubilatoire qui ajoutait beaucoup de charme au jeu. Je ne vous le déconseillerais pas pour autant, car c'est un passe temps appréciable. Mais je pense que vous préféreriez passer du temps avec des demoiselles en chair et en os, et pas juste avec des filles en pixels. D'ailleurs, on m'appelle car je suis devenu irrésistible, et je vais devoir arrêter le test pour ne pas les décevoir.
Merci à Vincent Murphy, rédacteur du site Univers-Aventure.com, un site consacré aux jeux d'aventure pour ce test.
Synthèse
Les Plus
Les Moins
- Des graphismes soignées
- Des dialogues crus et comiques
- Pas du tout fidèle à la série des Larry
- Mini-jeux répétitifs et débilitants
- Ambiance parfois régressive, et peu sexy finalement
Cette version de démonstration vous offre un premier aperçu du jeu, avec notamment un jeu d'avions en papier ou encore une petite discussion avec Sally Mae.
kikoo
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Avis
déposé
le 31/05/2005 (7/20) :
Ben je vient de le finir et je dois avouer que je suis assez d'accord avec la critique. En fait je venais de me refaire complétement larry 7 juste avant d'attaquer celui-ci et grosse déception ! j'ai...
Avis
de
Nikki Wade
le 11/02/2005 (8/20) :
Je suis très déçue du jeu. Je le classerais plus dans arcade que aventure. Conseil: ne dépensez pas votre argent pour Larry à moins d'être vraiment un fanatique. Je m'ennuie des autres versions, au...
Avis
déposé
le 16/01/2005 (5/20) :
Beau graphique mais c'est tout , rien à comparer avec les versions précédentes du jeu , qui étaient selon moi beaucoup plus amusante .
Le principe du mini-jeu pour avancer dans l'aventure devient...
Avis
déposé
le 30/11/2004 (15/20) :
Jeu assez simple dans l'ensemble, a part quelques missions aux niveaux bien plus élevés. Le tout ne demande pas une grande réflexion, et est assez répétitif! Mais l'univers et ses dialogues sont très...