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| TOM'S GAMES > TESTS > Tony Tough and the Night of Roasted Moths | ||
Test Tony Tough and the Night of Roasted Moths |
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Vous vous souvenez de Droopi ? Ce chien aux oreilles tombantes et à l’air constamment blasé ? Et bien imaginez un croisement subtil entre ce Droopi et Woody Allen et vous obtiendrez Tony Tough, petit détective privé qui mène d’obscures recherches sur un mal qui ronge le monde dans l’ignorance générale. Opérant au fin fond d’un bureau crasseux, le brave Tony rassemble depuis dix ans les preuves d’une invasion extraterrestre imminente.
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Techniquement, Tony Tough a dix ans de retard. A la décharge des développeurs, argumentons que le jeu a vu le jour hors de nos frontières en l’an de grâce 2000, mais bon, même pour ce début de nouveau millénaire, le titre passait déjà pour un soft oldschool. Les graphismes affichés en 800 par 600 proposent une 2D un poil trop pixellisée même après le passage de l’anti-aliasing. Un point bien regrettable qui n’empêche en rien les décors de s’affranchir de toute notion d’architecture, l’allure générale puisant son inspiration du côté de Day of the Tentacle pour adopter un style très cartoon. Les plus anciens joueurs d’aventure regarderont ce titre avec une nostalgie bienveillante, certains ne se feront jamais à cet aspect vieillot qui pourtant colle parfaitement avec l’ambiance privé/années 50. Ceux qui parviendront à passer le cap crucial du graphisme découvriront un jeu riche en dialogues et en personnages hauts en couleur, un jeu qui de plus, tourne à merveille sur n’importe quelle machine. Il faut dire que la 2D n’est pas ce qui se fait de plus lourd en matière de calcul processeur, mais elle permet surtout de faire un usage parfait du système point & click sous sa forme la plus pure. L’interface est rigoureusement identique à celles de Full Throttle ou de Monkey Island 3. Entièrement graphique, elle ne nécessite pas même deux minutes de temps d’adaptation et permet de rentrer dans le jeu sans préambule. N’en déplaise aux partisans des traductions intégrales, les voix de Tony Tough sont en anglais. Il faut dire aussi que Focus a découvert avec Runaway une communauté prête à tous les sacrifices pour obtenir un des jeux d’aventure en 2D, aussi l’éditeur s’est-il empressé de faire traduire textuellement le jeu. L’occasion est belle d’apprécier la voix nasillarde d’un héros qui mange ses mots, ajoutant encore un peu de crédibilité à son attitude blasée qui remplit tous les critères pour en faire un personnage au charisme culte. Reste qu’il ne faut pas confondre vitesse et précipitation et que dans les faits, les dialogues du jeu ne manquent pas de fautes d’orthographes qui entachent un tantinet le plaisir de jeu. | |||||||||||
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On peut jouer à Tony Tough et en apprécier l’humour sans posséder aucune culture de base du jeu d’aventure, néanmoins se lancer ainsi dans l’histoire serait se priver des nombreux hommages faits aux jeux Lucas Arts de la grande époque du genre. On peut en vrac citer la présence du tentacule pourpre qui menaçait le monde dans Day of the Tentacle (LA source d’inspiration de Tony Tough), jeu dont ProGraph a ouvertement copié le design de ses buissons et même celui de son protagoniste qui est en fait un mini Bernard Bernoulli. On peut également mentionner les références au « poulet avec une poulie à l’intérieur » et aux pirates délaissant la mer de Monkey Island, la fête foraine elle même tout droit sortie de Sam & Max qui est également le lieu privilégié de la fin des tribulations de Guybrush Threepwood… Les références ne manquent pas, et à cette lumière la réalisation oldschool apparaît alors comme l’hommage ultime d’un style qui a gouverné un genre pendant douze années. Tout comme les jeux Lucas Arts, Tony Tough se dote de personnages atypiques. Condamné à mener son enquête dans une fête foraine, Tony est entouré d’une véritable troupe de cirque. On croise de tout en cherchant le chien du détective, une femme à barbe en mal d’amour, un pirate désespéré d’avoir endurci son cœur au point de ne plus pleurer, une bête de foire amatrice de philosophie, un clown dépressif qui ne supporte pas la moquerie, un marin ayant le mal de mer sur la terre ferme (le mal de terre ?)… Rien ne manquait à cette fête foraine si ce n’est peut-être un détective raté. Entendre l’histoire de chacun de ses personnages est un véritable plaisir et les dialogues réservent au joueur des moments intenses de grand n’importe quoi, comme des discussions sur le C++ ou sur le plaisir de fumer. On peut juste déplorer certains commentaires du héros, qui font parfois étalage d’un humour un peu trop lourd. Par contre, il faut souligner le fantastique effort des développeurs pour varier les phrases genre : « je ne peux pas faire ça » que l’on a tendance à entendre si souvent dans un jeu d’aventure, qu’elles en deviennent exaspérantes. Ce n’est pas le cas ici, et les actions interdites au protagoniste donnent lieu à de très bonnes réflexions sur la condition du jeu d’aventure. | |||||||||||
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Pour ceux d’entre vous qui auraient réussi à lire ce test jusque là sans s’être jeté sur la note donnée au jeu, sachez que si bon et inspiré soit-il Tony Tough souffre de quelques défauts trop gênants pour lui faire accéder au rang de jeu d’aventure incontournable, mais peu s’en est fallu qu’il soit excellent. Le problème majeur de ce jeu est sa durée de vie : l’aventure se résume peu ou proue à sortir de la fête foraine ce qui peut se faire en une dizaine d’heures pour un joueur aguerri… C’est un peu court. Par contre jouer dans un espace restreint rend le jeu dynamique, on ne perd pas une demi-heure pour se rendre sur le lieu d’une énigme, rien n’allonge artificiellement la durée de vie et ceux qui ragent devant les cinématiques abusives de certains jeux apprécieront l’enchaînement ininterrompu de l’histoire. L’aventurier occasionnel pour sa part souffrira sur quelques énigmes tirées par les cheveux, et ce même s’il est possible de choisir parmi deux niveaux de difficulté. Puis en conclusion insistons à nouveau sur ce point : tout bon que soit Tony Tough, sa réalisation graphique ne sera pas du goût de tous et en rebutera plus d’un. | ||||||
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Avec Tony Tough and the Night of the Roasted Moths, Focus Home Interactive livre à tous les fans des jeux Lucas Arts un titre de très bonne facture, truffé de références et d’humour déjanté auquel nuit seulement une durée de vie un brin faiblarde. Un bon jeu d’aventure agréable qui aurait sûrement trouvé sa place durant l’âge d’or du genre mais qui de nos jours paraît désuet à peine sortit en magasin. Un soft à réserver aux aventuriers en manque ou simplement curieux. |
Tony Tough est un jeu d'aventure tout bonnement anachronique. Derrière une réalisation de dix ans d'âge et un personnage attachant se cache une merveille d'humour qui lorgne ouvertement du côté de Day of the Tentacle. Un soft de qualité donc, malheureusement un peu trop court pour en faire un incontournable. |
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| Images Tony Tough and the Night of Roasted Moths | |||
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