Chaque adaptation de bandes dessinées en jeux vidéo fait débat. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’une série si célèbre que Thorgal. Les puristes chercheront chaque fois le minime et si terrible détail, cette chose qui cloche, ce cheveux de travers En quelques sortes, le moindre élément qui puisse être reproché. A côté d’eux, les joueurs. Ils se voient souvent frustrés par une adaptation d’univers qui prévaut sur les innovations techniques et graphiques, reléguées au second plan par les développeurs. Finalement, personne n’est content.
Lorsque germe en 2000 cette idée d’un jeu Thorgal chez les créateurs du studio Cryo, rien n’est gagné. On y réfléchit longuement, puis la décision est prise : acheter la licence, et se lancer. Les éditions Le Lombard, publiant la série album, finissent par suivre, tout comme les auteurs. L’idée, devient projet, et le projet se concrétise. Aujourd’hui, ce jeu, nous l’avons entre les mains.
Comment approcher ce type de production sans connaître les bandes dessinées qui l’ont inspirées ? Pour ceux qui ont malheureusement ce train de retard, il faut remettre les choses en place. Nous sommes en 1980, en plein boum de la bande dessinée franco-belge. Jean Van Hamme et Grzegorz Rosinski s’engagent ensemble dans l’aventure de Thorgal. L’un à la plume, l’autre au crayon, ils tracent tout deux la vie du viking Thorgal Aegirsson. Entre mers, îles et falaises, à la rencontre de guerriers et de magiciens. Dans un univers de légende où la réalité flirte avec le fantastique. Une série qui dès le début sent la succession de péripéties, les quêtes insurmontables, le héros charismatique. Vingt huit tomes et presque autant d’années plus tard, le périple n’a pas atteint sa fin. Ses créateurs ont vu naître quelques rides, scénario et dessin se sont posés et affinés. Les lecteurs, encore et toujours, en redemandent. Un succès qui aura été le premier moteur de cette adaptation, une adaptation qui sait se faire respectueuse de cet univers et du travail des auteurs.
Un scénario bien ficelé
Aucun hurlement, pas même une huée. Détracteurs, patientez. On ne peut juger le jeu vidéo Thorgal, sans l’avoir terminé. Comme dans chacune des bandes dessinées, tout repose avant tout sur un scénario. Ce tronc autour duquel poussera l’écorce, les branches, puis les feuilles du graphisme. Ici, tout se révèle assez simple. Notre héros se loge dans un petit village de la côte, chez un chef et ami. En cet instant, la tempête se décide à éclater. Toute navigation se révèle bien vite impossible. Thorgal n’a plus qu’à attendre l’accalmie, s’il veut rejoindre les siens. Mais le temps presse. Noral, un sage fatigué par les âges, se fait porteur d’un inquiétant message. « Regarde dans le miroir Thorgal, et vois l’avenir possible. » On ne refuse pas cela à un devin. Au contraire, on s’exécute. C’est ainsi que le guerrier va avoir une terrifiante vision, celle d’un après midi de juin ensoleillé, où son fils il tuera. Comment ? Pourquoi ? C’est pour empêcher ce crime du destin qu’il n’ose imaginer, que Thorgal va s’élancer au cœur de l’île, la traverser pour atteindre son autre extrémité, préservée elle de la tempête. De là, il pourra prendre la mer, gagner sa maison, et sauver il l’espère son enfant.
Un enchaînement prenant de péripéties, ponctué de nombreux rebondissement, et d’une chute surprenante.
Maîtrise facile, pour un véritable jeu d'aventure
Jeu d’aventure avant tout, Thorgal fonctionne en point & click, une façon aisée pour chacun de faire évoluer le personnage. Bien loin de l’action qu’aurait tendance à évoquer son packshot, Thorgal est avant tout un jeu de réflexion dans lequel rien ne devra vous échapper. Chaque détail a sa raison d’être et son utilité. Vous apprendrez bien vite à aiguiser votre œil, à être constamment à l’affût. Lorsque combat il y a, c’est encore l’ingéniosité qui prime. Thorgal a pour morale d’éviter autant que possible de frapper mortellement ou même de blesser gravement ses ennemis. Usez alors de ce qui vous entoure, pour assommer, détourner l’attention, etc. Un jeu dans lequel vous ne verrez donc aucune scène sanglante, sans pour autant le rendre gentillet, une manière de séduire un public des plus jeunes aux plus âgés. La réflexion prévaut ainsi sur la qualité technique du joueur. Une fois la clé découverte, il vous sera aisé de solutionner le problème.
Le point & click s’accompagne d’une interface claire. Un menu d’ouverture simple, et à l’intérieur du jeu des touches clé de sauvegarde et d’arrêt. Tout pour faciliter l’appropriation et nous permettre de nous concentrer essentiellement sur l’intrigue.
Entre 3D et planches originales
Au delà d’un scénario finement conçu, l’aspect graphique est primordial. C’est lui qui détermine à la fois la satisfaction des fans de la bande dessinée, mais aussi celle de chaque joueur aimant évoluer dans une atmosphère suffisamment esthétique. Là où certains jeux d’aventure opte pour des graphismes classiques voire simpliste, assurant d’ailleurs une légèreté de chargement et d’évolution, les concepteurs de Thorgal ont tout de même choisi de composer intégralement les décors en 3D. Le personnage papier est ainsi visible sous tous les angles, renaissant différemment à nos yeux. Différent mais pas perdant, Thorgal gagne à cette conceptualisation. Les lignes sont fluides, loin de toute caricature de décors à la géométrie flagrante. La caméra figée facilite sur ce point la tâche des développeurs.
Pour ne pas couper tout lien avec l’univers originel de Thorgal, chaque palier de jeu possède une transition en bande dessinée, de très beau crayonné noir et blanc réalisé par le dessinateur de la série. Celui-ci a été nommé directeur artistique sur le jeu, et a même produit sept planches originales servant de véritable livre de bord du joueur et retraçant le parcours déjà accomplit. En quelque sorte, une synthèse en bande dessinée du périple que vous accomplissez, se dévoilant au fil de votre progression. On remarquera aussi dans de nombreuses ambiances de jeu, ainsi que dans de multiples objets et personnages, le trait fin de Rosinski. Un auteur qui aura pu s’impliquer dans le projet, pour un rendu qui n’en est que largement meilleur.
Avis
déposé
le 14/11/2007 (14/20) :
Un jeu ancien que j'ai trouvé récemment à bon prix et que j'ai essayé étant fan de la série Thorgal.
Les graphismes sont bons compte tenu de l'âge de ce jeu (2002) et l'ambiance de la série est...
Avis
déposé
le 29/06/2007 (15/20) :
Je suis un grand fan de la série Thorgal et est trouvé récemment cette adaptation. Très sceptique en le voyant, je fut presque agréablement surpris.
Le scénario tient la route et respecte l'esprit...
Avis
déposé
le 31/07/2006 (13/20) :
jeux sympas mais il est relativement lent (déplacement des personnages, action...).
je ne l'ai continué que parce que j'aime enormément la bande dessinée... je dois le stoper régulièrement car il...
Avis
déposé
le 04/01/2004 (4/20) :
Buggé à mort du début à la fin. Jeu trop court.Profonds regrets d'avoir dépensé de l'argent pour ce jeu