Dans les limbes de la communauté des hardcore gamers, vous rencontrerez parfois des gens étranges, un perpétuel sourire leur déchirant le visage, les yeux cernés de n’avoir pas assez dormi mais pourtant, le regard en éveil, guettant chaque mouvement et animé d’une lumière qui reflète un bonheur diffus mais total. A n’en pas douter, ce sont-là des joueurs de SWOS. Oh, rassurez-vous, ce n’est pas bien grave et le mal est en voie de disparition. SWOS. Quatre initiales qui font trembler la voix, la plume et le clavier sur le ton de la légende. S pour Sensible, W pour World, O pour Of et S, encore, pour Soccer. Sensible World Of Soccer, c’est une page d’histoire que l’on ne tourne qu’avec nostalgie dans le grand livre de l’infoludique et que l’on revient consulter, une lampe de poche à la main lorsque tombe la nuit, comme un grimoire à l’index ou un illustré dissimulé sous le lit des parents.
Les fans de foot sur ordinateur qui ont passé le quart de siècle s’en souviennent encore. De petits personnages de six ou sept pixels, aux gros yeux globuleux, à la tête disproportionnée, aux mimiques timides. Des terrains variés sur lesquels passait, avant chaque rencontre, un tondeur fou et que parfois, la pluie arrosait copieusement, les rendant glissants. Un ballon qui n’avait de rond que le symbole, des tribunes en délire, un commentateur qui a passé ses plus belles années à écouter les sketches de Mr Bean… Toute une imagerie que certains espéraient faire oublier à grands renforts de cartes 3D, de visages modélisés, de foules interactives, de ballons sponsorisés, de commentateurs dédoublés…
Sensible World Of Soccer a été le jeu de toute une génération de joueurs, qui ne retrouvent plus dans les logiciels d’aujourd’hui le même esprit, le même enthousiasme qu’alors. Avant d’avancer des arguments aussi mesquins que : « c’est vieux, c’est moche », jetons ensemble un petit coup d’œil aux statistiques. Nombre de joueurs : 23000 (en comparaison, FIFA 2004 se réjouit d’en annoncer 10.000). Nombre de compétitions : 144 (tous les championnats classiques, bien sûr, mais aussi exotiques : Chypre, Malte, Saint-Marin, Islande, Japon, Corée du Sud, Afrique du Sud, Colombie, Pays de Galles… Sans compter les compétitions internationales, en nombre également. Dans certains pays, on peut même descendre jusqu’en quatrième division…). Nombre de clubs : 1400. Vous l’aurez compris, SWOS bat tous les records. Bien entendu, rétorquerez-vous, un joueur de sept pixels qui ne se distingue que par sa couleur de peau et de cheveux est stocké plus facilement qu’un amas de polygones au visage personnalisé. Certes. Mais on n’est pas raciste, chez nous. On aime autant les pixels que les polygones. Non mais.
Enfin, parlons du jeu. Le point fort de SWOS est sa jouabilité. Plus le personnage (défini par quelques caractéristiques) est doué, plus facilement le ballon lui collera au pied ; plus précis seront ses tirs, grande sa vitesse, etc… La vision du terrain (un tiers de terrain vu de haut) permet de combiner facilement, sans qu’il soit besoin d’un radar pour repérer les équipiers. De superbes actions en combinaison sont possibles avec une simple touche de tir et les quatre directionnelles. Autre chose que FIFA… Passe ou tir ? Plus vous appuyez, plus fort ce sera. Simple comme bonjour. Et que dire du mode carrière ?
Pendant vingt ans, vous en aurez du chemin à parcourir. Débutez avec, par exemple, un club français de D2. Vous montez en D1, recevez une offre d’un club anglais de Premier League. Vous décrochez le titre et filez en Italie. Vous remportez la Ligue des Champions, restez quelques années puis recevez votre chance en équipe nationale française. Vous sélectionnez vos vingt gars et partez disputer la Coupe du Monde. Ca ne marche pas ? Vous êtes viré. Mais un club de D2 allemande fait appel à vous… C’est reparti ! Bien entendu, tout joueur est transférable pour une certaine somme… Les vôtre aussi, d’ailleurs… Et gare à ce que vos financez ne passent pas dans le rouge ! Bref, SWOS est le meilleur jeu de foot. Point à la ligne.
Synthèse
Les Plus
Les Moins
- Une jouabilité exemplaire.
- Une base de données impressionnante.
- Un éditeur facile d’emploi (à télécharger).
- Un mode carrière qui tient la route.
- Graphiquement… Voyez par vous-même.
- Certaines incompatibilités avec les PC modernes.
- Inhibe la concurrence.
Avis
déposé
le 09/11/2009 (20/20) :
Je m'ajoute au nombre de ceux qui pensaient être les seuls à avoir aimé et joué énormément à ce jeu!!
Mon premier jeu de manager de foot.
J'aimais aussi joué sur le terrain, avec des attaquants...
Avis
déposé
le 06/02/2006 (19/20) :
Quelle joie de voir que je ne suis pas le seul à voir dans certains jeux anciens de véritables chefs d'oeuvre dont SWOS fait partie. Car oui, un jeu ne s'évalue pas à la ressemblance des visages des...
Avis
déposé
le 22/01/2006 (20/20) :
C'est le jeu par excellence, celui qui m'a fait passé le plus de nuits blanches. Aujourd'hui les graphismes sont complètements dépassés, mais le mode de getion n'a jamais été égalé.
Ah si PES pouvait...
Avis
déposé
le 26/11/2004 (19/20) :
Le point manquant est le non-vieillisement des joueurs et leur valeur financière absolue ne bouge pas (un tocard reste un tocard)ce qui m'a permis quand même de couillonner pas mal de clubs exemple :...