Que tout le monde se rassure, il ne sera pas question du navet spatial avec Mat LeBlanc dans ce paragraphe, malgré ses quelques points communs indéniables avec Elite Force. Que vous ayez choisi un avatar masculin ou féminin, vous porterez le nom d’Alex Monroe. Oh, il y aura bien quelques dialogues ajustés en fonction du sexe mais rien de bien croustillant. De toute façon, la vie à bord du Voyager n’est pas vraiment amusante, surtout lorsque ce dernier finit dans un cimetière galactique peuplé de vaisseaux à la dérive, trop endommagé pour pouvoir repartir. D’après une source officieuse, le jeu aurait d’ailleurs du s’appeler « Star Trek Voyager : Elite Force, ou comment tomber en rade au milieu de nulle part après une course-poursuite avec vaisseau renégat dans les Badlands ». C’est le point de départ d’une quête insensée, celle de l’isodisium, matériau rare permettant de réparer une épave en deux coups de cuillère à pot. Et peut-être arriverez-vous à percer le secret de ce dépotoir de l’espace où viennent s’échouer des explorateurs de tout poil...
Ne croyez que cela va être de tout repos... pas le temps de s’ennuyer. Alliances entres races, trahisons, retournement de situation, défense de vaisseau, capture d’un membre de l’équipe... Si tout s’enchaîne de façon odieusement linéaire, on pourra parfois mettre notre grain de sel dans l’engrenage, en sauvant un ami destiné à se faire descendre par exemple. Ce sentiment de parcourir une succession de couloirs est renforcé par le découpage des niveaux en zones indépendantes. Impossible de revenir sur ses pas. Pas non plus de puzzle digne de ce nom pour ralentir notre inexorable progression. Heureusement, l’immersion reste assurée par d’excellentes musiques qui donnent un caractère épique ou inquiétant à l’action. Très agréable, une petite mission d’infiltration à bord d’un vaisseau pirate (Malons, Klingons & humains inside) pointera le bout de son nez au début de la campagne. Sommaire, déjà-vu, mais toujours bon à prendre. Il faut dire que la plupart du temps on mitraille des hordes entières d’ennemis du même type, alors un peu de finesse, c’est pas de refus. Ne faîtes pas les gros yeux, les gunfights sont parfaitement réussis, et les neuf armes avec tirs secondaires y sont pour quelque chose. Détail amusant, la première arme (le phaseur, doté de munitions illimitées) reste une des plus puissantes du jeu, exactement comme dans Painkiller.
Concernant les objectifs de mission, toute la marche à suivre vous sera expliquée par radio, ou tout simplement par vos équipiers. Ne jouons pas sur les sous-entendus, vous serez bel et bien accompagné en permanence par deux à cinq collègues. En plus de détendre l’atmosphère, la présence d’alliés dynamise fortement les combats. Dommage qu’on ne puisse pas leur donner d’ordres directs, mais il faut reconnaître que leur pathfinding est une réussite. Dans la bataille, ils se débrouillent bien mais pètent parfois une durite. Un peu trop fréquemment, il leur arrive de vous prendre délibérément pour cible jusqu’à ce que mort s’ensuive. Attention, imiter ce type de comportement vous mènera directement dans les geôles sur Voyager, petite cinématique à l’appui. Dans le même genre, une défaite contre les Borgs est synonyme d’« assimilation », c’est-à-dire que vous finirez robotisé dans l’armée d’en face. Terminons par un petit reproche sur le rythme, pas toujours très soutenu. Mais qui est donc l’imbécile qui a décrété qu’explorer des conduites d’aération était fun ?