Après avoir accouché en 2009 d'un Gratuitous Space Battles (GSB) aussi sympathique que légèrement hermétique, Positech Games récidive avec Gratuitous Tank Battles (GTB). Ne cherchez cependant pas de parenté entre les deux, car là ou GSB proposait de diriger une armada spatiale dans des combats tactiques de haute volée, GTB nous colle les pieds dans la boue à grands coups de tower defense mâtiné de STR.
Panzer und mechas
Avant de décortiquer plus en avant ce Gratuitous Tank Battles, faisons un petit point sur le contexte, même si ce dernier semble présent uniquement pour donner un semblant de cohérence à l'ensemble, et donner un prétexte à la campagne. Imaginez un monde dans lequel la grande guerre (14-18 pour ceux qui auraient sauté quelques cours d'histoire-géo) n'a jamais pris fin. En effet, dans cette uchronie, nos amis d'outre-rhin ont fièrement conservé leurs casques à pointes vissés sur leurs caboches, plongeant l'Europe dans une bataille sans fin depuis maintenant 200 années. 200 années durant lesquelles la Somme à vu s'affronter et tomber de valeureux hommes. 200 années durant lesquelles l'armement à aussi sensiblement évolué. Exit donc la cavalerie et les pétoires, et bonjour les fusils laser haute précision et les méchas derniers cris. Et une chose est certaine, le combat va prendre fin durant cet hiver 2114. Tout au long des sept missions que comporte la campagne, il sera donc possible de vivre les événements menant à la fin de ce conflit. Et si vous pensez que sept missions, c'est bien peu, et que terminer le jeu sera une promenade de santé, sachez que vous vous fourrez le doigt dans l'œil jusqu’à l’occiput, car non seulement le jeu est dur, mais il propose en plus une petite subtilité qui rallongera assurément la sauce.
Car voyez-vous, Gratuitous Tank Battles n'est pas un Tower Defense comme les autres. Bien évidemment, comme la plupart de ses congénères, le petit GTB propose de repousser des vagues d'adversaires empruntant des chemins prédéfinis, et ce, à grand renforts de tourelles et autres fantassins tapis dans des tranchées. Toujours comme ses petits camarades, GTB permet d'acheter diverses unités aux capacités variables (type d'attaque, de défense, cadence de tir, etc...) grâce aux deniers gagnés par l'élimination de la vermine ennemie. Néanmoins, plusieurs points diffèrent de la norme. A commencer par l'impossibilité d'améliorer ou de réparer ses unités. Autre différence, la variété des situations proposées dans les scénarios. Par exemple, les "chemins" par lesquels arriveront les troupes adverses offriront de nombreux embranchements, multipliant ainsi les possibilités, et obligeant à faire des choix cruciaux pour optimiser ses défenses. Il sera aussi possible d'affronter des troupes de nuit, ce qui obligera à enclencher le mode vision nocturne, permettant de mieux déceler les vagues d'envahisseurs, mais qui, en contrepartie, fera disparaître le plupart des informations à leur sujet.
Mais en dépit de ces légères différences, ce qui caractérise véritablement Gratuitous Tank Battle, c'est que pour la première fois, un tower defense permet de jouer l'attaque. Vous avez bien lu, ce sera à vous de définir les unités qui devront se lancer à l'assaut des défenses ennemies, de planifier les différentes vagues et leurs chemins. Pour ce faire, vous disposerez d'un revenu qui augmentera en continu durant la bataille (celle-ci se déroulant bien évidemment en temps limité, sinon cela serait trop facile), ainsi qu'un stock d'unités disponibles à l'achat, ce dernier se renouvelant périodiquement. Charge à vous de choisir les unités les plus à même de passer les défenses mises en place par l'IA, voir de leur coller une rouste permettant le passage d'unités faiblardes, mais riches en point de victoire, car comme dans tout bon tower defense, chaque unité ayant traversé la carte sans être détruite engrangera de précieux points permettant de déterminer l'issue du combat. Mais pour triompher de ce mode de jeu, il faudra s'accrocher, car l'IA défensive est une vrai plaie, qui trouvera toujours (ou presque) le défaut de votre cuirasse.























