Après un succès mitigé de Retour vers le Futur et Jurassic Park, Telltale Games s’attaque maintenant au comic de The Walking Dead créé par Robert Kirkman. Le studio a choisi de présenter dans ce point and click une histoire parallèle à la trame scénaristique des comics. Un choix judicieux et sûr si on veut éviter de spoiler ceux qui n’auraient pas encore succombé aux livres ou à la série, ou pire, se faire lyncher par les fans. En reprenant l’univers de la série à sa sauce, Telltale joue donc ici un véritable coup de poker. Il reste maintenant à savoir si le studio arrivera à nous bluffer.
Vers l'infini et l'Au-Delà
Bien que parallèle à l’histoire des comics, le premier épisode de The Walking Dead conserve des critères spécifiques qui le relient à la bande dessinée. Tout d’abord, le point de départ du jeu est Atlanta, la même ville dans laquelle se retrouvent les héros des comics. Le joueur incarne un homme nommé Lee. Assis à l’arrière d’une voiture de police ce dernier quitte la métropole pour être transféré en prison. Après un premier dialogue ayant pour but de familiariser le joueur avec le jeu, on apprend que Lee est sur le point d’être jugé pour meurtre. Rien ne nous dit si notre personnage principal est coupable ou non, le flou reste maintenu et le restera comme une histoire en arrière-plan ajoutant de la profondeur à notre personnage. Les choses commencent à se corser lorsque le policier percute un premier zombie et termine sa course au fond d’un ravin. C’est à cet instant précis que l’on doit s’accoutumer avec le côté action du jeu et tuer notre premier mort-vivant. Quelques instants plus tard nous rencontrons Clémentine, une petite fille de huit ans que Lee devra chaperonner pour sa survie. Ainsi au cours de notre périple on constatera une évolution de cette relation entre Lee et Clémentine mais aussi avec les autres personnages rencontrés au fil del’aventure. Et c’est là où Telltale Games réussi avec brio son adaptation de The Walking Dead. C’est en effet au joueur de décider quelles affinités il désire favoriser avec tel personnage, s’il juge nécessaire de lui mentir pour assurer ses arrières ou être sincère et prendre le risque d’être reconnu comme un dangereux fugitif. Le fait de se montrer loyal, d’approuver ou de dénigrer l’opinion d’un autre influence également l’idée que se font les gens de Lee.
En tant que point and click, The Walking Dead privilégie en effet la réflexion et les dialogues plutôt que l’action et les opérations coup de poing. Pendant les nombreuses interactions avec les autres personnages, on a donc à choisir différentes réponses qui sont censées avoir des conséquences sur le scénario. Je dis bien « censées » puisque pour l’instant et en l’espace d’un seul épisode, il est assez difficile de voir un réel impact scénaristique sur les réponses données pendant une conversation. Les choix aux répercussions les plus conséquentes se trouvent pendant les temps d’actions où il faudra par exemple décider de sauver tel ou tel personnage des zombies, au détriment de l’autre qui mourra forcément. En ce qui concerne les combats contre les morts-vivants, il n’y a rien de bien difficile puisqu’il faut se contenter de cliquer sur votre agresseur cannibale, comme dans un rail shooter. Ceci déclenchera une action de Lee, qu’il faudra répéter si besoin pour en venir à bout. The Walking Dead possède également son petit lot de QTE, ils ne sont là non plus pas bien compliqués puisque les touches restent les mêmes dans chaque cas de figure. Malgré cette apparente facilité, Telltale a su mettre dans ces scènes d’actions une tension que l’on ressent systématiquement, puisqu’elles sont à effectuer dans un temps imparti et requièrent une certaine rapidité.
The Walking Dead offre donc un gameplay relativement simple, mais qui reste efficace. En termes de scénario et de profondeur des personnages, on peut dire que c’est incroyablement réussi et que l’on se retrouve finalement pas si loin que ça de la bande dessinée. Il y aura forcément un personnage ou deux auquel on s’attachera, à commencer par la petite Clémentine qu’il faudra rassurer et épauler un bon nombre de fois. L’une des choses que l’on pourrait reprocher à ce premier épisode de The Walking Dead, c’est sa durée de vie. Même si la série est découpée en cinq épisodes succins, deux à trois heures pour une première partie peut paraître court au premier abord. Fort heureusement, seulement un mois sépare la sortie de chaque épisode, ce qui permet de ne pas rester sur sa faim trop longtemps. The Walking Dead a aussi le mérite de ne pas avoir un prix excessif, comptez 5€ pour chaque partie du jeu, soit un total de 25€ pour la saison complète. On a vu pire.
L’adaptation d’une série à succès comme The Walking Dead pour un petit studio comme Telltale (surtout après des jeux comme Jurassic Parc qui sont loins d’avoir fait l’unanimité) était vraiment un pari très, très risqué. Cependant les développeurs ont relevé le défi et offrent un résultat réussi, en tout cas pour ce premier épisode. Allant à l’encontre des jeux de zombies standards avec des gunfights jusqu’à ce que mort s’en suive, Telltale a su rester dans l’esprit de la bande dessinée en gardant ce côté social et interactif, mais aussi cet aspect angoissant tant apprécié. Ce premier épisode de The Walking Dead est donc de très bon augure pour la suite qui arrive ces prochains mois et qui devrait être à la hauteur de notre attente.
- Des choix différents qui permettent une rejouabilité
- La fidélité à l’univers de la bande dessinée
- Peu de challenge























