Alors que les joueurs croyaient en avoir fini avec le cas Duke Nukem Forever, Gearbox a choisi le mois de décembre pour mettre en ligne (et sans crier gare) un nouveau DLC pour le FPS dont ils ont hérité de 3D Realms. Et alors que le précédent pack paru n'offrait que du contenu multijoueur, Le Docteur qui m'a cloné propose, lui, une nouvelle campagne solo d'une étonnante qualité.
Retrouvailles inattendues
Le Docteur qui m'a cloné débute peu de temps après la fin de la campagne de Duke Nukem Forever. Notre cher héros bodybuildé se réveille attaché sur une chaise dans un laboratoire secret de la zone 51. Il apparaît très vite que le bourreau de Duke n'est autre que le Dr Proton, qu'il avait déjà affronté dans le tout premier jeu Duke Nukem. Spécialiste dans la fabrication de robots, ce dernier a un nouveau plan machiavélique en tête : construire une armée de clones de Duke afin de repousser la menace extraterrestre qui pointe à nouveau son nez, puis s'en servir pour dominer l'espèce humaine. Il va donc falloir vous enfoncer dans les profondeurs de la zone 51, visiter le centre de formation de vos clones, le mettre hors service, anéantir le méchant chercheur puis donner une bonne leçon aux aliens pour la énième fois. Au total, comptez cinq heures de jeu pour finir la campagne, détour par l'inévitable bar à hôtesses inclus.
Alors que Duke Nukem Forever nous offrait une campagne terriblement poussive et décousue, Le Docteur qui m'a cloné propose tout l'inverse. L'aventure est certes deux fois courte mais surtout deux fois plus rythmée et agréable. Contrairement à DNF où le scénario a été écrit à partir des niveaux existant recollés de façon à former un jeu, les développeurs de Triptych Games nous proposent une histoire originale beaucoup plus cohérente. Si l'on passe le plus clair de son temps à shooter des aliens ou des clones, les séquences d'énigmes, de plateforme ou de conduite sont toujours là mais cette fois ci par petites touches qui les rendent nettement plus supportables et même agréables. Seule ombre au tableau, les QTE n'ont pas disparu et il faut donc toujours défoncer la barre d'espace de son clavier pour ouvrir des portes ou battre certains ennemis. L'ambiance délirante et l'humour gras de Duke sont en tout cas distillés de bien meilleure manière que dans DNF. Le jeu est plus inventif dans ses situations avec des passages bien trouvés dans l'usine de clones ou en Duke miniature. Bref, cette nouvelle campagne est nettement plus prenante et plaisante que celle du jeu original qui ne suscitait au mieux que l'ennui.
En matière de réalisation, Le Docteur qui m'a cloné s'avère lui aussi plus satisfaisant que le jeu sorti en début d'année. On dénombre moins de bugs au cours de la progression et l'ensemble est mieux fini. Graphiquement, les environnements ont été modélisés avec plus de soin pour un rendu final plus agréable que dans DNF, malgré l'utilisation du même moteur qui n'est pas de première jeunesse (l'Unreal Engine 2 en l'occurrence). Fait remarquable pour un DLC, l'ensemble des dialogues ont été doublés en français et ce de façon fort satisfaisante. Pour l'anecdote, signalons que Le Docteur qui m'a cloné offre également quatre nouvelles cartes pour le mode multijoueur, encore faut-il avoir envie d'y jouer, ce dernier étant toujours aussi répétitif et dénué d'intérêt qu'à sa sortie.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, Le Docteur qui m'a cloné est un DLC d'excellente facture pour un jeu original médiocre. Plus rythmée, mieux écrite et plus réussie sur tous les points, cette campagne téléchargeable ressemble fort à ce que les joueurs auraient aimé que Duke Nukem Forever soit à sa sortie. Certes, les monstres et armes inédits se comptent sur les doigts d'une main et le jeu est assez facile dans son ensemble mais qu'importe, Duke n'est finalement pas aussi mort qu'on ne le croyait et il y a de quoi être très optimiste pour sa prochaine aventure.
- La visite inoubliable de l'usine de clones
- Plus réussi que DNF en tous points
- Durée de vie correcte pour le prix
- Pas de véritables nouveautés
- Toujours trop linéaire pour les puristes























