Décidément, les studios indépendants ont décidé de ne pas lâcher la tendance retro qui règne sur la planète vidéoludique depuis quelques années. Xii Games ajoute sa petite pierre à l’édifice en nous proposant Resonance, un point and click au style sorti tout droit des années 90. Les amateurs de pixel art seront donc conquis, ceux qui pensaient s’être débarrassé des jeux aux énigmes capillotractées le seront peut-être un peu moins.
Mystère et boule d'atome
L’avantage des point and click, c’est qu’on peut leur faire raconter à peu près tout ce qu’on veut. XII Games ne s’est donc pas gêné pour créer autour de Resonance un scénario abouti et très élaboré, digne des intrigues SF les plus respectables. Le jeu s’ouvre sur une cinématique faisant état de diverses catastrophes ayant lieu partout dans le monde. Pour mieux comprendre ce qu’il se passe, nous avons le droit à un flashback digne de Spielberg qui nous ramène plusieurs jours en arrière dans l’appartement d’Ed. Ed est l’assistant du professeur Morales, un physicien sur le point de révolutionner notre ère technologique, et qui décédera dans des conditions bien mystérieuses. Avant de mourir le professeur laissera derrière lui un carnet et une phrase bien étrange, qui consiste à « trouver le bouclier » pour protéger ce qui se cache derrière ses découvertes, cette nouvelle particule appelée Resonance. Pour ce faire Ed devra aider Anna, employée dans un hôpital et nièce du professeur Morales, à enquêter sur la mort de son oncle. Au cours de l’histoire, l’inspecteur Bennett mettra à contribution ses qualités policières pour prêter main forte aux deux jeunes gens. Et enfin Ray, un journaliste d’investigation les rejoindra un peu plus tard pour percer tout ce mystère et ce que cache le gouvernement en parallèle. « Ca en fait du PNJ » nous dira-t-on. Et bien non, puisque ces quatre protagonistes, ce sera vous qui les incarnerez.
Quatre personnages jouables, c’est effectivement l’innovation notable que signe ici XII Games. Les ficelles du scénario feront que vous incarnerez chacun des personnages seuls une fois, avant de découvrir que l’histoire de chacun va se recouper pour finalement former le quatuor. Les spécialités et les objets personnels de chaque avatar comme le badge d’employée d’Anna, la corpulence svelte d’Ed, la plaque de Bennett ou le smartphone de Ray font que tous ces personnages sont interdépendants. Vous aurez donc besoin de tout ce beau monde pour mener à bien votre enquête et résoudre les très nombreuses énigmes pour passer à la mission suivante. Outre ce scénario inventif et la contribution d’autant de personnages, Resonance offre aussi un gameplay tout à fait particulier. En plus de l’habituel inventaire où sont rangés les objets transportables, nous avons l’ajout de deux onglets supplémentaires permettant de faire fonctionner la mémoire à court et à long terme des personnages. La mémoire à court terme permet d’engager des sujets de conversations pour franchir des étapes dans la mission. Elles permettent aussi de solliciter l’aide d’un autre personnage pour accomplir une action qui serait infaisable en solo. La mémoire à long terme quant à elle fait appel aux souvenirs, soit personnels soit communs, de vos avatars. Ces souvenirs sont bien souvent à utiliser en tant qu’indices sur la marche à suivre pour avancer dans l’histoire ou sur la fonction d’un objet en particulier. Autre particularité, ce sont les dialogues qui proposent des choix multiples de réponses. Celles-ci auront un impact direct ou indirect sur l’issue du jeu, il faudra donc répondre et faire vos choix avec une certaine précaution tout en sachant que Resonance dispose de trois fins alternatives. Toutes ces nouvelles fonctionnalités décuplent les possibilités de jeu, et vous verrez qu’elles vous seront bien utiles.
Il y a en effet beaucoup de choses à faire dans chaque tableau. Les premiers sont assez courts si on ne galère pas trop, mais plus on avance et plus les missions deviennent complexes et longues. Il faut beaucoup de sang froid et de réflexion pour débloquer certaines situations. Il faut également solliciter votre sens de l’observation, votre mémoire et aussi votre logique pour résoudre les missions mais aussi les minis-jeux qui donnent parfois beaucoup de fil à retordre. En effet la difficulté et la quantité de choses à faire contribue grandement à la durée de vie de Resonance, vous pouvez compter environ 12 heures de jeu voire plus si vous n’avez pas touché à un « vrai » jeu d’aventure depuis longtemps. Certains tableaux demanderont aussi des déplacements et allers-retours dans divers lieux. Dans ces cas-là mieux vaut être sûr de n’avoir rien oublié, car les mouvements des personnages sont relativement lents. La fonction de changement de personnage aurait pu aussi être plus rapide à ce niveau-là, avec un raccourci clavier par exemple, au lieu de devoir dérouler l’interface et cliquer sur le personnage voulu. Pour ce qui est du level design, lui aussi propose une variété que l’on ne rencontre pas forcément dans d’autres point and click. Resonance propose par exemple des tableaux qu’il faut résoudre en temps limité puisque qu’un personnage menaçant est sur le point de faire son entrée. Le caractère angoissant de ces courses contre la montre ont d’ailleurs un effet très efficace sur le joueur. La fonction de point and click laisse aussi parfois place à l’action, notamment dans un tableau avec Anna enfant qui tente d’échapper à un monstre en s’enfuyant dans un labyrinthe de conduits d’aération. Le seul bémol que l’on attribuera à Resonance sera ses performances techniques. Il est en effet impossible de régler la résolution, il faudra donc jouer en mode fenêtré ou jongler avec le filtre graphique pour tenter d’obtenir un résultat convenable.
Les développeurs de XII Games ont réussi avec Resonance à repousser les limites des point and click classiques. Les différentes innovations telles que le jeu de mémoire, la formation d’un groupe de quatres personnages interdépendants couplées à un scénario complexe font de Resonance un jeu indispensable pour les plus nostalgiques du genre. Ceux qui ne sont pas fans de pixel art ne seront peut-être pas séduits par le visuel retro, mais au-delà de ça Resonance offre une expérience de jeu vraiment particulière, obligatoire pour tout amateur de bon jeux d’aventure.
- L’originalité du gameplay
- L’utilisation de quatre personnages
- Une difficulté parfois coriace
- La résolution graphique
1 avis a été déposé sur Resonance PC :
Pour ne pas changer, Wadget Eye Games nous sort un très bon point & click rétro comme on les aime. Le scénar est bien ficelé, le...

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