C’est un exercice qu’on ne voit pas souvent dans le catalogue des éditeurs, les cross-over, le mélange de héros de plusieurs franchises du jeu vidéo, sont presque uniquement limités aux jeux de baston. Et Capcom s’est fait une spécialité du genre, avec la désormais célèbre série Capcom versus une autre marque qui a accouchés de titres aussi réussis que Marvel versus Capcom ou plus récemment du nerveux Tatsunoko versus Capcom. Alors quand on voit débarquer un jeu mélangeant les deux écoles de la baston les plus opposées du monde (Street Fighter en 2D et Tekken en 3D), on se demande comment Capcom est parvenu à les marier. Avec de l’imagination, des bouts de ficelles mais aussi beaucoup de punch. Et trois mois après la version console, que vaut le portage sur PC ?
J’Tekken à Street Fighter
Sur le papier, Street Fighter x Tekken (prononcez Cross pour le X) fait vraiment rêver. Jugez plutôt : 19 personnages par licence parmi les plus emblématiques des deux séries (dont cinq supplémentaires sur PS3), un système de combat en Tag (on choisit deux personnages avant chaque combat et l’on peut les intervertir sur le ring), et des mécaniques de jeu inspirés des deux franchises. C’est en tout cas ce que pourrait laisser penser au premier abord le titre. Passé quelques heures de jeu, on s’aperçoit rapidement que ce SFxT tient plus de Street Fighter que du jeu de Namco. Ce n’est pas vraiment un mal, d’autant plus que le moteur utilisé pour faire tourner le jeu est en fait celui de Street Fighter IV. Cela signifie concrètement qu’on retrouve quelques habitudes prises sur l’ancien jeu de Capcom, à savoir des décors en 3D et de la baston sur un plan uniquement, des raccourcis pour sortir les coups spéciaux, un panel de six boutons (trois poings et trois pieds) et des animations fort réussies pour les personnages. Ne vous faites pas d’illusions, les personnages de Tekken se jouent comme les personnages de Street Fighter, avec des coups spéciaux en quart de cercle, des charges et des furies à l’exécution similaires aux héros de Capcom. Ce moteur a toutefois subi de nombreuses modifications dans le but de rendre SFxT plus fun et plus punchy que le très posé Street Fighter IV. SfxT est bien plus rapide que son grand frère et surtout bien plus débridé au niveau des possibilités.
Capcom ne s’est en effet pas contenté de reprendre le système de jeu de Street Fighter IV. Il l’a considérablement enrichi en ajoutant littéralement une grosse tonne de nouveautés, dont la particularité est d’être extrêmement accessible. Ceux qui ont galéré des heures sur SF4 avant de réussir à sortir des combos de plus de cinq hits seront par exemple heureux d’apprendre que tous les personnages du jeu disposent d’un enchaînement commun de quatre coups (léger – moyen – fort – fort) débouchant sur un launcher permettant d’appeler l’autre personnage sélectionné préalablement pour continuer le combo. En fait, il existe une grosse demi-douzaine de capacités spéciales simples à appréhender et communes à tous les personnages permettant d’appeler son coéquipier, de réaliser une super-attaque seul ou à deux, de changer de d’équipier durant une attaque en cours, d’activer le pouvoir de Pandora, etc. Le système de jeu est très riche, un peu trop touffu même pour qu’on puisse en saisir toutes les conséquences sur le combat sans avoir beaucoup d’expérience, mais ne tombe jamais dans la complexité grâce à un tutorial bien foutu dirigé par le grand Dan lui-même. Ce dernier reprend d’ailleurs très bien les bases du jeu de combat, à savoir la garde, les coups normaux, les coups spéciaux et les attaques spéciales. Idéal pour les débutants.
























