C’est une première à Tom’s Games, l’un de nos tests a déclenché un intense débat au sein même de la rédaction tout comme auprès de nos lecteurs. Il y a quelques semaines, nous avons en effet publié un premier test de Binary Domain auquel nous avons mis la note de 8/20. Alors une fois n’est pas coutume, nous avons décidé de réaliser un « contre-test ». C’est Yse qui s’y est collé. Et sans vous dévoiler la chute, on peut déjà vous dire qu’il y a eu désaccord…
Quand on décide de développer un TPS, il faut s’attendre à se frotter à des titres déjà bien en place. Gears of War, Lost Planet, Dead Space, ce ne sont pas les représentants qui manquent. Mais ça, Sega le savait déjà lorsqu’il a commencé à développé Binary Domain. Le nouveau jeu créé par le papa de la saga Yakuza ne veut pas révolutionner un genre, il souhaite seulement apporter une alternative potable aux mastodontes du genre. Direction 2070 pour voir ce que la bête a dans le ventre.
Ce ne sont pas les droïdes que nous recherchions
Ce qui fait la force de Binary Domain, c’est avant tout son scénario. Il n’invente rien bien sûr, mais pose à nouveau la question des droits des robots dans une société à la pointe de la technologie. Lorsque l’on nous met face à des robots à l’apparence humaine, doués de sentiments et persuadés qu’ils sont humains, on se demande où s’arrête la technologie, et où commence la « vie ». Suite à l’apparition de ce type de robot interdit par l’éthique et par la clause 21 de la nouvelle convention de Genève, le gouvernement américain décide d’envoyer les Casseurs (un groupe d’élite plurinational) au Japon pour enquêter sur un géant de la robotique. Et pour tout casser au passage, parce que sinon c’est pas drôle.
Sur la forme, Sega ne prend pas de risque en nous servant un TPS des plus classiques. Les contrôles ainsi que les sensations ont un goût de déjà vu puisqu’ils rappellent furieusement tout ce que Gears of War a déjà pu nous servir au cours des dernières années. Le rythme y est d’ailleurs assez similaire puisqu’on ressent la lourdeur des mouvements de Dan, le seul personnage que l’on contrôle. Quitte à s’inspirer d’un géant du genre, autant en pomper le maximum d’idées. On retrouve ainsi toute une petite troupe pour accompagner notre héros, tous incarnant l’un des clichés de la guerre moderne. Dan en tant que vétéran, Big Bo fait office de mec grossier à grand cœur, Charlie l’anglais très à cheval sur le protocole, Faye la chinoise sexy ou encore Cain, le robot français gentleman. Différents personnages qui sont autant d’occasions d’introduire les diverses « classes » du jeu, classes uniquement définies par l’arme principale du personnage. Malheureusement, il nous est impossible de les jouer, et les seuls éléments de personnalisations qu’ils proposent se limitent aux nanomachines, des modules que l’on récupère ou que l’on achète au fil de notre aventure afin d’améliorer quelques statistiques (vie, armure, régénération…). Il est également possible d’améliorer nos armes (principales uniquement) contre les points cumulés en massacrant du robot.
Et du robot, on va en casser tout le long du jeu. Du simple fantassin en passant par le robot à mitrailleuse lourde, le robot sniper ou le robot bourrin au corps à corps, on retrouve le bestiaire classique mais efficace d’un jeu opposant l’homme au cyborg. Et bien entendu du gros boss, puisqu’en tant que TPS archi-classique, il faut remplir au mieux le cahier des charges. Parce que si l’on est le plus souvent amené à combattre du robot classique, les super vilains nous envoient parfois des petits cadeaux, comme l’Arachnid, un robot araignée de 30 mètres de haut ou encore le Gorilla, un gros tas de muscles robotisé à dézinguer en plusieurs phases. Deux des combats les plus marquants de l’aventure soit dit en passant. A côté se retrouve un arsenal tout aussi commun. Mitrailleuses, fusil sniper, lance-roquette ou grenades à effets divers sont quelques joyeusetés refusant de sortir de l’ordinaire. Pour un jeu qui se déroule en 2070, on était en droit d’attendre un peu plus d’originalité de la part de Sega. C’est pourtant ce désir de rester classique qui sauve le gameplay en nous laissant profiter d’armes aux sensations déjà ressenties, et donc plus faciles à prendre en main. Elles n’offrent d’ailleurs que très peu de recul (manette oblige), ce qui s’avère idéal pour démembrer les robots pour les empêcher de charger sur votre position ou encore pour les désarmer. En proposant en plus des contrôles simples déjà éprouvés par la concurrence, avec ce qu’il faut de système de couverture, de sprint, de passage d’obstacle etc, Binary Domain n’a pas à rougir de son gameplay. On ne fait pas preuve de plus d’imagination en ce qui concerne les environnements de ce Japon du futur. Environnements urbains dévastés, égouts, usines et autres passages souterrains, il faut dire que le contexte ne se prête pas non plus à la fantaisie. En y réfléchissant bien, on sent le désir du développeur de garder un univers crédible pour nous faire vivre au mieux l’histoire qu’il nous propose. Parce que vous l’aurez compris, ce n’est ni l’envie de voir nos personnages devenir plus puissants, ni le gameplay de Binary Domain qui nous pousse à continuer l’aventure, mais bel et bien son scénario et son excellente mise en scène. Une histoire qui nous occupera d’ailleurs une bonne dizaine d’heures, une durée de vie honorable pour un TPS de 2012.
























