Récemment popularisé par l’excellente série télé diffusée sur la chaîne américaine HBO, Game of Thrones (le Trône de Fer en France) bénéficie d’un succès inattendu auprès du grand public. C’est donc sans surprise que des jeux vidéo débarquent sur nos machines. Game of Thrones : Genesis (ou GoT : Genesis) est le premier. Il s’agit en fait d’un jeu de stratégie au gameplay original qui se base non pas sur les évènements contés dans les romans et dans la série, mais plutôt sur les 1000 ans qui ont précédés la chute des Targaryens. Une adaptation pas franchement convaincante, comme nous allons le voir dans ce test.
Lorsqu'on s'amuse au jeu des trônes, il faut vaincre ou périr, il n'y a pas de moyen terme.
Difficile de sortir un jeu vidéo sur une série dont la majorité des gens ne connaissent pas l’intégralité du scénario. Pour éviter de trop en révéler à ceux qui ont commencé à regarder la série ou qui sont en pleine lecture des livres, Cyanide a décidé de se pencher sur les innombrables évènements qui ont amenés à la situation décrite au début des romans. Le jeu prend donc place 1000 ans avant que Robert Baratheon ne prenne le trône et va nous conter comment Nyméria a débarqué sur le contient de Westeros, l’ascension des Targaryens et l’éveil des Autres. La campagne solo est divisée en huit chapitre à la difficulté croissante et nous explique le rôle des diverses factions dans l’histoire agitée du Royaume. De fait, Cyanide possédait avec le Trône de Fer un background très riche, doté potentiellement d’une histoire captivante. Dans les faits hélas, le tableau est beaucoup moins idyllique. D’une part la narration est très pauvre avec des héros qui se contentent à peine de décrire la situation et se contentent de nous donner les objectifs au début de la mission. D’autre part le scénario ne se comprend que par l’intermédiaire des quelques lignes présentes dans les écrans de chargements. Autant dire que si vous comptez acheter Game of Thrones Genesis pour son univers, vous serez énormément déçus. Alors, certes, cela permet au jeu d’être accessible à ceux qui ne connaîtraient rien de la série, mais on regrette franchement que Cyanide n’ait pas mieux exploité la licence. Et tant qu’on est dans les griefs de cette campagne, sachez qu’il est impossible de sauvegarder quand on le souhaite. Un bon vieux système de checkpoint durant les missions s’en chargera à votre place. Incompréhensible pour un jeu de stratégie.
Game of Thrones Genesis recèle pourtant de très bonnes idées de gameplay. Car si l’univers du jeu ne rend pas vraiment hommage à la richesse des romans, le gameplay convient parfaitement aux intrigues politiques et militaires qui émaillent son histoire. GoT : Genesis a beau être un jeu de stratégie en temps réel, son principe diffère énormément des STR traditionnels comme Starcraft II ou Age of Empires. Il ressemble bien plus à un jeu de plateau qu’on aurait transposé en jeu vidéo. Au commencement d’une partie le joueur ne possède qu’un château de départ et un émissaire. Le but du jeu dans un premier temps va consister à étendre son influence en envoyant des émissaires lier des alliances avec les villages, mines et châtelets alentours. Ceux-ci vont permettre de faire rentrer de l’or dans les caisses, d’amasser de la nourriture pour embaucher de nouvelles unités et d’étendre son influence sur la carte. La première subtilité, c’est que les alliances ne sont jamais définitives. Un émissaire adverse peut par exemple reprendre un village sous l’aire d’influence du joueur simplement en le visitant. Mais il est également possible d’envoyer des espions passer des alliances secrètes avec des villages pour que ceux-ci n’envoient pas l’or au suzerain, ou de corrompre un émissaire adverse pour que celui-ci passe des alliances sans fondement, ou encore de marier une courtisane avec un nobliau du village pour que l’alliance ne soit jamais cassée. Toutes ces unités coûtent naturellement de l’argent, et il faut vérifier en permanence que les émissaires font correctement leur boulot ou que les espions vérifient bien que nos villages n’ont pas passé d’alliance secrète avec un ennemi. Une tâche relativement aisée lorsque l’on se trouve sur une petite carte, mais qui se transforme en casse-tête quand il faut gérer des dizaines d’alliances.
























