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Test DeathSpank : Orphans of Justice (XLA)

Cela faisait presque 15 ans que Ron Gilbert, le talentueux créateur de la série Monkey Island, n’avait pas pris le temps de faire un jeu. Alors quand on a appris que ce dernier travaillait sur un hack and slash, forcément, on était pris de curiosité.


Greetings intelligent-looking reader !

Les dialogues ont peu d'incidence sur le déroulement du scénario. Mais ils sont savoureux.

Deathspank, c’est un peu la rencontre de Monkey Island avec le hack and slash. L’univers et le scénario sont complètement barrés. Et c’est un euphémisme, jugez plutôt. Le joueur incarne Deathspank, un légendaire héros parti à la recherche d’un puissant artefact nommé l’Artefact. Pourquoi ? Parce qu’une belle rousse le lui a demandé, tout simplement. Deathspank est un héros stupide. Il fait ce qu’on lui demande parce que c’est un héros, et parce qu’il faut écharper et décapiter. Et si cela vous semble absurde, sachez que les PNJ et le monde dans lequel on va évoluer sont du même acabit. Entre le maire d’une petite ville qui vous demande d’aller sauver des orphelins pour redorer son image à la veille des élections (mais qui précise qu’il faut les mettre dans un sac à orphelin pour les garder propre, parce que sinon c’est mauvais pour l’image), un ancien héros à la retraite qui veut bien réparer votre épée à la seule condition de lui ramener un taco avec des tripes, des haricots et le tout bien épicé (en fait, c’était ça ou lui ramener un tank) ou un spéléologue claustrophobe et kénophobe, la galerie des personnages est directement inspirée des meilleurs point and click de monsieur Gilbert. Les situations burlesques sont nombreuses, les jeux de mots foisonnent, on éclate de rire toutes les minutes. Seule ombre au tableau, le jeu est intégralement en anglais. Et il faut avoir un excellent niveau pour saisir les innombrables vannes qui traînent ici et là. J’ai bien mis 5 minutes par exemple pour comprendre pourquoi Deathspank ne voulait blesser aucun animal lorsqu’il récupère une quête où il faut briser un sceau. En fait, seal, en anglais, signifie à la fois le sceau, mais aussi le phoque…





En utilisant des armes différentes, les dégâts augmentent

Au niveau du gameplay, Deathspank est un hack and slash pensé pour les manettes. Dès le début de l’aventure, Deathspank est affublé de quatre armes qui sont associées aux boutons X, Y, A, B (carré, rond, croix et triangle sur PS3). En appuyant sur l’un de ces quatre boutons, Deathspank va utiliser l’arme associée. Le joueur est libre de mettre ce qu’il veut : quatre épées différentes ou une combinaison arbalète/hache/épée/pouvoir magique. La petite subtilité ici, c’est que certaines des armes ramassées possèdent un super pouvoir. Pour l’activer, il faut remplir la jauge de justice que l’on alimente en tuant moult monstres, puis d’appuyer sur le bouton de l’arme pour l’activer. Attaque tournoyante (copie de Trombe de Diablo 2), éclairs en chaîne et autres attaques de zone permettent de s’en sortir. A cela s’ajoute aussi un système de combo. En utilisant une arme différente à chaque coup, il est possible de faire jusqu’à 7 fois plus de dégâts aux ennemis. Une bonne manière de varier l’action et de forcer le joueur à utiliser autre chose que sa « Poop Axe » (oui, oui) aux dégâts monstrueux. Sachez aussi que le loot est extrêmement généreux (une nouvelle épée +150 toutes les 5 minutes), mais qu’il n’est hélas pas généré aléatoirement. Et tant qu’on parle des ennemis, sachez que ceux-ci sont à l’image de l’univers : poulets démoniaques, morts-vivants, mais aussi moines bruyants et autres démons peureux. De fait, les monstres, les objets et la façon de combattre de Deathspank rentrent parfaitement dans l’absurdité de l’univers.



Un gameplay perfectible

Voici les seules aptitudes que gagne le héros en montant de niveau. C'est un peu faible...

Pour autant, le gameplay de Deathspank est perfectible. Plus jeu d’action que hack and slash, il manque quelques éléments d’action-RPG qui auraient fait de Deathspank une perle incontournable. Un système d’arbre de compétences et de progression de statistiques (force, endurance) n’aurait pas été du luxe pour modeler un peu plus le héros en spécialiste de la magie ou du combat au corps à corps. En lieu et place de tout cela, à chaque niveau pris, le jeu nous propose de choisir parmi trois améliorations, que l’on débloque entièrement avec les derniers niveaux du jeu. La linéarité de l’ensemble est également critiquable. L’univers de Deathspank est fermé et la rejouabilité est très mince une fois le jeu bouclé. Ca n’empêche pas le titre de Ron Gilbert de proposer un nombre de quêtes secondaires très important, mais une fois la surprise de la découverte passée, on ne les refera plus. L’inventaire n’est pas non plus un exemple d’ergonomie ; on regrette régulièrement que les développeurs n’aient pas pensé à un système de revente d’armes plus pratique. Bref, autant de défauts qui font de Deathspank un mauvais hack and slash, mais un excellent jeu d’action parfaitement adapté aux consoles. De toute façon, on le répète, ce n’est pas tant pour les éléments de hack and slash que vous jouerez à Deathspank, mais bien pour son univers et son humour.





2D et 3D s'intègrent parfaitement dans l'univers du jeu

Plaçons enfin un mot sur les graphismes du jeu, mignons à souhait. Si les personnages sont en 3D, l’environnement est quant à lui constitué de « pancartes » en 2D, comme si le héros se promenait dans des décors en carton. Le style graphique de Deathspank est franchement réussi et, surtout, reste parfaitement lisible, même au cœur des combats les plus acharnés. Enfin, notons l’existence d’un mode deux joueurs anecdotique et relativement mal foutu.



Par Zick, le 23 juillet 2010

A condition de bien comprendre l’anglais et d’apprécier l’humour absurde, Deathspank est un excellent jeu d’action. Si son gameplay est perfectible du point de vue du hack and slash, en revanche, il est excellent du point de vue des combats. Un incontournable pour les fans de Ron Gilbert et pour ceux qui voudraient se défouler un bon coup.

NOTE
15
Autres sites : 16/20
LES +
- Très très drôle !
- Style graphique réussi
- Un bon jeu d’action
- Loot généreux

LES -
- Anglais uniquement
- Rejouabilité faible
- Quelques éléments de RPG supplémentaires seraient bienvenus
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