C’est désormais une tradition, dès qu’un blockbuster cinématographique pointe le bout de son nez, il traine inévitablement dans son sillage une masse de produits plus ou moins intéressant à son image. Bien souvent dans ce flot d’immondices mercantiles, ce trouve la fameuse adaptation vidéoludique dudit casseur de blocs. Mal fichus, bâclés et souvent lésé par le coût de la licence qu’ils supportent, ces titres finissent bien souvent dans les méandres de l’oubli, au cimetière des jeux vidéo que son les bacs à soldes. Et croyez-le où non, Iron Man 2 ne sera pas l’exception qui viendra confirmer la règle.
Back in USSR
Il faut le reconnaître, Tony Stark et son armure en jettent un max. De là à cautionner l’apologie du capitalisme triomphant du vilain ennemis communiste et son enfer industriel collectiviste, il y a une différence. Mais passons, nous ne sommes pas là pour parler de cela. Dans ce nouvel épisode des aventures de l’homme de fer (pas Raymond Bur, mais le supporter de Lens en armure), Tony Stark est dans de beaux draps. Le jeu s’ouvre sur un Tony mal en point, au cœur de son centre de données attaqué par des forces robotiques, un bon coup de PEM l’ayant réduit à l’état de légume sans force. Un flashback et une cinématique hideuse plus tard, ayant pour unique but de nous faire entendre une ou deux blagues vaseuses, un beau discours sur la paix dans le monde et mettre en scène la fameuse armure, nous voilà aux commandes du justicier milliardaire. Là, tutoriel des plus classique : marche, lock, blaste et donne un bon coup de tatane dans le premier drone venu. Nous apprendrons dans les instants qui suivent qu’un vilain dictateur communiste à osé voler la majeure partie du programme d’intelligence conçu par ce brave Tony. Une honte tout de même. Heureusement, le SHIELD veille, et le complot de domination du monde de ces vils rouges ne se passera pas comme cela. Héroïsme, sacrifices, affrontements contre la Dynamo Pourpre, rebondissements visible à cent miles à la ronde et bâillements intempestifs viendront compléter le tableau de ce scénario convenu. Spoiler alert : les gentils gagnent à la fin. C’est dommage, car l’histoire est le fruit de l’imagination de Matt Fraction, un des auteurs maison de chez Marvel.
Passons encore sur l’indigence du scénario. Manque de chance pour Tony et sa bande, la réalisation ne les sert pas non plus. Modélisation à se crever les yeux (regardez ces screens, là et là, si vous n’y croyez pas), synchronisation labiale digne d’un doublage de film d’auteur bulgare, texture qui bavent, lorsqu’elles ne mettent pas une plombe à s’afficher, on en passe et des meilleures. Pour un titre PS3, disons le tout net, c’est une honte. Prenons deux exemples significatifs de cette catastrophe. En premier lieu, comment peut on encore accepter de représenter un tunnel s’enfonçant dans la roche, avec une machine de cette puissance, par une simple texture en dégradé de noir. En second lieu, pourquoi s’ennuyer à créer des modèles de déformations lorsqu’il suffit de remplacer un objet entier par un objet cassé dès lors que le joueur interagit avec lui, et ce, sans même faire un effort de transition. En bref, ce titre ne se contente pas d’un scénario frôlant le néant intégral, il dispose aussi de l’une des pires directions artistiques de l’histoire de la PS3. Et si vous croyez que c’en est fini, détrompez-vous.




























