Les enfers grecs sont un sacré foutoir. Des files interminables de damnés attendent d’être jugés dans la douleur, l’architecture alambiquée du lieu produit beaucoup trop d’écho et, nom de Dieu, que quelqu’un refasse l’éclairage, on n’y voit goutte ! Heureusement, Visceral Games a eu la bonne idée de remettre un peu d’ordre dans tout ça avec Dante’s Inferno. Après le très bon Dead Space, le studio américain est une nouvelle fois en grande forme.
Voyage au centre des enfers
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Dante n’est pas un mauvais bougre. Comme beaucoup de ses petits camarades, il s’est engagé pour la troisième croisade moins pour la gloire de l’Eglise que pour obtenir la rémission totale et sans condition de ses pêchés. Le hic, c’est qu’en détroussant une jeune musulmane, il trompe sa femme Béatrice et, par la même occasion, les condamne tous deux à la damnation éternelle. Ce fils de prêtre n’accepte pas son sort, lui qui n’est sorti du droit chemin qu’une seule et unique fois. Du coup, quand il se retrouve face à la grande faucheuse qui vient lui cueillir son âme, notre héros se rebiffe. Deux bourre-pifs et un nouveau crime plus loin – si tant est que la mort puisse être tuée, notre croisé revanchard face à l’éternel décide d’investir les enfers à la rescousse de sa moitié. Téméraire mais pas inconscient, c’est toute faux dehors et avec l’aide précieuse du poète Virgile qu’il doit abattre méthodiquement les créatures qui le sépare de son but. Directement inspiré de l’œuvre du poète italien Dante Alighieri, le background de Dante’s Inferno se repose sur la riche mythologie des enfers de l’antiquité. Neufs cercles concentriques se superposent aux confins de la terre, conduisant in fine à l’antre de Lucifer. Un point de chute peu banal, même pour un jeu vidéo, et c’est avec grand plaisir qu’on suit un Dante revisité par Visceral Games dans cette descente infernale.
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Pour peu que vous ayez déjà touché un beat them all une fois dans votre vie, contrôler Dante ne sera qu’une formalité. De la caméra aux enchaînements en passant par les phases de sauts, les commandes se révèlent d’une précision implacable. Un bon point pour un genre qui requiert une certaine réactivité. D’ailleurs les plus habitués d’entre vous pourront tenter l’aventure directement en mode infernal, lui-même débloquant un dernier niveau de difficulté. Pour mettre toute les chances de son côté, Dante progresse grâce à deux arbres de compétences intiment liés. Votre faux, volée à la mort, vous permet de récolter les âmes de vos adversaires et vous serviront de monnaie pour acheter de nouvelles compétences. A cela s’ajoute un système d’inquisition fort bien pensé : au cours des combats, saisissez vous d’un ennemi affaibli et décidez vous-même de son sort, l’absolution ou la punition. Il existe sept niveaux d’expérience impie ou sacré, selon que vous souhaitez être un croisé sadique ou un moine combattant magnanime. Plus votre jauge sacrée ou impie se remplit et plus le choix des talents monnayable avec les âmes sera grand et, a fortiori, intéressant. Quant à la progression dans les niveaux à proprement parler, elle est, comme dans la grande majorité des softs, totalement dirigiste. Une démarche liberticide légèrement rééquilibrée par les multiples caches secrètes qui renferment des reliques à équiper, pour gagner certains pouvoirs spéciaux, ou des âmes un peu spéciales. En effet, coincés dans les limbes de l’enfer, certains personnages bien connus de l’antiquité attendent d’être jugés. A vous de décider si Ponce Pilate, Eurydice ou Hécube méritent ou non le pardon !
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Evidemment, les créatures à châtier sont nombreuses. Votre arme blanche ainsi que la croix de Béatrice, redoutable sulfateuse à lumière divine, ne seront pas de trop. Dante dispose aussi de pouvoirs magiques qu’il pourra utiliser de façon ponctuelle et d’une jauge de rédemption à déclencher une fois pleine, pour accélérer l’issue des combats. Ceux-ci bénéficient d’une mise en scène extrêmement léchée, qui fait plaisir à voir. La caméra n’hésite pas à s’approcher pour que vous admiriez de plus près vos combos, et parfois le temps ralenti quand vous usez de vos pouvoirs sacré ou que vous sortez un contre après une parade. En sus, Dante se révèle très agile quand il s’agit d’esquiver les coups durs, par un simple coup de joystick ou en prenant de la hauteur dans les airs. Car le jeu alterne intelligemment phases de combats et moments plus orientés plate-forme, où il vous faudra faire preuve de dextérité voire d’ingéniosité face à quelques énigmes tordus. Plusieurs salles faites de mécanismes retors mettront également vos nerfs à l’épreuve. Le bestiaire est lui assez vaste pour ne pas lasser, et la possibilité de prendre le contrôle de certaines bestioles cracheuses de feu permet de varier les plaisirs. Votre goule des enfers, vous la préférez grillée ou à point ? Certes, après plusieurs heures de jeu, le déroulement de l’aventure parait un brin répétitif, voire prévisible. Mais l’envie de gagner en puissance et de sauver votre femme cocufiée l’emporte, surtout que la narration est de qualité. Cinématiques en images de synthèse, dessins à la main, ou cut-scenes avec le moteur du jeu vous accompagnent à point nommé et entretiennent un rythme soutenu, du début à la fin.
1 avis a été déposé sur Dante's Inferno Xbox 360 :
Très bon jeu, dynamique à souhait. De beaux combats, et un bestiaire original. Néanmoins, la qualité graphique n'est pas le...

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