Après avoir confié le reboot de la franchise Bionic Comando à feu le studio GRIN, Capcom a continué d’externaliser ses projets avec Dark Void. Très accrocheur sur le papier, le jeu n’arrive cependant pas à prendre la hauteur escomptée, pour se crasher lamentablement dans le Néant…
Etre à la hauteur…
Lancer une nouvelle licence dans le monde très conservateurs du jeu vidéo, où règnent en maître les suites en tous genres, est, ne nous voilons pas la face, toujours un pari risqué. Faire confiance à un studio de développement n’ayant pas encore fait ses preuves, représente aussi un risque. Combiner les deux confine à l’acte de foi, ou au masochisme, c’est selon. C’est pourtant le choix opéré par Capcom, à l’époque où externaliser le développement de certains de ses titres lui paraissait encore une bonne idée (on sait depuis la sortie de Dark Void que l’éditeur à renoncé à cette politique). C’est donc plein d’espérance que la firme d’Osaka confiait le bébé à Airtight Games, une société américaine regroupant des transfuges de FASA, essentiellement responsables du très jouissif Crimson Skies. A première vue, cela semblait être un choix judicieux, car les deux jeux ont en commun une ambiance pulp prononcée et comme mécanique principale des dogfights punchy. Malheureusement, si Crimson Skies était réussi, difficile d’en dire autant de Dark Void.
Prenons l’histoire par exemple. Will, notre héros au sourire si doux, est un brave gaillard, pilote d’avion cargo dans un monde en proie à la montée du fascisme. Un beau jour, il doit opérer une livraison spéciale sous le contrôle d’un observateur qui n’est autre que son ancienne petite amie (et dont on ne doute pas un seul instant qu’elle finira par retomber dans ses bras). De manière assez cocasse, et sans doute à cause d’une incompétence crasse, nos braves amis pris dans la tourmente se retrouvent en manque de carburant et se voient contraint de couper par le triangle des Bermudes. Un crash plus tard, les voilà propulsés dans le Néant (le Void en anglais), une zone « entre les mondes ». Et c’est là que se joue tout le drame du scénario. Entre des extra-terrestres engoncés dans des exosquelettes, persécutant une humanité typée précolombienne, un Nicolas Tesla inventeur de Jet Pack, une prophétie messianique et une rébellion larvée, autant dire que ce Néant est un joyeux fourre-tout regroupant ce qui c’est fait de mieux au box-office de ces derniers temps. Le résultat final est peu probant, partant vite dans un imbroglio sans envergure, se bornant à reprendre les poncifs du genre sans jamais proposer une once d’originalité. Cette pauvreté scénaristique aurait été pardonnée, si le gameplay en avait un peu sous la pédale, mais vous l’aurez compris, ce n’est pas le cas.




























