Venetica fait une entrée discrète dans le vaste monde des jeux action-aventure. Si l’on apprécie de pouvoir incarner une héroïne, cet artifice ne cachera pas longtemps les nombreuses carences d’un titre qui n’innove en rien, ou presque.
Escapade à Venise
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Côté atouts charme, Scarlett marque des points. Dans sa belle robe immaculée, elle et son preux chevalier, Benedict, filent l’amour parfait. Cependant, ce dernier se fait trucider – en se sacrifiant pour sa moitié, cela va sans dire – et pousse Scarlett à le venger. La voilà donc partie sur les traces d’une organisation vénitienne qui lui veut du mal. Deuxième élément perturbateur, l’héroïne voyage vers l’au-delà, où elle apprendra assez vite qu’elle, l’orpheline, a pour père la mort en personne. De cette intrigue bourrée de clichés, Deck 13 Interactive offrent à son titre les mécanismes bien huilés du genre jeu de rôle. On dispose de toute la panoplie classique du JDR, à savoir barre d’expérience, inventaire, points de caractéristiques et arbres de talents à compléter. En apparence un peu gourde, Scarlett se révélera vite être une farouche combattante, tant dans le maniement des armes de contacts qu’avec la magie noire. Sauf que ces combats deviennent vite redondants, il suffit de faire un pas en arrière ou une roulade sur le côté pour éviter les coups adverses et revenir à la charge. A cela s’ajoute un bestiaire franchement limité : pendant les trois premières heures de jeu, vous combattrez seulement deux types de monstres différents, des gros rats – pour faire dans l’originalité - et des derviches, combattants religieux maladroits que l’on terrasse sans mal.
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En fait, après cette phase d’introduction pénible – allers-retours incessants entre le village, la mine et la forêt du coin, vous arriverez finalement à Venise. Au sein de la Cité des Doges, le jeu prend une nouvelle ampleur. Des quêtes annexes se mêlent à l’intrigue principale et on peut se balader par ci par là dans une cité somme toute assez vaste. Sauf que pour profiter de cette liberté fraîchement acquises, il faudra passer outre les (nombreux) défauts du jeu. A commencer par des bugs gênants, tels la caméra capricieuse pendant les dialogues, des textures qui clignotent ou la perte momentanée des commandes. Mettre à jour le jeu, pour ce qui est de la version PC, est indispensable pour limiter la casse. Côté réalisation, Venetica est là aussi à la peine. Si les efforts des développeurs pour offrir un monde cohérent et détaillé sont louables, d’un point de vue purement technique, le jeu accumule plusieurs années de retards. Ce ne sont pas les textures pauvres, les effets spéciaux ringards ou les bruitages répétitifs qui viendront démontrer le contraire. Seuls certains personnages tirent leur épingle du jeu, mais là encore rien de renversant. Surtout, Venetica souffre d’une énorme contradiction difficilement explicable : pourquoi s’appliquer à créer un monde cartoon, hautement coloré avec des décors tout en rondeur, alors que l’intrigue et l’action se veulent résolument adulte et violente ? C’est qu’elle mouline à tour de bras la Scarlett, à coups de maillet, dague, hache, nuée de corbeaux ou même en aspirant l’essence vitale de ses ennemis.
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On peut tout de même trouver une ou deux idées sympas pour sauver la barque du naufrage. Avec les premiers points de compétences en nécromancie, vous pouvez transférer votre héroïne dans le monde des ombres. Prendre ses ennemis par surprise, passer certains endroits en mode furtif ou encore détecter des portails vers des lieux secrets, cette capacité permet de varier un peu les possibilités. De la même façon, le jeu propose des énigmes entre deux combats, histoire de faire marcher votre tête. Mais les défauts du soft frapperont à nouveau le joueur averti. Par exemple, il est impératif de ranger son arme avant de pouvoir looter les carcasses de vos adversaires récemment occis. Et Scarlett de devenir une véritable cruche quand il s’agit de d’explorer son environnement : si elle sait nager en pleine mer, elle refusera d’enjamber un minuscule ruisseau. Une rigidité vraiment mal venue à l’heure des prouesses aérienne du Ezio d’Assassin’s Creed. Venetica souffre vraiment de la comparaison avec ses pairs du genre Action/Aventure. Un Fable du pauvre en somme, qu’il faut pourtant payer plein prix.
Les arguments en faveur de Venetica sont bien minces. Seuls, peut-être, les jeunes joueurs se laisseront tenter par le joli minois de Scarlett. Les autres auront compris qu’ils n’ont pas de temps à perdre avec une production qui accumule les bévues.
- Scarlett
- Dualité monde des ombres/ monde des vivants
- Scénario éculé
- Combats et bestiaires limité
- Jouabilité rigide et approximative



























