La licence juteuse du Seigneur des Anneaux a inspiré Electronic Arts dans la réalisation d’un nouveau jeu inspiré de Star Wars Battlefront. Si les deux univers sont éloignés l’un de l’autre, ils ont en commun leur très haut niveau de détail et – fait non négligeable - des batailles épiques à retranscrire. Pandemic a donc appliqué le concept de son précédent jeu à l’œuvre de Tolkien. Malheureusement sur DS, le résultat est encore plus truffé de défauts que les moutures PC et console de salon.
Un gameplay devenu classique
Comme sur les autres plateformes, l'Age des Conquêtes DS reprend les grandes batailles du roman. Plus court aussi que les versions de salon, les cartes sont seulement au nombre de six pour quatre à cinq heures de jeu en mode Campagne. Les moments forts du scénario - la traversée de la Moria, la bataille au gouffre de Helm et l’apothéose devant les portes du Mordor - seront naturellement de la partie. Sur DS le titre de Pandemic suit à la lettre l’histoire de manière fortement résumée. Les nobles héros de la saga se laissent diriger – comme sur les autres supports - de temps en temps. On pourra donc choisir Gandalf, Legolas, Eowyn ou même un Ent, cette fameuse race d’hommes-arbres aussi lente que puissante. Finalement l’histoire et le déroulement devient un condensé de tout ce que les initiés ont vu et revu maintes fois, dans un beat’em all proche par la vue du dessus d’un hack’n slash. Le mode de jeu propose tout de même la capture de points de contrôle à l’instar d’un Battlefront.
Chaque début de partie, ainsi que chaque décès, permet le choix d’une des trois classes disponibles : un guerrier, un mage ou encore un archer. Chacune est dotée de pouvoirs spéciaux utilisant les points de mana qui accompagnent la traditionnelle barre de santé. L’adversaire peut lâcher à sa mort l’un des quatre bonus imaginés par les développeurs. Ces bonus permettent de régénérer santé et mana, ou encore d’améliorer la vitesse de déplacement et les dégâts occasionnés à chaque coup. Chacune des classes révélera alors son utilité au combat contre presque tout défi. On reprochera tout de même au guerrier une trop faible endurance l’empêchant trop souvent d’aller au contact des archers et mages. Le camp adverse quant à lui dispose exactement des mêmes classes que le joueur. Les fameux héros, eux, ne sont qu’une version plus résistante et plus forte de ces trois classes. Et justement, pour un jeu de classe, le peu de variété qu’elles proposent est franchement décevant. Si on s’amuse lors des premières parties à découvrir le gameplay, force est de constater qu‘un sentiment de lassitude prend rapidement le pas. Toutes les possibilités du titre sont dévoilées dès le premier niveau et le reste est une simple répétition du principe, sans aucune progression.
Un jeu peut-être trop ambitieux pour la petite DS
Avec une dizaine d’unités affichées sur le petit écran de la DS, le résultat graphique devient trop brouillon pour suivre l’action. La difficulté à distinguer les coéquipiers des adversaires reste souvent problématique, tout comme le manque de précision de l’interface. On abandonne rapidement le stylet au profit de la croix directionnelle, mais même aidé de cette dernière le ciblage est loin d’être exemplaire. L’autre grand problème provient de l’IA. Dotées d’un pathfinding lamentable et d’une barre de vie ridicule, les troupes lâchent rapidement le joueur. Seul, face à une dizaine d’ennemis, on subit une progression par l’échec bien trop cuisante. Finalement, le très faible contenu est artificiellement compensé par la difficulté de prise en main de la chose. Et le mode multijoueurs, limité à deux misérables joueurs, se contente de reprendre le principe du solo en ajoutant des bots. Ce qui rattrapait la faible durée de vie sur consoles de salon et PC devient sur DS complètement anecdotique. Payer 40 euros pour quatre heures d’un jeu ayant un aussi faible niveau de rejouabilité devient problématique.
Le jeu n’est à conseiller finalement qu’aux fans les moins exigeants de la série, qui ne posséderaient en plus qu’une unique DS pour console. Les pauvres. Pour les autres, mieux vaut se tourner vers les autres versions – PC, Xbox 360 ou PS3 - plus abouties. Finalement le pari était trop ambitieux pour la console portable Nintendo.
- Gandalf est bien bourrin avec son halo lumineux
- Les vidéos tirées du film
- Contenu très faible
- Rendu graphique très brouillon sur le petit écran
- Coéquipiers dirigés par l'IA faiblards
- Peu de classes disponibles
- Multijoueurs portant mal son nom
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