C’est l’été, vous partez camper à Palavas les Flots ou dans le Creuse et l’ennui est votre peur numéro un ? Pas d’inquiétude : une DS suffit, accompagnée du « hit » de Mindscape : Intervilles. Car oui, non content d’avoir irradié le PC de sa médiocrité il y a presque un an, le jeu télévisé increvable du service public reprend cette année du service dans un opus adapté à la portable de Nintendo. Ne reculant devant rien, me voilà face à la bête, aussi avenante qu’une vachette lâchée en ville un soir de feria. Ça va saigner.
Ça manque de Léon Zitrone
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A une époque où notre belle jeunesse gâche son temps devant le néant abyssal de Secret Story ou encore L’île de la tentation, il est important de se rappeler que certains programmes TV sont immortels. Je pourrais bien sûr parler de Fort Boyard et son Père Fourra mathusalemien mais c’est aujourd’hui Intervilles et ses vachettes qui nous intéressent.
Que celui qui n’a jamais vibré devant une rencontre Montcuq - La Queue en Brie me jette la première pierre. Depuis quarante ans, Intervilles offre la possibilité aux petits patelins de France et de Navarre de briller sur petit écran, en s’imposant dans une suite d’épreuves improbables. Ere digitale oblige, c’est désormais sous forme vidéoludique que les habitants de Gisors ou de Trécon peuvent s’affronter.
Mais trêve de bavardages, parlons chiffres : 3 modes de jeux, 48 épreuves, 5 villes à affronter. Voilà le challenge qui vous attend.
Dès le menu principal, l’ambiance « tourner les serviettes » du show TV est respectée. Un frisson de nostalgie (ou de terreur, c’est selon) vous parcourra à la vue de ce minois de vachette affichant un sourire ultra-bright, accompagné du mythique générique de l’émission, le fameux « Shaa na na na nana ! ».
Après avoir entré le nom de sa ville (forcément ridicule), les présentateurs vedettes du show nous accueillent et c’est avec une joie difficilement dissimulable que les douces voix de Philippe Corti et Robert Wurtz retentissent dans nos oreilles. Ceux-ci sont d’ailleurs modélisés à la ride près et l’on pourra même, difficilement, reconnaître Nathalie Simon.
Les développeurs, aussi, carburent au 51
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Enfin, nous voilà au cœur du titre : différentes manches s’enchainent, prenant la forme de mini-jeux demandant, 99% du temps, de frotter ou de taper frénétiquement l’écran de la DS. Un bon moyen de mettre son cerveau sur off, mais surtout la garantie de repartir avec un écran rayé.
Comme on pouvait s’en douter, ces épreuves restent fidèles à l’esprit du jeu original : Sumo Basket vous demandant de guider de facétieux candidats déguisés en sumo à travers un parcourt semé d’embûches, dans le but de marquer un panier. Course de pingouin, où ces mêmes candidats traversent une piscine, puis une patinoire, afin d’atteindre l’arrivée en premier. Mais aussi (bien évidemment), lâcher de vachettes dans une arène, où l’objectif est cette fois-ci de construire une arche sans se faire renverser par le bestiaux.
Vous mourez sûrement d’envie de lire l’énumération des 48 épreuves qui peuplent Intervilles, mais avouez que ce serait gâcher le plaisir de la découverte. Sachez cependant que l’immense majorité de ces mini-jeux sont régis selon les mêmes principes : frotter l’écran à toute allure, attendre que le candidat avance seul, taper sur l’écran, frotter à nouveau… Si bien qu’au bout d’une heure de jeu, l’impression de faire toujours la même chose envahit notre cerveau et nous quitte que lorsque l’on appuie sur ce salvateur bouton « off » de la DS.
D’autant plus que nos yeux et nos oreilles souffrent devant une réalisation allant du médiocre au hideux. Vous voyez les premiers jeux en flash du début des années 2000 ? Ajoutez-y une grosse dose de mauvais gout, des bruitages « pouet-pouet gaudrioles », des musiques à faire fuir Charlie Oleg, des animations arthritiques et vous aurez une vague idée du spectacle qui vous sera offert en échange de deux billets de 20€.
Ah, et ne comptez pas sur le mode mutlijoueurs pour relancer l’ensemble : non content de nécessiter une cartouche par joueur, celui-ci est totalement dénué d’intérêt.
Aussi fin et subtil qu’une course d’hommes-autruches poursuivant une femme déguisée en saucisse de Morteau, Intervilles sur DS aurait pu, éventuellement, divertir les fans de l’émission. Mais là, franchement, non : si votre plaisir est de frotter un écran pendant une heure en admirant trois pixels mal colorés courant après une vachette sous prozac, alors on ne peut plus rien pour vous.
-Les présentateurs officiels ?
-D’une laideur abyssale
-Musiques tellement mauvaises qu’elles doivent rendre sourd
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