Pour ceux qui ne seraient pas nés durant les années 80, il faut savoir que Splatterhouse était une série en trois épisodes qui a fait les beaux jours du PC Engine et surtout de la Megadrive. Plus que son gameplay franchement hardcore, c’était surtout son atmosphère glauque à souhait et l’omniprésence du gore qui en faisait un incontournable pour les joueurs qui n’avaient pas peur des ambiances malsaines. 17 ans après le troisième et dernier épisode en date, Namco tente de ressusciter sa licence culte en l’adaptant aux consoles HD. Etait-ce vraiment nécessaire ?
There will be blood
Ce Splatterhouse nouvelle génération tente de reprendre tant bien que mal les bases de ses aînés. Le scénario commence donc quand Rick et sa fiancée Jennifer s’aventurent dans le manoir du maléfique docteur West. A peine arrivé sur les lieux, Rick se fait agresser, sa copine est enlevée et voilà notre étudiant en parapsychologie baignant dans son sang, à deux doigts de la mort. C’est à ce moment qu’apparaît le mystérieux masque de mort qui propose à Rick de le porter et de collaborer pour retrouver la copine de Rick et servir les énigmatiques intérêts du masque. A peine le masque enfilé que notre héros triple de volume musculaire, craque ses vêtements et débute un massacre en règle de tout ce qui ressemble de près ou de loin à du démon.
Splatterhouse est un beat them all à l’ancienne avec une vue à la troisième personne. Trois boutons pour asséner des claques (coups légers, forts et chope), un bouton pour sauter et en route pour l’aventure. Nouvelle version oblige, le gameplay se concentre sur une série de combos réalisables en associant les différents coups possibles, que l’on améliore au fur et à mesure de la progression dans le jeu, mais propose aussi quelques passages de plateformes et de QTE. Là où Splatterhouse se démarque un peu de ses innombrables concurrents, c’est qu’il mise tout sur le gore. Le moindre coup sur un démon fera couler des litres d’hémoglobine qui vont se répandre par terre et asperger généreusement l’écran. Ce sang est crucial puisque le masque l’aspire et l’accumule, ce qui va permettre au héros de se régénérer lorsqu’il prend trop de baffes. Plus on combat, plus on engrange de sang, et plus on a de chances de s’en sortir. Logique et terriblement bourrin.
Car au-delà de ces quelques remarques de gameplay, il n’y a pas grand-chose de plus à dire à propos de Splatterhouse. Le jeu est terriblement linéaire, vraiment pas beau avec ses graphismes datés, dignes d’une fin de PS2, et surtout, il est trop bourrin. On avance, on claque les trois types de monstres différents sans se poser de questions, on aspire le sang et on passe à la salle suivante. Quelques passages en 2D –hommage aux versions 8 et 16 bits – viennent bien parfois casser le rythme, mais ils ne font pas illusion longtemps et on les oublie immédiatement. Pourtant, au-delà de cet aspect vu et revu, Spaltterhouse n’est pas si désagréable à jouer que ça. L’univers sanglant, décalé et humoristique du jeu sauve le titre du naufrage. Les dialogues entre Rick et le masque son hilarants, les boss – gigantesques – sont très biens vus et vraiment fun à affronter et la difficulté est au rendez-vous. A ce titre notez que les checkpoints sont affreusement mal disposés et qu’il n’est pas rare de revenir parfois jusqu’à 10 minutes en arrière à cause d’un saut raté. Frustration, j’écris ton nom.
Linéaire, bourrin et moche, Splatterhouse n’a objectivement pas grand-chose pour lui. Pourtant son humour, ses boss et son ambiance gore parviennent à partiellement pardonner ces défauts rédhibitoires. D’autant plus que le jeu est vendu avec les trois épisodes originaux, ce qui plaira aux fans de la première heure. Typiquement le jeu qu’on vous conseillera en occasion ou à prix doux, mais pas à 60 euros.
- De l'humour
- La présence des trois premiers épisodes sur le DVD
- Bourrin
- Répétitif
- Vraiment pas beau
- Les temps de chargement, insupportables



























