Après une preview particulièrement boguée, personne à la rédaction ne se pressait pour s’essayer à la version finale de BAJA : Edge of Control sur PlayStation 3. Votre serviteur a bien tenté de jouer ça à la courte paille mais, m’ayant frotté à cette fameuse preview, il était logique que le test du jeu me revienne…
Un sérieux manque de finition
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C’est assez rare pour le signaler mais lorsque la période entre l’arrivée d’une preview et la sortie d’un jeu est courte, il y a, hélas, peu de chance pour que le titre final subisse de grosses modifications. BAJA n’est pas ce qu’on pourrait appeler une exception mais on sent que les développeurs ont tenté de corriger quelques bugs. Hélas, on sent aussi qu’ils ont fait ça dans l’urgence et qu’ils n’ont pas pu effacer toutes les erreurs présentes dans le jeu. Loin de là. Et c’est bien dommage car BAJA souffre en grande partie de sa réalisation technique. Après le très beau Pure, c’est peu de dire que BAJA fait pâle figure en comparaison. A commencer par un moteur physique calamiteux, qui n’a lui, subi aucune amélioration. Au mieux, la gestion des collisions avec les éléments du décor manquent de réalisme, au pire, elle est totalement absente. La palme du ratage revient surtout aux chocs entre les voitures. Roue contre roue, un drôle de phénomène se met en place, les deux véhicules se retrouvent comme aimantés et il devient très difficile de se décoller de son adversaire. Sans compter que, parfois, les buggies se chevauchent allègrement. Les textures de BAJA ne font également pas honneur aux capacités de la console. Spéciale dédicace aux flaques de boue, particulièrement hideuses. Graphiquement, seule la profondeur de champ sauve le titre du naufrage, même s’il faut faire abstraction d’un clipping un peu trop présent. De même, il faut souligner le travail effectué sur les ombres par rapport à la version preview où ces dernières étaient en partie tronquées. Certes, elles manquent de finesse sur les contours mais, au moins, elles sont entières. Terminons sur la partie technique en soulignant des temps de chargement bien trop longs et un rendu misérable de la poussière rejetée par les roues de votre véhicule.
BAJA part donc avec un sérieux handicap qui masque presque totalement les qualités du jeu. Malgré les apparences, le titre de 2XL Games n’en manque pas. A commencer par la maniabilité qui offre de bonnes sensations. Même si là encore, tout n’est pas rose et que BAJA se tient le cul entre deux chaises. Celui-ci hésite entre une conduite arcade et une conduite simulation, même s’il penche davantage vers cette dernière. La technique qui consisterait à appuyer sur le champignon est ainsi rapidement vouée à l’échec car les tracés, déformés et chaotiques, demandent un juste dosage. Foncer tête baissée ne mène donc à rien car votre voiture aura vite fait de partir dans le décor en prenant une bosse. De fait, outre une bonne connaissance des circuits, il est préférable de jouer avec l’accélérateur pour ne pas se retrouver en surrégime. Car même si la boîte de vitesse est automatique, il vaut mieux appréhender une côte, en seconde ou en première, qu’en quatrième, à moins d’avoir suffisamment pris son élan. Même chose lors des virages. Si l’on peut très bien en passer en quatrième, la voiture perd forcément de la vitesse et a donc beaucoup de mal à repartir en sortie de virage. Il vaut donc mieux freiner avant un lacet afin de redémarrer en trombe. A ce sujet, il faut souligner l’excellente tenue de route lors des dérapages. Au final, les sensations sont bonnes et réalistes et on ressent bien chaque imperfection de la route, même si certains chocs paraissent trop appuyés, notamment contre les autres véhicules. L’intelligence artificielle n’en fait qu’à sa tête et ne se préoccupe pas de votre position sur la route. Le titre tire également vers l’arcade lors des sauts où il est possible de diriger son véhicule dans les airs. Ces sauts mettent à l’épreuve, par ailleurs, vos suspensions et la mécanique de votre véhicule. BAJA gère en effet les dégâts et il n’est pas rare que votre moteur se mette à fumer ou que l’un de vos pneus éclate sous l’effet d’un choc violent. On regrette toutefois que cette gestion des dégâts ne se matérialise que par quelques morceaux de carrosserie qui virevoltent au vent.
Avec de telles sensations, BAJA aurait pu être un très bon titre s’il avait bénéficié d’une réalisation digne de ce nom. D’autant qu’il est loin d’être avare en contenu avec de nombreux modes disponibles dont un mode carrière, classique, mais bien foutu et prenant. De plus, différents types de courses sont proposés comme des circuits en montagne, des courses d’endurance ou encore le mode BAJA qui met en concurrence tous les types de véhicules. Selon sa puissance, chaque bolide part avec un handicap plus ou moins important (symbolisé par sa position sur le circuit) et doit tout faire pour terminer à la première place. Il manque en fait quelques mois de développement à BAJA. Quelques mois qui auraient permis de peaufiner (ou plutôt revoir) des moteurs graphique et physique clairement à la peine, et nettement en-dessous de la moyenne. L’environnement graphique n’est pas forcément primordial dans un jeu vidéo mais il tient une place importance dans un jeu de rallye qui se veut réaliste. Si, en plus, la réalisation technique ne suit pas, c’est tout le titre qui en pâtit, et ce, quelque soit ses qualités.
Vidéo d'illustration
Certes, BAJA souffre de la comparaison avec Pure. Et même s’il n’avait pas besoin de ça, le jeu de 2XL Games se saborde lui-même. La faute à une réalisation technique et graphique désastreuse, indigne d’une console next-gen. Dommage, car BAJA ne manque pas d’attrait avec des sensations en course plutôt agréables et un contenu complet.
- Dérapages bien rendus
- Nombreux modes de jeux complets
- Gestion des collisions très perfectibles
- Le moteur physique
- Clipping trop visible










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