La première version de Persona 3 étant sortie fin février 2008, il y a de grandes chances, si vous êtes fans de Shin Megami Tensei ou des RPG japonais en général, que vous l’ayez déjà acquis. Or, voilà qu’à peine 8 mois plus tard, une version améliorée du soft débarque en Europe. Quant on sait que Lucifer’s Call nous avait fait bénéficier d’emblée de son hallucinant scénario bonus (les Kalpas, ainsi que de sa fin en apothéose : la « true demon ending ») que dire de ce Persona 3 FES ? Doit-on débourser 30 euros, après les 50 euros de février, pour pouvoir bénéficier des bonus ?
The Journey
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Outre la nouvelle et superbe jaquette en plus d’un livret joliment illustré, Persona 3 FES (FES pour FEStival) propose aux joueurs deux aventures distinctes. La première est baptisée The Journey. Elle reprend la trame originale de Persona 3 en l’agrémentant de quelques améliorations (nouvelles personae, nouveaux S-links, un niveau de difficulté Hard, la possibilité de fusionner ses armes et l’ajout de nouveaux défis dans la Velvet room.) Si vous avez déjà fini le scénario, vous pourrez débuter en New Game+ et transférer votre compendium démoniaque, les sorts de fusions connus, les caractéristiques du personnage (charme, courage et intelligence) et certains objets. Le second scénario, propre à FES, s’intitule the Answer. On va y revenir. Si vous ne connaissez pas encore Persona 3, vous pouvez également vous reporter à notre test du mois de février.
De quoi parle-t-on dans ce jeu au pitch si sombre, si fou ? D’un Japon où, tous les soirs à minuit, s'ouvre une heure parallèle, la Dark Hour. Cet espace arraché au temps est hanté par des milliers de monstres, qui dévorent la conscience des gens endormis. Pour lutter contre cette menace, une poignée de privilégiés capables de rester éveillés pendant la Dark Hour se rassemblent en une unité spéciale, dédiée à la chasse aux démons. En se tirant une balle dans la tête, ils font remonter leur personnalité enfouie : la persona, dotée de pouvoirs magiques dévastateurs. Notre héros, un jeune lycéen accompagné de quelques camarades de classe se lancent à l'assaut de leur propre école, métamorphosée en tour de cauchemar. Empilement invraisemblable d'étages, ce labyrinthe sans cesse en mouvement baptisé le « Tartarus » nécessitera de nombreuses nuits d'efforts avant d’en voir le sommet. Et, malheureusement pour vous, vous ne serez pas dispensé de cours pour vos bons et loyaux services. Car le jour, il va falloir étudier.
De façon classique dans un Megami Tensei, les affrontements reposent sur des attaques élémentales (feu, glace, foudre, vent, etc.) Leur place est cruciale, plus que dans tout autre RPG. Connaître le point faible d'un ennemi est un atout majeur mais, à l’inverse, la plus minuscule erreur peut entrainer des conséquences désastreuses. Chaque assaut porté sur le Weak Point du monstre vous donnera en effet un tour supplémentaire pour attaquer. Si vous mettez K.O l'ensemble de vos ennemis, vous pouvez lancer une attaque commune, qui provoque de lourds dégâts. Mais attention, le schéma est le même pour l'ennemi ! S'il met le doigt sur votre faiblesse, il aura tout loisir de vous démolir en quelques coups. Vous ne pouvez pas contrôler vos alliés qui agiront de leur propre chef. Heureusement, l'intelligence artificielle est correcte.
Comme d'habitude également, on retrouve le principe des fusions. Alors que vos alliés n'ont qu'une seule Persona dédiée, votre héros peut en utiliser plusieurs. Toujours aussi plaisant, le système de la fusion de monstres offre des possibilités énormes et demande souvent beaucoup de réflexion afin de tirer le meilleur parti possible de ses Personae. En fusionnant deux ou trois démons, vous mixerez aussi leurs capacités. A vous de vous débrouiller pour retenir les plus intéressantes et en générer de nouvelles.
Mais ce qui fait la force de Persona 3 et qui le rend unique, c'est l'entremêlement original des trames diurnes et nocturnes. La nuit, le jeu tourne au dungeon-RPG classique. On explore chaque recoin du Tartarus. On monte dans les étages, pour massacrer des monstres de plus en plus puissants. Mais le jour, notre jeune tueur nonchalant n'est qu'un étudiant comme les autres. Le jeu lorgne alors vers un genre très particulier : la simulation de vie scolaire ! Chaque joueur fera alors sa propre expérience de Persona 3, en construisant jour après jour la vie sociale et guerrière du héros. Malheureusement, tout ceci ne peut masquer une certaine linéarité et la répétition s'installe très vite, rythmée par la succession du jour et de la nuit ; répétitivité que les phases de pleine lune, théâtre des événements les plus féroces, ne parviennent pas tout à fait à casser. On fait rapidement le tour de son lycée et de la ville. Ceci cumulé à la durée de vie titanesque du soft (50 heures minimum, 70 h de moyenne, 100 h pour les acharnés) ne le rend pas forcément plus digeste.
























