Chaque film d’animation réalisé par les studios de Pixar a droit à son adaptation en jeu vidéo. Sans exception. C’est donc en toute logique que l’on retrouve celle de Wall-E, leur prochain long métrage, attendu le 30 juillet sur nos écrans. Comme d’habitude, le jeu sortira sur quasiment tous les supports du moment. C’est sur PSP qu’on le découvre aujourd’hui.
Droit dans le mur ?
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Si la filmographie de Pixar ne cesse d’étonner par sa qualité et sa constance, on ne peut pas en dire autant des adaptations en jeu vidéo où le médiocre et le tout juste correct se côtoient. Du coup, l’arrivée de Wall-E ne suscite aucune attente particulière. D’ailleurs, la meilleure façon d’appréhender le titre est de ne rien attendre de lui. Bien que le jeu de THQ suive dans les grandes lignes la trame du film, il débute par une séquence inédite qui se déroule avant son ouverture. Les humains ont quitté la Terre et ont laissé le soin à une compagnie de robots de la nettoyer. Avant que Wall-E ne se retrouve seul, il était donc accompagné de plusieurs centaines de milliers de robots. En guise d’introduction, on doit envoyer Wall-E en phase de révision après une journée de dur labeur. Un passage qui permet en fait de se familiariser avec les commandes du jeu.
700 ans plus tard, Wall-E est le dernier « survivant ». Les premières missions consistent à faire un peu de nettoyage mais très vite, la solitude du robot va être brisée par l’arrivée d’un autre robot venu de l’espace. Il est inutile de comparer le film au jeu car l’histoire de ce dernier n’en reprend que quelques scènes. Et tandis que la première partie de l’œuvre d’Andrew Stanton se fait quasiment muette dans sa version cinématographique, la réalisation d’Heavy Iron Studios est nettement plus classique. A l’image du jeu. Contrairement à Pixar qui ne cesse de creuser ses thématiques et de travailler sa mise en scène de film en film, les adaptations vidéoludiques s’enfoncent dans une platitude qui finit par devenir lassante.
Derrière sa volonté d’offrir des missions variées, Wall-E reste finalement un simple jeu d’action-aventure avec une grande dose de plates-formes. La plupart du temps, il faudra parcourir des niveaux (assez ouverts) à la recherche d’un certain nombre de pilules, permettant l’accès à une porte verrouillée. Le titre alterne aussi avec des passages chronométrés où vous devrez arriver à la fin du niveau avant la fin du temps imparti. On retrouve d’ailleurs ces niveaux dans le mode, abusivement appelé « Mini-jeu » (une appellation à la mode en ce moment), pour tenter d’améliorer ses scores. Mais que ce soit de la recherche ou de la rapidité, les phases de plates-formes forment 80 % de l’architecture des niveaux.
Les robots ne savent pas sauter
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Un choix surprenant puisque le héros du jeu est un robot loin d’être agile. Et ça se sent d’autant plus que la précision n’est pas forcément au rendez-vous. Sans aucun élan, Wall-E ne décolle pas les chenilles. Les sauts se basent en fait sur un système de vitesse. Plus votre personnage va vite, plus il sautera loin et haut. Il est donc indispensable de prendre suffisamment de vitesse pour traverser un précipice important. Pour cela, des rampes (façon half-pipe) permettent à Wall-E de s’élancer. Malheureusement, la rigidité du stick analogique de la PSP n’aide pas. Et les problèmes de caméra viennent également compliquer les choses. Sans crier au scandale, certains passages demandent alors une certaine patience.
Techniquement, Wall-E n’émerveille pas. On a déjà vu beaucoup mieux sur PSP même si la 3D est correcte. Le titre trahit surtout un manque de finition. Les couleurs sont délavées, dépourvues de contraste et la finesse des textures laisse à désirer. Les musiques, bien que tirées du film, se montrent de leur côté trop répétitives et auraient gagné à se faire plus discrètes à certains moments. Comme tous les précédents films de Pixar, Wall-E s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes. Sur PSP, il vise essentiellement les enfants. Le titre ne conserve que peu de choses du long métrage. Il en retient surtout l’image, qui lui permettra de se vendre. Il n’est qu’un prétexte. Il délaisse tout le génie du film, son histoire d’amour, aussi belle qu’improbable, sa mise en scène, son expérimentation mais aussi son attention aux détails. Certes, ce sont des éléments plus ou moins liés au septième art, difficilement transposables dans un jeu (encore que), mais les développeurs ne se sont vraiment pas creusés la tête pour nous offrir un titre original. S’il y a une touche Pixar indéniable, les jeux vidéo manquent, eux, cruellement de personnalité.
Il est inutile de comparer le film au jeu vidéo. Les deux n’ont in fine rien à voir. Pourtant, on ne peut s’empêcher de déplorer le résultat obtenu étant donné le matériau d’origine. L’adaptation de Wall-E est tiède et sans surprise. Pas un mauvais jeu en soi. Mais il s’oublie aussi vite qu’il se termine (comptez environ 7 heures de jeu), noyé dans une masse de titres qui, à force de se ressembler, finissent par s’annuler.
- L’univers…
- La maniabilité perfectible
- La caméra légèrement capricieuse
- Le manque d’idées
















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