Archéologues du jeu vidéo, ressortez pelle et casque du placard, car c’est un dinosaure que nous déterrons aujourd’hui. Rendez-vous compte : la première version de Space Invaders est sortie en 1978. 1978 ! Le disco était à la mode et le punk, âgé d’un an, un mouvement encore marginal … Bref, Taito, jamais à court d’idées pour recycler ses vieilles licences, offre aujourd’hui un lifting de luxe à ce qu’on peut considérer comme le tout premier shoot’em up… Que voulez-vous : la nostalgie, ça peut rapporter gros.
Revival sous acide
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J’en aperçois deux au fond qui me regardent avec de grands yeux ronds… Il va donc bien falloir expliquer le concept de base de Space Invaders (ah, ces jeunes…) : vous dirigez, tout en bas de l’écran, une sorte de vaisseau ne pouvant se déplacer que vers la droite ou vers la gauche. Au dessus : une rangée d’envahisseurs adoptant une forme désormais mondialement célèbre (grâce, notamment, à l’artiste de rue « Space Invaders », posant sur les murs des capitales du monde entier ces petites créatures pixélisées.). Ces extraterrestres belliqueux avancent lentement mais inexorablement vers le sol et c’est à vous de tous les détruire avant l’invasion fatale. Une sorte de Guerre des mondes en pixel-art si l’on peut dire. Bref, à sa sortie (en 1978 donc), le titre de Taito fût un carton phénoménal et surpeupla les premières salles d’arcade du Japon.
Tout pile trente ans plus tard, Taito nous refait le coup de l’invasion et, cette fois-ci, c’est sur console portable que ça se passe. Mais attention, ce Space Invaders « new gen » est désormais sous-titré « Extreme », si bien que l’on peut légitimement s’attendre à quelques nouveautés.
Parlons de l’habillage tout d’abord. Certes, le retro gaming et les gros pixels, ça a son charme, mais il faut penser tout de même aux jeunots ayant commencé le jeu vidéo avec la PS2. C’est pourquoi l’aspect visuel de ce Space Invaders Extreme mixe astucieusement charmes d’antan et effets 3D maquillés de couleurs psychédéliques. Autant vous prévenir : les épileptiques auraient toutes les raisons de s’éloigner de l’écran, tant celui-ci regorge de flashes, effets de lumière agressant la rétine et décors de fond digne des meilleurs trips sous LSD. Clairement, ce parti pris artistique ne plaira pas à tout le monde, mais les amateurs de délires visuels à la REZ risquent d’apprécier.
La transe-goa et le shoot’em up, c’est mon dada
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Si l’on évoque plus haut REZ, c’est aussi parce que Space Invaders Extreme accorde une grande importance à l’aspect sonore. Allant de paire avec le délire « electro transe » de ses graphismes, le titre plonge le joueur dans une bande son pleine de beats frénétiques et, surtout, l’invite, à y participer. Chaque stage dispose de son ambiance sonore et les bruitages ne font plus qu’un avec la musique. Tirez en rythme sur les extraterrestres, abattez les dans un certain ordre et vous obtiendrez un ensemble sonore cohérent, donnant un souffle inattendu au jeu. Si l’on n’atteint pas le génie créatif de REZ, l’ensemble est suffisamment plaisant pour motiver le joueur amateur de sons électroniques à persévérer, ne serait-ce que pour entendre la piste suivante.
Si la réalisation globale du titre donne dans l’original, le fond reste, quant à lui, bien plus classique. Bien sûr, Taito ne pouvait décemment pas se contenter de refourguer le même gameplay de trente ans d’âge, avec ses lourdeurs et raideurs d’origine. Si bien que le titre se retrouve découpé en stages (rien de nouveau de ce côté), clôturés invariablement par un boss de fin. Afin de varier un tant soit peu les sensations, les envahisseurs se divisent en plusieurs catégories de couleurs, offrant chacun des bonus différents. Abattez en un certain nombre dans le bon ordre et une petite capsule descendra vous apporter un laser, des bombes, un bouclier, etc… De même, la classique soucoupe volante passant régulièrement en haut du tableau ne sert plus seulement à améliorer son score. Selon sa couleur, celle-ci vous projettera dans un bonus stage permettant d’entrer en mode « fever » et rendant votre vaisseau temporairement surpuissant. Enfin, votre vaisseau gagne, au fur et à mesure de ses victoires, de l’expérience et devient ainsi de plus en plus performant.
Bref, sur le papier, toutes ces nouveautés semblent apporter un nouveau souffle à un concept éculé. En pratique, ce n’est malheureusement pas tout à fait le cas et l’on finit, de toute manière, par marteler frénétiquement le bouton de tir afin d’éradiquer le plus vite possible les créatures du tableau. De même, si la tentative de moderniser le gameplay est notable, la difficulté « à l’ancienne » reste malgré tout plus que jamais présente : entre deux et quatre vies et l’obligation de recommencer le stage depuis le début en cas de mort définitive. Ce challenge « old school » est indéniablement un plus pour les joueurs déçus de la mode actuelle du « tout casual », mais ce n’est certainement pas avec cette façon d’aborder le gameplay que le titre trouvera grâce aux yeux du grand public.
Déception, aussi, du côté du multijoueurs : bien que praticable online, le seul et unique mode deux joueurs offre peu d’intérêt et ne passionnera pas plus de quinze minutes. Dommage, avec un plus de réflexion et d’audace, il y avait largement de quoi exploiter la convivialité du titre.
Difficile de cerner Space Invaders Extreme. Identité visuelle et sonore très forte ; gameplay remanié, mais pas trop : deux composantes pas forcement compatibles entre elles qui laisseront de nombreux joueurs sur le bas côté. Si le parti pris artistique est définitivement un plus, ses mécaniques de jeu s’avèrent bien vite répétitives. Le titre amusera sans doute les amateurs d’ambiance « free party » ainsi que les nostalgiques, mais uniquement lors de courtes sessions de jeu. Reste que la chose est vendue à « petit prix » (30€), ce qui pourra éventuellement faire pencher la balance en sa faveur.
-Ambiance sonore excellente, pour qui aime l’électro
-Quelques nouveautés dans le gameplay
-Prix en dessous de la moyenne
-Difficulté « à l’ancienne »
-Très vite répétitif
-Le mode mutlijoueurs, sans intérêt























