Comme dans la plupart des cas, l’adaptation vidéoludique du film Bienvenue chez les Robinson a précédé de quelques jours sa sortie en salles. De manière générale, ce genre de transfert n’est jamais très concluant au résultat. On se rappelle des expériences de Pirates des Caraïbes : Jusqu’au bout du monde et de Spider-Man 3 n’avaient pas marqué l’univers du jeu vidéo, alors quid de Bienvenue chez les Robinson ? Avalanche Software a-t-il réussi la bonne exploitation de la licence ? Nous avons décortiqué la bête pour tenter d’en savoir un peu plus.
Détour vers le futur
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Bienvenue chez les Robinson, le jeu, reprend en grande partie le scénario du film dont il est tiré, à la différence près que le héros n’est pas le même. De fait, exit Lewis. Le petit génie aux équations alambiquées restera dans son monde et à son époque, bien qu’on soit amené à le rencontrer au cours de la partie. Ici c’est Wilbur Robinson, le fils de la famille, qui sert de farce à la dinde.
Le jeu s’organise donc autour de lui et du vol d’un vaisseau spatio-temporel. Wilbur a une passion, il collectionne les personnages célèbres qu’il va photographier à leurs époques. Mais voilà, un jour où il rentre de l’une de ses expéditions temporelle, il oublie de fermer la porte du garage familial et le drame se produit, un étrange inconnu surmonté d’un chapeau melon à la volonté propre s’y introduit et vole la machine à voyager dans le temps. Wilbur, ne voulant pas gouter à la colère paternelle, décide alors d’ « emprunter » à son père la seconde navette du même type. C’est vraiment là que l’aventure commence.
Robin sonne faux
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Le jeu en lui-même suit un combiné aventure-action à la troisième personne, alternant intelligemment les phases d’énigmes et de combat. Dans Bienvenue chez les Robinson, chaque niveau se divise en tâches que l’on doit remplir une à une. Celles-ci peuvent être aussi diverses et variées que récupérer un désassembleur ou ouvrir la porte du garage, deux objectifs qui, contre toute attente, sont dotés d’une difficulté égale. Et la difficulté, parlons-en ! Mal dosée, celle-ci est en réalité due aux défauts du gameplay. Tout d’abord, les développeurs n’ont pas jugé nécessaire de doter leur jeu d’un réticule de visée permanent, obligeant le joueur à utilisé le bouton L1 pour passer en mode visée automatique, ce qui à le don de casser le rythme de course du personnage et ainsi de le rendre totalement vulnérable face à ses adversaires. On essaye donc de palier à ce défaut de conception en tirant au jugé à la Brothers in Arms, mais la mayonnaise ne prend pas et on se retrouve vite au dernier checkpoint.
Surmonté cet obstacle de maniabilité, on s’aperçoit rapidement que certaines énigmes ou phases de progression s’éternisent à cause du manque d’indications ou de la complexité des résolutions, et ce n’est pas le robot qui nous accompagne en vocal qui va nous être d’une grande utilité avec ses phrases du genre « N’oublies pas de tout scanner lorsque tu entres dans une pièce. » Pour un jeu destiné particulièrement aux fans du film en culottes courtes, la prise en main laisse sérieusement à désirer bien que certains détails, comme l’indication des touches à l’écran, aient été développé en tenant compte du public visé. Ainsi donc, à moins d’être un féru amateur de casse-têtes irréalisables et de jouabilité perfectible, on est de temps en temps tenté de lâcher la manette.
Licence servie tiède
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Et c’est bien dommage puisque du point de vue scénaristique, Bienvenue chez les Robinson se place en bon complément du film, éclaircissant quelques points restés flous. La maison des Robinson en est un bon exemple. On se promène absolument partout dans cet endroit surprenant, du sous-sol aux chambres, en passant par le jardin qui comporte un mini-jeu de course contre-la-montre en bulle. Ce genre de petit aparté parsème les niveaux et permet de relancer l’intérêt du jeu en diversifiant les actions à réaliser. Intérêt du jeu qui n’est malheureusement pas suivi par le level-design qui montre des décors trop épurés. Certains endroits, comme le sous-sol de la maison, se payent même le luxe d’être sombres, trop sombres, au point que, dans certaines zones, on n’identifie plus son personnage du reste de la pièce.
Heureusement, il reste la bande-son qui, sans être extraordinaire, a au moins le mérite d’être correcte avec des dialogues ancrés dans le même esprit que le film et des musiques, somme toute, discrètes et efficaces. Dans la continuité de ce point positif, l’inventaire du jeu est, quant à lui, bien fourni avec un gant de chargerball et ses boules offensives, un scanner pour tout savoir sur tout et le désassembleur qui démantèle les objets pour en récupérer les pièces.
Digne fils d’inventeurs, Wilbur peut utiliser ces pièces dans une espèce de « machine à créer » qui fabrique l’objet désiré, apportant, par exemple, un rond en plus dans la barre de santé ou encore un code triche. Bienvenue chez les Robinsons version PS2 se joue, par contre, entièrement en solo avec une durée de vie assez courte lorsque l’on ne bloque pas à cause du gameplay. Pas de multijoueurs donc. On aurait pu espérer ce type de mode qui aurait été agréable pour affronter ses amis à travers les différents mini-jeux du soft.
Extrait du jeu
Au final, Bienvenue chez les Robinson est un jeu lambda. Sans surprise, la licence a encore été traitée à la va-vite par souci de date de sortie. On a donc une jouabilité médiocre et des graphismes appauvris pour un jeu d’une PS2 en fin de vie et qui montre pourtant aujourd’hui tout son potentiel dans des titres tel que God of War II. Aussi, il faudra beaucoup de patience pour passer sur ces points et profiter du véritable atout du jeu : le prolongement du long-métrage.
- Le désassembleur !
- Les mini-jeux qui relancent le jeu
- Les dialogues savoureux
- Une jouabilité que trop perfectible
- La visée automatique horripilante
- Une mauvaise gestion de la difficulté
- Une licence gâchée de plus
















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