Quelques mois après une version « next-gen » plutôt réussie, le très addicitif Civilization nous fait enfin l’honneur d’une transposition nomade. Et quoi de mieux que l’écran tactile de la DS pour accueillir comme il se doit la licence créée par Sid Meier ? Avis aux amateurs de stratégie au tour par tour couillus : la portable de Nintendo n’est pas juste bonne à accueillir des simulateurs de poney, qu’on se le dise. A noter que la première partie de cet article reprend celle du test Xbox 360, les mécanismes de gameplay restant les mêmes d’une plateforme à l’autre.
Avec Cléopâtre, c’est dans la poche
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Pour nos lecteurs n’ayant jamais posé les yeux sur un « Civ », il convient d’en rappeler brièvement le principe. Le titre de Sid Meier vous propose, en tout simplicité, de prendre en main la destinée d’un peuple, en partant de la préhistoire jusqu’à la conquête spatiale. Simple tribu, les quelques colons disponibles en début de partie fondent une première ville, point de départ de tout. A vous, par la suite, de faire les bons choix pour mener votre peuple à la prospérité.
Simple en apparence ? Presque. Civilization possède en effet la capacité d’éduquer le joueur progressivement. Il ne lui demandera, les premiers instants, que de gérer quelques unités éparses sur la carte. Puis, plus lentement, le mènera à administrer (au tour par tour) un empire constitué d’une dizaine de cités. Bien entendu, nous ne sommes pas seuls au monde. Très vite, d’autres peuples se manifestent et vous proposent la paix ou la guerre, selon l’humeur et surtout selon votre réponse. Le but final d’une partie de Civ étant bien entendu de dominer toutes les autres nations.
Et il vous en faudra du cran en plus d’un sens aigu de la stratégie pour imposer votre peuple face à Cléopâtre, Gengis Khan, Gandhi, Lincoln ou César. Au lancement, un choix parmi 16 civilisations vous est offert, chacune possédant ses forces et ses faiblesses. Une décision cruciale dès le départ et qui conditionne le type de victoire que vous souhaitez remporter. Car la guerre n’est pas la seule issue dans Civilization Revolution : les pacifistes et les hippies peuvent en effet opter pour le développement culturel, la victoire s’acquérant en construisant des merveilles (Grande pyramide, Muraille de Chine, Hollywood, Internet…) ou en attirant des personnages illustres dans vos cités.
Les capitalistes, quant à eux, se tourneront vers la victoire économique. Amasser de l’or et construire la première banque mondiale devient alors le but premier. Enfin, les pionniers dans l’âme miseront tout sur la recherche, découvrant les meilleures technologies avant les autres et préparant ardemment la première expédition vers Alpha du Centaure. Vous l’aurez compris, Civilization : Revolution offre, tout comme ses prédécesseurs, différentes manières d’aborder une partie, permettant de varier un gameplay bien rôdé et huilé depuis de nombreuses années. Nous pourrions étaler sur des centaines de lignes une description complète des mécaniques du titre, tant celui-ci s’avère profond et complet : gestion des ressources, recherche scientifique, planification de la guerre, diplomatie entre les peuples… Plus l’on avance dans une partie, plus la richesse du titre se dévoile, insoupçonnée au départ.
Une transposition qui manque de souffle
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Venons en maintenant à la question qui taraude le joueur avide de mégalomanie : que vaut cette transposition sur DS ? Premier grincement de dents tout d’abord : c’est laid. Vraiment. Certes, Civ n’a jamais eu besoin de se parer des dernières technologies pour s’attirer les faveurs des amateurs du genre, mais tout de même, difficile de s’habituer à cet amas de pixels rappelant douloureusement le premier épisode paru en…1991. D’autant plus que titre se permet de ramer sévèrement dès que l’on fait défiler la carte et ce quel que soit le nombre d’unités à l’écran. Bref, ce n’est certainement pas par son aspect technique que Civilization Revolution brillera aux soirées de l’ambassadeur.
Ni grâce à son interface d’ailleurs puisque le titre se veut simple d’accès, mais oblige à de perpétuels allers-retours dans les menus et offre une visibilité d’ensemble assez mauvaise. Impossible de visionner d’un seul coup d’œil l’évolution de ses villes et surtout impossible de dézoomer pour bénéficier d’une vue d’ensemble de la carte. Et que dire devant la disparition pure et simple du Civilopédia, véritable encyclopédie interactive qui apportait une vraie valeur ajoutée aux autres épisodes ? Bref, si la réalisation est le premier point noir de cet opus DS, la navigation et l’interface sont définitivement une autre faiblesse, ce qui commence à faire beaucoup pour un seul titre.
Mais, paradoxalement, cette accumulation de défauts nuit assez peu à la profondeur et au plaisir de jeu. Car malgré des graphismes qui écorchent la rétine et une prise en main laborieuse, la sauce prend toujours et les tours de jeu s’enchainent jusqu’en l’an 3000, de manière quasi hypnotique. A la manière des versions PS3 et X360, la profondeur de jeu est (peu) sacrifiée au profit de la « consolisation » de la licence. Alors que les débuts de partie semblent simples et rébarbatifs, le challenge monte vite, une fois quelques cités érigées et les premiers contacts avec les autres peuples noués. Diplomatie, échanges, négociations, éradication… L’IA semble en tout cas assez solide pour mettre à mal le tacticien en quête de défis. Autre ajout sympathique : un mode multijoueur en réseau local (nécessitant malheureusement une cartouche par joueur) ou via le service online de Nintendo. Bien qu’intéressantes, ces parties en ligne où l’on doit attendre la fin du tour du joueur adverse pour en entamer un nouveau, s’avèrent particulièrement longues et complètement inadaptées au format nomade de la DS.
Difficile d’émettre une opinion tranchée sur cette version DS de Civilization Revolution. En effet, le titre déçoit sur certains points importants mais arrive tout de même à nous accrocher grâce à son gameplay rôdé et toujours aussi addictif. Malgré une réalisation au ras des pâquerettes et une prise en main pénible, Civilization Revolution sur DS peut se poser comme un bon complément des opus « next-gen », pour qui souhaite prolonger le plaisir, où qu’il se trouve.
- Profondeur de jeu relativement conservée
- Ralentissements nombreux
- Interface peu pratique
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