Voici un nom qui retentit tel le gong dans le cœur de milliers de fans de bande dessinée. Des amateurs dont le palpitant ne manquera pas de faire un bond supplémentaire dans leur poitrine lorsqu’ils apprendront que le jeu est développé dans le studio créé par Benoît Sokal, autre auteur français de BD à succès. L’œuvre d’Enki Bilal, déjà portée au cinéma en 2004 par son créateur lui-même avec le film Immortel, Nikopol se décline enfin en jeux vidéo.
Dessine-moi un chacal
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Le jeu de White Bird Studios nous propose donc de plonger au sein du Paris de 2023 imaginé par Enki Bilal au début des années 80. Il aura donc fallu près de trente ans pour voir enfin cette œuvre majeure portée en jeu vidéo. Enki Bilal a lui-même supervisé le projet qui ne se contente pas de retracer les événements de la bande dessinée mais nous offre de la redécouvrir sous un autre angle en incarnant le fils du héros originel. Le joueur incarne ainsi Alcide Nikopol Junior dans une capitale française futuriste en proie à la dictature politico-religieuse du mégalomane Jean-Ferdinant Choublanc. Le 21e siècle qui nous est dépeint ici transpire la crasse, les inégalités sociales, la peur et le fanatisme religieux envahissant la vie politique comme au Moyen-Age.
Un climat de tension permanent pèse sur les habitants de Paris, répartis en deux groupes dans autant d’arrondissements séparant les pauvres et faibles des riches et puissants. Un contraste encore renforcé par le choc d’un passé millénaire refaisant surface dans les cieux pollués d’une capitale en pleine période d’élection. Une mystérieuse pyramide égyptienne est apparue au-dessus des locaux du gouvernement, faisant peser une menace supplémentaire inconnue au dessus de la populace déjà bien malmenée. Alcide Nikopol Junior se réveille dans son appartement miteux, en presque en ruines et fuyant de toute sa tuyauterie. Un lieu bien connu des lecteurs de Bilal et dans lequel se déroule le premier des cinq chapitres de l’aventure. Si la trilogie Nikopol nous embarque jusqu’en Equateur, le jeu de White Bird Studios se cantonne à la France avec la visite du cimetière, le métro, la Tour Montparnasse et l’Elysée, tous dans leur représentation futuriste. Bien vite, le jeune Nikopol se retrouve aux prises avec des forces qu’il ne connait ni ne comprend, comme, par exemple, des monstres policiers sortis d’on ne sait où et d’antiques dieux égyptiens avides d’énergie et de pouvoir jouant à cache-cache parmi les mortels et tentant de placer Nikopol senior sur le trône de Choublanc…
Méli-mélo
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Le jeu Nikopol : La Foire aux Immortels risque de laisser un sentiment de confusion et d’incompréhension aux profanes n’ayant pas eu la chance d’approcher la BD originale. L’introduction très succincte du jeu ne fournit que de très légères bases au joueur qui se retrouve tout de suite propulsé dans la peau d’un personnage à propos duquel on sait très peu de choses. Il faut pourtant se lancer tête baissée dans l’aventure en incarnant Nikopol en vue subjective. Ce point & click nous permet donc de nous promener d’écran en écran avec la possibilité d’observer les décors à 360°. Le curseur central, discret et bien intégré, change de forme lorsqu’il pointe un objet interactif ou une sortie, comme dans bon nombre de titres du même acabit. Les vieux routards de l’enquête virtuelle et autres aventuriers vidéoludiques resteront donc donc en terrain connu et il en sera de même tout au long du jeu. On trouve tout de même quelques phases d’action trépidantes durant lesquels le joueur n’a qu’un temps limité pour se sortir d’une situation périlleuse.
En effet, le gameplay de Nikopol continue dans le classicisme avéré avec des énigmes nombreuses, parfois retors, mais qui ne bloqueront jamais bien longtemps les gourmets du bouillon de méninges. La solution apparait généralement rapidement et seule sa mise en pratique prendra parfois du temps. Certains objets biens cachés dans le décor ou encore une marche à suivre vaseuse seront les seuls véritables obstacles capables de faire buter le joueur moyen. Ce même joueur ne restera d’ailleurs pas plus de six heures devant son écran et les cinq chapitres d’un jeu qui avait pourtant tout pour devenir un grand du point & click. L’univers d’Enki Bilal, la complexité de son intrigue - des dieux de l’Egypte ancienne se mêlant de la politique terrestre dans un futur cyberpunk laisse toute liberté à la divagation – bénéficient d’une représentation graphique de qualité. Hélas, White Bird n’a pas assez creusé son sujet pour nous tenir en haleine de longues heures ou encore éveiller l’intérêt pour un scénario réduit au strict minimum. Tout comme le gameplay qui se limite à du ramassage d’objets qu’on ne peut pas combiner ou si peu. Un inventaire, deux clicks et voilà tout. Heureusement, les dialogues et quelques petites touches aussi originales que trop rares (les séances de snipe) permettent d’apprécier la qualité technique d’un titre qui ne sert peut-être que de mise en bouche à une série de jeux Nikopol – La Foire aux Immortels étant le titre du premier épisode de la trilogie papier.
Si l’aspect technique de Nikopol : La Foire aux Immortels ne souffre d’aucun reproche pour un jeu d’aventure, sa durée de vie et l’exploitation superficielle et parfois floue d’un univers pourtant très fouillé plombe sa note finale. Espérons que d’autres épisodes sont à l’étude chez White Bird Studios et qu’ils prolongeront le plaisir d’évoluer dans ce monde si particulier fruit de l’imagination d’un génie.
-Un parallèle à l’œuvre de base
-Le chef d’œuvre d’Enki Bilal enfin en jeu vidéo
-Enigmes originales…
-Beaucoup, beaucoup trop court
-Facile
-Univers trop peu exploité
-Un peu cher
















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