Cinq années se sont écoulées depuis la sortie sur PS2 de Stuntman, opus relativement médiocre doté d’un gameplay aussi aberrant que rébarbatif. Le titre, alors développé par Reflections, ne méritait vraiment pas que l’on s’use les yeux devant des graphismes décevants, ou que l’on s’acharne à tirer un semblant de mouvement cohérent à des voitures visiblement guidées par le Malin. C’est donc sans grand enthousiasme que nous avons accueilli cette suite, cette fois-ci signée Paradigm.
Ode au cinéma d’action
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Amusante coïncidence que voilà. Il y a quelques semaines sortait sur les écrans « Boulevard de la Mort », film volontairement ringard réalisé par un Quentin Tarantino au sommet de son art si personnel. Toute une faune de cinéphiles aux goûts aléatoires, des fans de l’auteur de Pulp Fiction en passant par les passionnés d’action-movie vintage ou par les groupies de Kurt Russel (il y en a), s’est momentanément laissée enthousiasmer par l’univers des cascadeurs du septième art. Le 30 août dernier, à peine les aventures rocambolesques de Stuntman Mike disparues des salles obscures, a débarqué Stuntman Ignition, suite inattendue de la mouture sortie en 2002. Même si les délais sont trop courts pour y trouver une relation de cause à effet, la coïncidence mérite d’être signalée, d’autant plus qu’il est possible que les ventes du jeu soient boostées par la qualité du film. Mais cessons de supputer de manière hasardeuse et concentrons-nous sur ce titre, développé par Paradigm Entertainment et édité par THQ.
Dans ce jeu, le mode « carrière » doit vous permettre de percer à Hollywood en tant que cascadeur motorisé. Sur deux roues, en voiture de sport ou en Monster Truck, vous devrez répondre aux attentes des réalisateurs en effectuant des culbutes à la sophistication croissante. Si le timing de vos cascades est respecté et que l’aspect sensationnel assouvit pleinement les désirs du cinéaste, vous pourrez tourner la scène suivante. Et ce, jusqu’à ce que le film soit dans la boite. Vous aurez alors la possibilité de signer un nouveau contrat portant sur un long-métrage plus ambitieux. Ainsi va la vie à Hollywood : il faut parfois démarrer dans des productions très cheap avant de grimper progressivement vers la gloire et les blockbusters survitaminés.
Avec six films différents, Stuntman Ignition offre autant d’environnements différents où vous devez enchaîner dérapages, virages à 180 degrés, sauts d’obstacles et moult autres cabrioles. D’un film catastrophe ressemblant au « Pic de Dante » à un ersatz de James Bond, en passant par un métrage copiant allégrement l’univers de « Sherif, Fais-moi peur », vous devez enchaîner les prouesses au volant et obtenir des cachets proportionnels à vos talents. Ces films, répondant aux irrésistibles noms d’After Shock, Whoopin and a Hollerin II, Strike Force Omega, Overdrive, Never Kill Me Again et Night Avenger, sont tous des caricatures outrancières mais néanmoins amusantes de films hollywoodiens. Autant dire d’emblée que nous évoluons dans un monde de stéréotypes où aucun cliché ne nous sera épargné. Et c’est bien évidemment ce qui rend le jeu si fun.
« Sortez-moi de la lave s’il vous plaît »
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Au niveau des commandes, c’est on ne peut plus simple. Les gâchettes RT et LT permettent respectivement d’accélérer et de freiner. La touche « B » consent aux dérapages tandis que « Y » offre la possibilité d’effectuer des actions spéciales que le réalisateur réclame. La prise en main est donc ultrarapide et le gameplay réduit au minimum syndical. Cependant, la diversité des véhicules force à modifier sa conduite selon que l’on commande une moto ou un fourgon blindé. Dans tous les cas de figure, le pilotage est évidemment porté vers un style arcade très agréable.
A l’aube du tournage du film, réalisateur et coordinateur y vont de leur speech pour vous présenter les cascades à venir et les objectifs du long-métrage. Grâce à un doublage français dynamique et franchement drôle par moments, l’aspect sonore du soft est lui aussi sympathique. Que ce soit en préambule de vos séances de tournage grâce à des conseils utiles ou au cœur même de l’action à la faveur d’indications précises (« dérapage à gauche », « à travers la palissade » ou, plus inquiétant, « sortez-le de la lave, les secours arrivent »), l’environnement auditif n’est jamais lassant. D’autant plus que quelques commentaires, tantôt flagorneurs, tantôt sarcastiques, ne vous laissent pas de marbre. A ce titre, les réflexions absurdes des dingos réalisant Whoopin and a Hollerin II valent le coup d’oreille. Enfin, lorsque vous terminez un tournage, une bande-annonce du film en question est offerte en bonus. Une ultime occasion de se marrer en visionnant ces trailers grotesques que les développeurs du jeu se sont amusés à insérer.
Stuntman Ignition se révèle donc rapidement être un jeu plaisant où l’ambiance délurée permet de passer de très bons moments. Pour ne rien gâter, le titre est également joli graphiquement. En dépit d’un vilain aliasing, surtout visible lors de zooms ou de plans rapprochés, les plateaux de tournage sont tous colorés, riches et bien pensés. Et si ces éléments vous échappent dans le feu de l’action, la bobine relatant vos exploits est disponible à la fin du tournage. La revisite de votre parcours, mis en scène dans une séquence où les cuts et les ralentis sont judicieux, vous permettra de profiter pleinement de l’univers tout autour. Et puisque l’on aborde l’environnement, saluons la réalisation du jeu, qui parvient à glisser sans encombre énormément d’éléments visuels de manière simultanée. Des boules de lave se crashent sur la chaussée, catapultant des camions-citerne dans des chalets qui explosent à leur tour. Bien animé et même assez spectaculaire.
rt
18/20





































