Sorti fin 2003, le premier volet de Manhunt avait déjà connu à l’époque une polémique fournie grâce aux précédents volets de la série fétiche de ses développeurs, les très controversés GTA et leurs meurtres gratuits soulignés d’intrigues plus que licencieuses. Aujourd’hui, le mauvais garçon de l’univers vidéoludique, Rockstar, est parvenu tant bien que mal à accoucher d’un Manhunt 2 dans la douleur de la censure. Petit tour dans un monde où malsain rime avec plaisir.
Malheur à ceux par qui le scandale arrive
|
Rockstar a toujours eu la fibre commerciale. Depuis le premier épisode de son Grand Theft Auto, le scandale alimente généreusement ses caisses. Le principe est simple. Tous les titres qui sortent des studios de cet éditeur sont en majeure partie interdits aux moins de 16 ou 18 ans et font référence aux vices les plus bas. Ainsi, lorsque son studio londonien annonce un nouveau jeu, les associations bien pensantes se font un malin plaisir de crier son indignation sur tous les toits du monde. Rien de tel qu’une grosse éclaboussure médiatique pour se payer une bonne tranche de pub. C’est donc sur ce même schéma qu’il y a quelques mois Manhunt 2 a fait son apparition dans les plannings de Rockstar. Jugé trop violent, il est tout d’abord interdit à la vente, sans autre forme de procès, avant même sa sortie. Si l’on passe sur toutes les élucubrations juridiques et autres effets de manches des différents organismes de censure, le nouveau volet de la chasse à l’homme est enfin arrivé dans les bacs américains après moult modifications de son contenu, exigées par l’ESRB. Et pourtant, après s’y être essayé, on ne comprend pas cette troncation. La violence et l’esprit malsain de Manhunt premier du nom y sont encore, mais c’est là que s’arrête la comparaison avec son aîné.
Manhunt 2 nous place dans la peau de Daniel « Danny » Lamb, schizophrène à ses heures perdues et véritable machine à tuer à temps complet. Mais ce présent houleux n’est pas l’apanage du passé de Danny. Le docteur Lamb menait une vie paisible avec femme et enfants avant de se retrouver au fond d’une cellule capitonnée de l’asile de Dixmor après une expérience étrange. Il n’est plus que le patient Lamb, durant six longues années de lavage de cerveau qui lui volèrent sa vie. Cependant, un jour de panique générale dans l’établissement, la porte de sa cellule est ouverte. Le miracle s’est enfin produit. Danny peut toucher du doigt sa liberté. Il s’enfuit alors à la recherche de son ex-vie emportant dans sa chute Leo Kasper, voisin à l’asile et maintenant compagnon d’infortune. Mais ce rebondissement n’est pas du goût de tout le monde. Les équipes du Projet Pickman se mettent alors à la recherche des fuyards. La chasse à l’homme peut commencer… vous êtes l’homme.



































