Habitué à sortir régulièrement ses licences sportives réactualisées, Electronic Arts nous a ici concocté le 3eme volet de sa série de boxe : Fight Night round 3. Un cliché assez commun dans nos esprits de joueurs consiste à penser que si on ne s’intéresse pas au sport, on ne peut pas trouver d’intérêt au jeu dudit sport. Ce Round 3 est la preuve même qu’il ne s’agit bien que d’une idée reçue. Ce qui séduit très vite dans les Fight Night, c’est qu’on devient acteur du monde de la boxe dans ses moments les plus mythiques. Que vous soyez ou non amateur de boxe vous avez sûrement entendu parler de boxeurs de légendes tels que Jake LaMotta, Sugar Ray Robinson, ou Muhammad Ali. On est donc forcément enthousiasmé quand on prend connaissance des différents modes de jeu. Voyons ce que cette version tardive PS3 a à nous proposer.
Prémisses d’un grand combat
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Vous avez le choix : soit lancer directement un combat, en sélectionnant les deux adversaires et sans aucune contrainte de catégorie de poids, soit jouer dans le mode ESPN classic qui vous permet de revivre les plus grands combats de boxes de l’histoire (Ali contre Frazier, Robinson contre Lamotta… pour ne citer que ceux là), ou encore d’intégrer le mode carrière. Dans le mode carrière vous pourrez jouer un boxeur que vous créez de toute pièce, ou bien incarner un boxeur connu, bien qu’il soit important de préciser que vous ne rejouerez pas exactement les combats qui ont jonchés leurs carrières.
Le mode carrière vraiment très complet risque bien de vous occuper une grande partie de votre temps dans le jeu. Il se déroule toujours comme suit : choix du combat et signature du contrat suivi d’une phase d’entrainement (avant laquelle vous pourrez choisir votre entraineur) puis le combat. Les phases d’entrainement sont importantes puisque elles vous permettent d’augmenter certaines caractéristiques de votre boxeur. Votre combattant commence avec des points que vous lui attribuez au départ dans des catégories comme sa puissance, sa vitesse, son endurance ou encore sa valeur menton (qui détermine sa capacité à encaisser les coups au visage) etc. A vous de choisir l’entrainement adéquat et de trouver le bon équilibre pour affiner le style de votre boxeur: sac de frappe, poids…dans la mesure où chacun d’entre eux augmentent des caractéristiques et en baissent d’autre.
Les entrainements font office de mini-jeux et vous devrez obtenir un certain nombre de points si vous souhaitez augmenter vos statistiques au maximum. Ceux qui ne tiennent pas en place avant l’affrontement peuvent choisir l’entrainement automatique, mais les statistiques ne seront augmentées que de 50% par rapport à ce qui était indiqué. C’est pourquoi il est plus intéressant de les jouer, d’autant que les entraînements sont courts et amusants et vous permettent entre autre de peaufiner vos mouvements.
Au fil des combats vous gagnerez de l’argent et pourrez ainsi vous payer de meilleurs entraineurs (ce qui implique un boxeur toujours plus fort…), ou encore tout dépenser en magasin pour vous offrir un équipement digne de ce nom : gants, short, chaussures, protège-dents, tatouages pour les vrais durs…
Une question d’équilibre
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Le titre laisse une place très importante à la tactique et c’est ce qui fait toute sa richesse. La jouabilité se fait toujours à l’aide des sticks pour se déplacer et porter les coups, et les gâchettes pour se protéger. La prise en main nécessite un petit temps d’adaptation et il est préférable de passer par la case d’entraînement quand on débute. En effet il est primordial de savoir porter les coups à la fois au visage et au corps et surtout de bien se protéger. On peut paramétrer le style de son boxeur quand on le créé et cela implique d’apprendre à bien en connaitre les ficelles, bien qu’on puisse également le faire évoluer.
C’est bien sûr en combat qu’on prend conscience de la profondeur du gameplay de Fight Night Round 3. Chaque combat est intégralement différent. Tout d’abord parce que l’IA des adversaires est impressionnante…esquives, contres, protection, ils vous donneront du fil à retordre. On remarque surtout que chaque adversaire a un style très différent. Il vous faudra donc apprendre à l’observer, prendre connaissance de sa façon de bouger, de ses réactions… bref il faut y aller en douceur dans un premier temps si vous espérez pouvoir le surprendre. On notera d’ailleurs que la difficulté est en dents de scie : vous pouvez enchainer un certain nombre de combat sans vraiment en baver et tomber sur un adversaire que vous mettrez des lustres à battre.
Autre élément à prendre en compte : chaque combattant se voit affubler de deux jauges. Une jauge de « vie » et une jauge d’endurance. Si la première descend complètement c’est le KO mais c’est aussi la seconde avec laquelle il faudra compter puisque si vous tapez comme un sourd vous vous épuiserez et porterez des coups de plus en plus lents et de moins en moins puissants.
Jusqu’ici rien de neuf : les combats se déroulent toujours dans le respect des règles d’un vrai match de boxe. Par exemple si un des boxeurs ne se protège pas suffisamment l’arbitre peut mettre fin au combat. A chaque fin de round les pauses vous permettront de soigner votre boxeur. Pour aller plus loin dans l’immersion ces phases de soin sont plutôt bienvenues. Elles se présentent sous forme de mini-jeu à la fois bête mais efficace. Choisissez les zones du visage où se trouvent les coupures ou les boursouflures pour les soigner en faisant des demi-cercles avec le stick le plus rapidement possible.
Victoire par KO au 3eme round….
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Round 3 perpétue la série dans le réalisme toujours plus poussé. Cette version 360 permettant des extravagances graphiques, les développeurs se sont vraiment penchés à rendre leurs boxeurs les plus convaincants possible. Et c’est plutôt réussi. Cet aspect du jeu a été particulièrement mis en avant mais ont-ils pensés à lever le nez de leurs bouquins d’anatomie ? Certes les modélisations des boxeurs sont impressionnantes, on n’aura aucun mal à reconnaitre Ali par exemple. Les textures de peau sont aussi assez incroyables, bref on pourrait presque sentir la sueur émaner de notre écran de télévision. Mais sorti de ça où sont leurs expressions faciales ? On n’ira pas non plus jusqu’à dire qu’ils sont sans vie, mais on en est pas loin.
Si lors des replays au ralenti on a l’honneur d’assister au spectacle du visage qui se déforme sous le coup d’un cinglant uppercut, ne pouvait-on pas avoir des visages simplement plus expressifs ? Un travail plus prononcé sur les animations, faciales et corporelles n’eut pas été de trop. Elles sont carrées : le boxeur sautille, provoque, s’échauffe, se met en position…mais en combat on constate quand même deux défauts. Les coups, les déplacements, sont réalistes, seulement quand on se protège il n’ya pas d’intervalles entre les différentes positions de protection. C’est certes plus rapide, et quand on joue on n’y prête pas tellement attention, mais quand on regarde le combat de l’extérieur les mouvements sont franchement désagréables puisque le combat semble tout saccadé. De même quand un combattant s’effondre on n’a plus la sensation de voir 1m80 de muscles shootés à la vitamine mais un Pinocchio dont le papa aurait eu du mal à régler les articulations.
On peut aussi reprocher le choix de caméra. On n’a jamais à se plaindre de l’angle de vu, mais la caméra est placée assez près des boxeurs, de manière à ce qu’on ne voie la plupart du temps que le haut du corps. De fait elle se déplace souvent puisqu’elle suit constamment votre boxeur et les développeurs lui ont donné de légers effets du type reportage télévisé, caméra à l’épaule. Les cadrages sont plus immersifs mais deviennent plus vite fatigants.
Il semble aussi que les personnages non boxeurs, ont requis moins d’attention. Les babes qui annoncent les rounds ou les entraineurs sont moins agréables à regarder par exemple.
Ces quelques défauts n’enlèvent rien ni au plaisir du jeu, ni à la beauté plus générale des graphismes. Les environnements et les décors sont eux vraiment travaillé. Ajouté à ça de très beaux effets de lumières, et un grain quelque peu saturé et on obtient de très belles images. Les bruitages réussis ajoutent à l’immersion…un présentateur commente également tout le long du match. Il peut être agaçant à la longue puisqu’il finit par se répéter, mais finalement la voix-off fonctionne.
Au bout du compte si ce Fight Night round 3 n’apporte rien de vraiment neuf à la série, EA s’est suffisamment donné de mal pour nous convaincre. Amateur de boxe ou non, ce soft mérite qu’on s’y intéresse. Tout d’abord de par son gameplay soigné. Son système de combat très tactique est complexe, varié et donc intéressant pour tout joueur qui se respecte. Ensuite le tout est fourni dans un bien bel emballage graphique qu’on ne risque pas de snober. En omettant le mode à la première personne exclusif à la console de Sony, on tient là un titre de premier choix pour accompagner le lancement de la PS3.
- Le mode carrière
- L’évolution du boxeur
- Les graphismes
- Les animations de protection et de chutes
- Le mode sur le ring sans intérêt
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