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| | Instant dramatique : te laisse pas faire Bernard ! |
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| | Les Pères Fondateurs de l'Amérique c'est plus ce que c'était... |
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| | Mamie il te faut de nouvelles lunettes. |
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| | Vous voyez, le monde est en danger. |
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| | Vouloir jouer de la gratte même sans bras, une belle leçon d'humilité pour ceux qui se plaignent du difficile apprentissage de l'instrument. |
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Il ni aura pas de bombe nucléaire menaçante dans ce jeu, pas de princesse à secourir même en baskets, pas non plus d’attaque extraterrestre, juste un tentacule mégalomane - membre orphelin d’une pieuvre sans doute. Armé de trois ventouses, d’un unique sourcil à la Emmanuel Chain et de deux appendices que la fierté nous interdira de qualifier de bras, notre amis Pourpre (c’est son petit nom) décide ni plus ni moins de se lancer dans la politique pour asservir l’humanité. Un seul homme ose braver ce conique conspirateur, il se nomme Bernard et sait que tout doit finir où tout a commencé : dans la demeure des Edison. La séquence d’intro très cartoon de ce jeu, baignée d’ombres chinoises et d’architectures allongées, se termine sur ces mots lancés à la face d’un ciel orageux comme un défi suprême : I must go back to the Mansion !
Depuis le « Je veux devenir un pirate ! » de Guybrush Threepwood, Lucas semble avoir bien compris la recette qui fait mouche en terme de jeu d’aventure décalé à savoir : des héros déterminés et ridicules à la fois, le tout souligné d’un enjeu grotesque. Ici, Bernard Bernouilli - seul héros rescapé de Maniac Mansion, s’entourera d’un équipe de choc en la personne de Laverne, jeune évaporée de service passionnée par la chirurgie au scalpel sans anesthésie semblant tout droit sortie des poubelles d’un mauvais thriller, et de Hoagie batteur obèse et chevelu d’un groupe de Heavy Metal abusant de formules genre : « Trop cool mec ! » ou « Wow, ça c’est rock’n roll ». Pour sauver le monde, James Bond a l’habitude d’utiliser une Aston Martin, Bernard Bernoulli et sa clique eux, s’assiéront sur des WC spatiaux temporels. C’est moins classe mais ça fait son petit effet. Et croyez le ou non mais cette troupe de choc va non seulement sauver le monde avec des concours de beauté, mais va côtoyer les Pères Fondateurs de l’Amérique, va aider à la découverte l'invention de l’électricité (« Quoi découverte ? Vous pensez que les puissances de l’univers attendent là, gentiment, sous une pierre ? » © Benjamin Franklin). L’humour de ce jeu est simplement atomique, une chose est sûre, on ne sait pas ce qu’ils fument chez Lucas, c’est sûrement TRES illégal, mais qu’ils continuent par pitié dussent-ils devenir des martyres du jeu d’aventure.
Chose épatante dans un soft où les chevaux parlent et où les momies se font élire Miss Monde, les développeurs ont réussi à garder des énigmes logiques. Enfin plus ou moins logiques si l’on excepte le fait qu’il faille jongler avec le temps dans Day of The Tentacle car pour empêcher Pourpre de dominer le monde - juste parce qu’un jour il a eu des bras – notre savant fou Fred Edison, le méchant de la première histoire, n’a rien trouvé de mieux que d’envoyer les jeunes dans le passé, la veille plus précisément. Le problème c’est que la machine temporelle du docteur fonctionne avec un diamant synthétique pour la simple et bonne raison dit-il, qu’il n’a pas touché de royalties sur le jeu Maniac Mansion dont il était l’un des protagonistes, ce qui ne lui permit pas d'acquérir un vrai diamant. Du coup l’expérience rate ; Hoagie se retrouve à l’époque de l’écriture de la Constitution Américaine, Laverne exilée dans le futur devient un animal de compagnie pour les tentacules qui sont devenus la race dominante sur Terre, et Bernard lui, revient exactement à son point de départ. Si vous vous figurez qu’il va falloir couper des arbres dans le passé pour qu’ils disparaissent dans le futur, ou qu’il faille cryogéniser des hamsters dans le présent pour le retrouver en 2180, et bien vous avez raison. Ajoutez à cela que vous pouvez jouer chacun des trois personnages quand vous le voulez et que chacun se trouve au même lieu à des époques différentes, et soudain l’éventail des énigmes possibles devient colossal, colossal et passionnant à la fois.