Punic Wars est le premier volet de Ancient Warfare, une nouvelle série de wargame signé HPS. Le jeu propose un voyage au coeur de la période antique, cet épisode se concentrant ici sur les guerres puniques, à savoir le conflit entre Rome et Carthage. Si par essence le champ de bataille touche l'Afrique du Nord, les affrontements ne se limitent pas à cette région de la Méditerranée. Nombre de combats prennent place au travers de l'empire romain et le joueur se retrouvera donc sur les champs de batailles de Gaule, d'Espagne, puis dans les îles de Sardaigne et de Sicile et même sur le sol italien.
Toutefois, passé ce résumé évocateur, il faut bien comprendre que Punic Wars est une simulation historique pure et dure, et non pas un voyage dans l'imaginaire. En effet, malgré une tentative destiné à rhabiller le moteur du jeu, il faut ici oublier toute notion de graphisme telle qu'on la connait sur un ordinateur. Malheureusement, l'option nouvelle d'une représentation du terrain et des unités en pseudo 3D, si elle plaira éventuellement aux joueurs de la très vieille école, semblera au mieux issu d'un autre age pour les plus jeunes. En un sens, visuellement le jeu est en parfaite adéquation avec le thème de l'Antiquité.
C'est d'autant plus dommage que le sujet est aussi passionnant qu'il est méconnu. Car si l'on retient souvent de ces guerres l'image de cohortes de légions avançant l'une vers l'autre en rang d'oignons, cela ne signifie pas qu'il n'y avait pas de stratégie, d'armes secrètes ni de retournement de situation. Évidemment, l'essentiel du combat repose sur l'infanterie et la cavalerie. L'artillerie étant surtout destiné au siège, on ne trouve en guise de soutien que de rares sortes de balistes romaines. Le plus gros modèle de char à l'époque s'appelle l'éléphant et son utilisation en tant qu'arme a souvent été plus dévastatrice psychologiquement que militairement. Dans les airs il y avait au mieux des volées de flèches et au pire des charognards se préparant à un festin d'enfer. Et sur les mers, c'était la galère pour ainsi dire, mais de toutes façons Punic Wars n'abordent pas cet aspect de l'Histoire.
Fondamentalement les jeux de HPS sont des transcriptions très fouillées de batailles historiques. La période concernée se situe entre 300 et 200 avant JC et ouvre le jeu à d'autres évènements de cette époque tumultueuse. Les factions présentes ne se limitent pas aux seuls romains et carthaginois mais incluent par exemple, sous le terme générique de barbares, les tribus celtes et ibéres. L'échelle choisie est ici de 20 mètres par hexagones et de 15 minutes par tour de jeu. Les unités représentent pour leur part la diversité des troupes présentes, et se distinguent par leur armement (c'est à dire : archers,lanceurs de javelots, frondeurs), en plus du schéma classique unité légère / moyenne / lourde. Chaque unité en jeu représente au plus une centaine d'individus. Dans le même ordre d'idée, le terrain est reproduit fidèlement (dans les limites du moteur du jeu) et les caractéristiques de vos hommes sont nombreuses (expérience, moral, ...). Ajoutez-y une huitaine d'ordres (marche forcée, escarmouche, ...) puis la prise en compte des formations et vous obtenez un résultat digne de ce nom en terme de simulation.
Après, il faut savoir composer avec le mécanisme en tour par tour simultané où chaque joueur donne ses ordres en parallèle puis assiste au déroulement de l'action. A ce niveau, il faut aussi accepter que l'IA effectue pour vous certains choix (i.e. : cibles pour les tireurs) mais surtout il faut faire avec une lenteur certaine au niveau de la résolution des combats (dont les résultats ne s'expriment quasi que mathématiquement).
Punic Wars propose une quarantaine de scénario permettant de jouer tant de grandes batailles que des embuscades et autres escarmouches historiques ou hypothétiques. Au registre des bonnes nouvelles, HPS a publié il y a peu et gratuitement un lot de dix sept scénarii supplémentaires. Cela plus le fait que l'éditeur de scénario soit relativement bien conçu offre au moins la garantie d'avoir un contenu conséquent et renouvelé. Si les graphismes sont certes lisibles mais complètement dépassés, et qu'on y ajoute une interface proprement laide, coté sons il en est quasi de même. Le jeu ne propose pas de musique d'ambiance, mais des bruitages alternant entre sifflotements d'oiseaux et bruits de bottes ou d'armes s'entrechoquant. Passons. Coté multijoueur (PBEM), la première mouture étant imparfaite, il est vivement recommandé de « patcher » le jeu, surtout que si en solo l'IA offre une adversité correcte, ce type de simulation ne prend sa dimension que face à un véritable adversaire humain.
Synthèse
Indéniablement les développeurs d'HPS déploient plus d'efforts qu'il n'y parait pour offrir un produit sérieux sur le fond et profitant de quelques évolutions sur la forme. Il est néanmoins vraiment regrettable que quelques bugs pénibles et l'absence d'une présentation soignée ramènent Punic Wars au rang des vieux wargames d'antan, fermant ainsi à beaucoup ce domaine alors qu'il devrait au contraire l'ouvrir. Il ne s'agit pas de vouloir que tout nouveau jeu soit une révolution vidéoludique, mais qu'au moins un nouveau jeu, fusse une simulation militaire historique précise reste ludique, donc accessible.
Les Plus
Les Moins
- Période bien traitée et documentée.
- Mode affichage 3D.
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