Avant toute chose, levons le voile sur le mystère qui plane autour de l’étrange terme d’ « Armadillo ». D’origine hispanique, ce mot anglais désigne tout bêtement un tatou, mammifère dont le dos est recouvert d’une carapace caractéristique. Cette bestiole d’Amérique tropicale a d’ailleurs mis au point une technique défensive plutôt cocasse consistant tout bêtement à se rouler en boule. C’est dans cette position peu orthodoxe que se retrouvera le protagoniste du jeu qui, lorsqu’il est mouvement, ressemble à s’y méprendre à un ballon de basket. Dans les faits, l’animal ne se déplace jamais de sa propre initiative, il se comporte exactement comme une simple balle. Notre rôle consiste à guider ce tatou en boule dans une zone précise délimitée par une sphère de couleur bleue. Afin de nous laisser le temps de peaufiner les moindres détails du parcours, le jeu est en pause permanente, jusqu’à ce que l’on appuie sur le triangle « lecture ». A cet instant, les lois de la physique s’appliquent sur tout le système.
Pour mener l’armadillo du point A de départ à la zone B d’arrivée, le joueur dispose d’un certain nombre d’objets à sa disposition. Certains sont déjà placés dans le niveau mais le reste doit être judicieusement disposé pour espérer résoudre le puzzle. Le nombre d’objets est assez limité : cordes, élastiques, tiges de métal, plaques de métal, bouts de tissu, gommes et fusées. Chaque élément possède ses propres caractéristiques (poids, résistance, flexibilité...) qui peuvent parfois être modifiées. Il est en effet possible de faire varier la tension – et donc la fragilité – d’un objet. De plus, le joueur peut aussi placer un « timer » et régler un compte à rebours à l’issu duquel l’élément en question sera tout bonnement pulvérisé. Précisons ici qu’aucun élément initialement présent ne pourra être supprimé, déplacé ou modifié, sauf bien sûr par le système lui-même, une fois que le mode « lecture » aura été enclenché.
Un point capital n’a pas encore été évoqué, celui des points d’ancrage. Tout objet non attaché à l’un de ces points chutera immanquablement dans le vide... C’est donc autour d’eux qu’il faudra organiser nos constructions. Comme dans « Bridge builder », toute la difficulté de l’entreprise consiste à équilibrer l’exercice des forces pour que l’édifice ne s’écroule pas, sans quoi le tatou ne parviendra jamais à destination. L’autre problème principal est d’ordre financier, car chaque nouvel élément posé ou modifié coûtera plus ou moins d’argent. Evidemment, chaque niveau fixe au joueur un « budget dépense » limité. On se doit donc de sélectionner les matériaux les plus opportuns pour réaliser le meilleur compromis entre efficacité et radinerie. Avec un peu d’ingéniosité, il est possible d’économiser suffisamment afin de débloquer des « extra-levels » et, pour les hardcore gamers, de figurer au tableau des « best solutions » du site officiel.
L’interface pour sa part est un petit bijou d’efficacité et de simplicité. En quelques clics on annule la dernière action, on sélectionne des éléments, on modifie leurs tailles, leurs orientations, leurs caractéristiques, etc... De multiples raccourcis clavier améliorent la jouabilité de l’ensemble. Malgré la caméra de profil par défaut et l’impossibilité de construire en profondeur, on peut très bien zoomer, tourner la vue dans tous les sens, ou même se placer en vision subjective, dans la peau du tatou. Un mode « slow motion » peut aussi être enclenché, ainsi qu’un mode visualisant l’intensité des forces exercées. Cela peut paraître gadget mais ça se révèle parfois bien pratique. Quant au moteur 3D, il ne paye pas de mine bien qu’il soit plus gourmand qu’il n’y paraisse. Les niveaux les plus complexes (faits pas les amateurs grâce à l’éditeur fourni) mettront à genoux les plus vieilles configs. Dans ces cas précis, le jeu se ralentira de lui-même avec en haut de l’écran la mention « limiting simulation speed ». Bien vu.