Le goodie est désormais un produit à la mode dans le monde vidéo ludique du ballon rond. Barré par les standards de référence que sont devenus FIFA et PES, les développeurs de Silicon Dreams ont donc décidé de réduire leur champ d’action en s’adressant à un public moins large : les fans de la Ligue des Champions, la plus prestigieuse des compétitions interclubs en Europe. Un pari louable, à condition toutefois de soigner le résultat…
Comme tous les ans, UEFA Champions League débarque dans nos vertes contrées pour vendre du rêve européen à nous, chers consommateurs. Standard oblige, ce cru 2001-02 ne déroge pas à la règle. Ici, point de Coupe du Monde ou de championnats nationaux, encore moins la possibilité de créer sa propre équipe : la seule compétition proposée est la fameuse Ligue des Champions. Si ce programme, finalement fort imposé, se veut légitime, il n’en provoque pas moins chez le joueur la déception de ne pas avoir devant lui un gameplay plus étendu. Vous allez vite comprendre pourquoi.
Loin de se positionner à la hauteur d’un FIFA ou d’un PES, grand ténors devant l’éternel du genre, UEFA Champions League privilégie donc l’aspect goodie du ballon rond et ne s’adresse clairement qu’aux mordus de la Ligue des Champions, spectateurs assidus des matches du mardi et du mercredi soir sur CANAL + . Les grandes formations de l’époque sont présentes, telles que le Real Madrid, le FC Barcelone mais également les clubs qualifiés cette année-là en Coupe d’Europe. C’est donc avec nostalgie que l’on versera une petite larme en retrouvant les couleurs du FC Nantes, grande gloire de notre championnat de France, désormais pensionnaire en deuxième division. Le côté rétro se veut plus prononcé encore avec dans la liste des équipes disponibles quelques grands figures de l’histoire de la compétition, tels que le Real des années 90. Un petit clin d’œil temporel bien sympathique mais qui ne nuance qu’à peine le manque d’options offertes par le jeu. Quelques tournois personnalisables par-là, quelques compétitions recyclant la majeure partie des formations proposés par-là, on a vite fait le tour de la question.
Graphiquement, ce n’est pas la panacée
Déjà déçu, c’est sans réelle grande conviction que l’on se lance dans le grand bain : le match. Le moment de vérité. Certains diront au sujet de cette dernière qu’elle n’est pas toujours bonne à dire mais celle concernant UEFA Champions League est cinglante. Graphiquement, le choc est assez impressionnant. Si l’ensemble, de loin, paraît assez convenable, il n’en est rien lorsque l’on s’y penche d’un peu plus près. Le public, ridicule, tente de concurrencer la pelouse en terme de pixellisation à outrance. Peine perdue, vu la qualité des textures proposées, le rectangle vert sort largement vainqueur de ce duel corrosif pour nos rétines.
Les joueurs, modélisés et donc censés se rapprocher visuellement des stars dont ils sont inspirés, ne sont que des vulgaires monsieurs X ou Y sur le champ d’action. Les connaisseurs s’arracheront les cheveux ou poufferont de rire, c’est selon, en voyant que Robert Pires ressemble trait pour trait à Zidane, la calvitie en moins. Pitoyable.
UEFA Champions League ou le football en 56 K
Et ce n’est pas tout. Une fois en mouvement, les vingt-deux acteurs se montrent aussi vifs que des escargots en plein sprint. Une lacune de développement que l’on ne peut pas forcément leur mettre sur le dos d’ailleurs. Très rapidement, on finit par constater un temps de latence entre la pression d’un bouton et la réaction du joueur. Là encore donc, pas d’affolement. Si votre libéro réalise un retourné acrobatique en défense alors qu’il aurait dû dégager le ballon, ne stressez pas, ce n’est pas bien grave.
Car que vous y mettiez du vôtre ou non, finalement, vous ne maîtrisez pas grand-chose. En plus d’être aussi réactifs que Raymond Barre (RIP), vos petits protégés se montrent assez « lights » concernant le jeu de passes. Réparti en trois systèmes (court, profond ou long), ce dernier se montre particulièrement inefficace tant il est mou. Le ballon roule à peine sur lui-même et l’IA adverse se fait toujours une joie de vous le subtiliser. Axe ou couloir, la chanson est la même : s’approcher de la surface de réparation adverse se révèle compliqué. Pour ne rien arranger à cela, l’ordinateur est particulièrement habile (comme par hasard !) tandis que vous, vous pataugez dans la sauce. Récupérer le ballon dans vos pieds est un jeu d’enfant pour la partie adverse, là où pour vous, il est quasiment impossible de briller dans cet exercice. Résultat : alors que vous pensiez prendre du plaisir sur votre PC et pourquoi pas, distribuer gratuitement quelques raclées bien senties, vous vous retrouvez une main dans la bouche pour ne pas hurler et l’autre prompte à ruiner l’écran qui vous fait face. Les scores fleuves sont monnaie courante et pour une fois, la règle d’or de ce sport est sans appel: il vous faudra quoi qu’il arrive marquer un but de plus que l’IA pour entendre l’emporter.
En définitive, UEFA Champions League se révèle très très faible. Déjà à l’époque mais encore plus aujourd’hui où il fait office de mauvaise blague. C’est probablement ce qu’ont du penser Denis Balbir, Philippe Genin et Patrick Berger, tous trois commentateurs pour Canal + et qui ont grillé un peu de leur professionnalisme en s’adonnant aux commentaires du soft.
Synthèse
UEFA Champions League 2001-02 a mal vieilli. Pis, avec un peu de recul, on peut légitimement se demander comment un tel jeu a pu voir le jour. Surfer sur la notoriété d’une compétition ultra médiatisée est une chose, la dégrader en est une autre. Comme d’habitude pour ce genre de produit, le fan absolu, avec beaucoup de courage, pourra peut-être fermer les yeux sur cet amont de bémols en série.
Les Plus
Les Moins
- La présence des meilleurs clubs européens
- Laid
- Dépassé techniquement
- Quasiment injouable
- Le fun est en option