Même si l’on n’est pas un grand fan d’easy-listening (quoi, White Zombie c’est de l’easy-listening ! Ben oui, sorry), la position d’acteur – le joueur est à la guitare – altère forcément le rapport habituel qu’on pourrait avoir avec ces morceaux. L’occasion de les découvrir sous un nouveau jour en somme et de s’amuser tout court, ce qui est déjà beaucoup. Fun, Frets on Fire l’est sans aucun doute. Avec ses quatre niveaux de difficulté (supereasy, esay, normal et amazing), on trouve toujours chaussure à son pied, que l’on ait fait le conservatoire de guitare ou qu’on ait toujours refoulé le fantasme de Garfunkel (attendez, c’est un rêve inscrit dans l’inconscient collectif ? Ah, on me fait signe que non). Alors bien sûr, toutes les partitions proposées n’ont pas la même qualité de réalisation. On remarque aussi quelques soucis de synchronicité et une difficulté qui n’est pas toujours équivalente d’un morceau à un autre.
La durée de vie ? Si jouer en boucle « I love rock n’ roll » peut rapidement s’avèrer lassant, Frets on Fire ne rencontre pas le même problème que Guitar Hero parce que la liste des morceaux peut s’allonger indéfiniment. Par ailleurs, la possibilité d’y jouer au bureau pendant les pauses (…ou pas) fait qu’on y jouera autant pour la détente que pour l’éclate entre amis. Et comme Frets on Fire ne s’installe pas, il s’agit du jeu idéal quand on ne veut pas laisser de traces. Bon après, jouer de la guitare avec son clavier reste beaucoup moins discret que de laucher à Defcon. Et vous risquez aussi de ne pas entendre votre patron arrivé, le casque sur les oreilles et la musique à fond.
Reste à parler technique. Honnêtement, ce n’est pas la panacée. Le soft est léger et ne demande donc pas une grosse config’. Il ne brille pas par la puissance de ses effets graphiques, mais la mise en image de la partition est très lisible et c’est sans doute l’essentiel. Tout simplement, on ne se pose pas la question pendant le jeu : on s’amuse et on n’a même pas le temps de remarquer la relative laideur du titre. En d’autres termes, la prise en main est si aisée qu’on est immédiatement absorbé par l’ambiance, au point de tout oublier, excepté la musique et la partition qui défile. Certains effets sonores sont par contre dérangeants, notamment les bruitages associés aux erreurs effectués qui couvrent souvent la musique principale. Quant à la qualité des enregistrements, elle aurait là aussi pu être de meilleure facture. Ce n’est pas parce qu’un jeu se veut fun qu’il peut se dispenser de proposer une bonne qualité d’écoute, dans un Guitar Hero-like en tout cas, où l’atmosphère musicale est primordiale. Mais ne pêchons pas par excès de criticisme. Frets on Fire est gratuit, très fun et doté d’une grande durée de vie, et c’est déjà énorme.
Avant que ce clavier ne se transforme en guitare (ce qui risque d’arriver dans quelques minutes), dressons le bilan. Pas besoin d’y aller par quatre chemin, Frets on Fire est un must-have, l’alternative indispensable à Guitar Hero. Totalement gratuit et doté d’un énorme potentiel grâce à sa base de donnée évolutive, il prouve que le PC aussi peut-être une plateforme conviviale. Sur ce, on y retourne…