Trois ans après la sortie de Supreme Ruler 2010, Battlegoat studios remet le couvert et nous propose une version revue et corrigée : Supreme Ruler 2020. Un jeu toujours aussi ambitieux et complexe mais qui apporte néanmoins des mécanismes plus pertinents ainsi qu'une interface mieux pensée. L'ensemble reste ardue sans toutefois présenter de quoi rebuter les amateurs de géopolitique et de simulation planétaire.
Terra Universalis
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La mise en place d'une barrière commerciale franco-allemande destinée à clôturer l'or noir en mer du Nord dégénère en une quasi dissolution de l'Europe. Après le premier essai atomique réussi de l'Iran, la Chine commence à s'intéresser sérieusement aux ressources russes dormant en Sibérie. Pendant ce temps, la désunion gagne du terrain aux Etats-Unis. Sécession du Québec aidant, certains états américains lorgnent sur les reliquats du voisin canadien, vieil ami désormais affaibli par un déséquilibre économique allant crescendo. Le pays n'est sauvé que par une intervention diplomatique musclée venue du Vieux continent. Une paix fragile s'instaure alors qu'aux USA les gouverneurs des états se battent pour plus de pouvoirs, que les généraux renforçaient leurs rangs et que résonne au Nouveau Monde l'étrange écho d'un « Vive le Canada libre ! ». Bienvenue en 2020.
Supreme Ruler 2020 vous place aux commandes d'un pays pour en gérer sa politique intérieure comme étrangère et, si besoin, vous met à la tête des armées, ultime recours quand l'intelligence cède le pas à la force. L'intelligence artificielle parvient à maintenir une dimension planétaire de façon cohérente. Ce qui n'est pas peu dire vu que le jeu se découpe désormais en 250 régions représentant environ 200 pays différents.
La carte a été élaboré à partir d'images satellite et offre donc une vue globale réaliste et esthétique. Son seul défaut tient au manque de détail quand on zoome sur une région précise, ainsi qu'à l'absence de modélisation 3D du relief, comme cela est le cas pour les unités. On appréciera le souci apporté à alléger l'interface et à rendre les nombreuses informations disponibles plus facile d'accès. Il faudra comme toujours un temps d'adaptation, mais rien d'insurmontable surtout pour les vétérans de la stratégie.
Dès lors qu'on veut gérer une grande puissance sur plusieurs fronts il devient difficile pour un joueur d'être partout à la fois. Sans parler du fait que, selon les goûts de chacun, l'aspect militaire ou économique ne prend pas la même saveur. Or pour une simulation qui se veut complète il est difficile de dissocier les deux.
Pour permettre à chacun de jouer selon sa préférence, Battlegoat propose deux solutions. La première consiste en une gestion simplifiée des ministres. La seconde est une option pour moduler le niveau de difficulté dans l'un des trois principaux domaines, à savoir économie, diplomatie ou guerre.
Avec des ministres qui parviennent à atteindre leurs objectifs, la gestion peut, si nécessaire, se limiter à l'essentiel : prendre la bonne décision au bon moment. Pour les débutants, cet équilibrage facilite beaucoup la prise en main, une gageure quand on voit que les dépenses sociales et les taxes se subdivisent chacun en huit sous-domaine précis. Ou que vos possibilités industrielles ou scientifiques sont ... nombreuses. Tout comme vos adversaires potentiels.
Hormis en cas de guerre, les relations avec vos voisins consistent essentiellement en la signature d'accords de commerce, de traités militaires et d'échanges de savoir. Si l'interaction avec un pays reste assez binaire, il accepte ou refuse vos offres, chaque domaine est très détaillé.
Les alliances sont bien entendus primordiales à tout projet d'ordre international. Selon les cas, on assistera encore à des cascades d'évènements menant à des situations incongrues : une puissance mineure se retrouve à déclarer la guerre à une autre puissance mineure située, elle, aux antipodes. Pas vraiment dérangeant et même amusant si l'évènement est relayé par la presse, qui est présente dans le jeu et sert surtout à suivre les grands évènements dans chaque pays.




































